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Filière ovine
Les éleveurs veulent défendre leurs produits

La tournée régionale de la FNO a fait étape en Auvergne, mercredi dernier, au lycée agricole de Neuvy dans l’Allier. L’occasion d’aborder entre autres la conjoncture et la PAC.

Tournée régionale de la FNO, la semaine dernière au lycée agricole de Neuvy.

Maurice Huet et Amélie Villette de la FNO ont participé dernièrement à la tournée régionale de la FNO en Auvergne. Aux côtés des responsables locaux, de nombreux sujets ont été balayés dans le détail. La conjoncture a été au menu, avec des cours qui poursuivent leur dégringolade, en France (5,47 €/kg carcasse dans le nouveau système de cotations), mais aussi au Royaume-Uni, pays où le report d’animaux est élevé et la marchandise en provenance de Nouvelle-Zélande afflue.

Si les prix ne sont pas au rendez-vous, les coûts de production eux ont littéralement explosé. Seule la consommation reste stable. Pour Maurice Huet, administrateur de la FNO et éleveur en Bourgogne, les opérations lancées par la fédération dans les magasins doivent se poursuivre. Des actions de stickage sur la viande ovine importée et vendue à bas prix vont être réalisées dans les magasins avant Pâques de manière à stigmatiser l’agneau Néozélandais au profit de l’agneau français.

Outre les éléments de conjoncture, la réunion régionale a permis de faire le point sur la PAC, avec comme l’a rappelé Amélie Villette, l’année 2014 qui sera une année de transition, au terme de la phase de discussion qui devrait s’achever en 2013. « Au niveau ovin, la convergence devrait globalement être favorable même si certains systèmes pourraient être fragilisés ».

Couplage

Par ailleurs, sur la surdotation des 50 premiers hectares défendue notamment par les professionnels du Massif central, « les simulations montrent que pour être favorables à l’élevage, il faut aller jusqu’aux premiers hectares fourragers ».

La demande prioritaire de la FNO porte sur une augmentation de l’enveloppe de couplage pour la brebis. Emmanuel Coste a précisé à ce propos qu’il faudrait encore se battre pour disposer d’une enveloppe de couplage à hauteur de 15% : « Le parlement n’a pas validé le budget et il y encore beaucoup d’oppositions du nord de l’Europe sur le principe du couplage ». Pour Paul Bony, «l’important est de retrouver une dynamique dans l’élevage en France en activant tous les leviers».

Sur le verdissement, les éleveurs ovins estiment que pour l’Auvergne, « à contrainte équivalente doit correspondre un paiement équivalent ».

Enfin, en matière de régionalisation, la prudence est de mise, car « il y a un grand danger à ne pas avoir de cadre national sur des mesures comme l’installation, la politique montagne… »

A l’approche de Pâques, ne vous trompez pas d’agneaux !

La situation sur le marché de la viande ovine est extrêmement tendue depuis le début de l’année : surplus d’agneaux, consommation morose, coûts de production toujours élevés...

Dans ce contexte déjà difficile, les envois massifs d’agneaux néozélandais qui arrivent par cargos entiers à prix bradés, au terme de longues semaines de voyage sous atmosphère modifiée, déstabilisent totalement le marché européen et français.

Nous ne pouvons plus laisser cette situation se poursuivre et les néozélandais doivent prendre conscience des conséquences de leurs actes. Des prix bas ne font pas vendre plus d’agneaux, et mettent en danger toute la filière. Ils ne permettent pas aux éleveurs de vivre dignement de leur production, ni en France, ni en Nouvelle-Zélande.

Si les entreprises néozélandaises veulent sacrifier leurs éleveurs, qu’ils le fassent ! Si les traders veulent continuer à tromper les consommateurs, qu’ils le fassent ! Mais nous ne permettrons pas que leur comportement mette en danger les éleveurs français qui travaillent toute l’année pour fournir à leurs concitoyens des produits identifiés, tracés et de qualité.

A l’approche de Pâques, la FNO se prépare à mener des opérations en magasin pour informer les consommateurs de l’origine et de l’âge de la viande d’agneau qu’ils pourraient être tentés d’acheter à si bas prix et des conséquences de leur achat sur le paysage agricole et le tissu rural français.

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