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Interview
"Les éleveurs puydômois ont su se mobiliser contre la BVD"

Jean-Luc Ferret, président du GDS Puy-de-Dôme, revient sur l'année écoulée par l'organisme de Gestion et de Défense Sanitaire du département, entre BVD, IBR et projets à venir.

Jean-Luc Ferret, président du GDS 63.

Où en est-on de la lutte contre la BVD dans le Puy-de-Dôme entamée en 2019 ?
C'est une réussite et je tiens à remercier l'ensemble des éleveurs bovins du Puy-de-Dôme qui ont compris l'intérêt d'entrer dans ce dossier BVD.
Entre novembre 2020 et octobre 2021, en moyenne 98% des veaux sont contrôlés et 97% des élevages puydômois sont entrés dans la démarche. Le nombre d'exploitations en plan d'assainissement est en nette diminution. Nous avons eu quelques oppositions et négligences de la part de certains producteurs. Nous avons travaillé étroitement avec la DDPP pour obliger ces personnes à entrer dans cette démarche obligatoire. Seulement deux dossiers sont encore problématiques aujourd'hui contre une vingtaine en septembre.


Après un an d'analyses et de lutte intensive, où en sont les contaminations ?
À ce jour, seulement 0,2% des veaux sont déclarés positifs à la naissance. Le GDS 63 souhaite poursuivre et intensifier encore cette lutte. Nous sommes, en ce moment même, en pleine réflexion avec les différents opérateurs pour suspendre la collecte des animaux positifs. La BVD est une maladie transmissible par simple contact. Il n'y a pas d'autre choix, pour casser la chaîne de contamination, que d'exclure tous les animaux positifs de l'ensemble des circuits de commercialisation. Nous devons parvenir à exclure cette maladie de nos élevages pour être ouverts à d'éventuelles exportations.


Il y a eu malgré tout quelques couacs dans cette lutte ?
En effet, nous déplorons un nombre important d'analyses hors délai. La cause est simple : le groupe La Poste est incapable de tenir ses engagements ! Le GDS verse annuellement 250 000€ pour bénéficier d'un service postal rapide...  Ces retards occasionnent des problèmes non négligeables pour les éleveurs. Le premier est un surcoût de l'analyse (6,60€ contre 1,42€) et le risque que le prélèvement ne soit pas exploitable. Le second concerne les éleveurs laitiers qui, pour beaucoup, ont dû attendre plus de dix jours avant d'avoir les résultats et n'ont pas pu commercialiser leurs veaux. Par conséquent, le GDS 63 entame une réflexion pour trouver des solutions notamment dans les secteurs problématiques. Nous envisageons de mettre en place des navettes de collecte via les vétérinaires, la collecte du contrôle laitier et le laboratoire Terana.
 

L'IBR a également bien occupé le GDS 63 ?
Il y a surtout eu un retard au démarrage de la Loi Santé Animale. Celle-ci autorise les cheptels indemnes d'IBR depuis plus de 3 ans, et de plus de 40 animaux, à réaliser seulement 40 prises de sang (par exemple : un troupeau de 70 bovins n'est plus obligé de faire 70 prises de sang mais seulement 40). Le texte de loi est paru le 16 novembre mais pas les modalités d'application. De ce fait, le GDS 63 a demandé un arrêté Préfectoral pour permettre aux éleveurs de continuer, cette année encore, avec l'ancienne obligation : un bovin détenu, un prélèvement sanguin. Cette décision a évité de prendre du retard dans les analyses des animaux descendants des estives le 15 octobre. La loi s'appliquera donc dans le Puy-de-Dôme en 2022.


Trouve-t-on encore des bovins IBR dans le département ?
Très peu. En avril 2021, 1,7% des cheptels puydômois ont déclaré au moins un animal positif et 95,5% des cheptels sont indemnes d'IBR. Comme en BVD, la lutte contre l'IBR est simple puisqu'elle réside dans la suppression de l'animal contaminé le plus rapidement possible. De plus, la nouvelle loi Santé Animale va obliger à réaliser des prélèvements sanguins sur l'ensemble des individus du troupeau, dès lors qu'un animal positif est détecté. Conserver des animaux positifs occasionnera alors une double perte économique pour l'éleveur.


Où en sont les effectifs du GDS 63 ?
Ils se maintiennent puisque 95% des éleveurs bovins du département sont adhérents, 65,86% des éleveurs ovins, 65,68% des éleveurs caprins et 98% des éleveurs porcins. Mais si l'on se penche davantage sur les chiffres, nous constatons une légère diminution du nombre d'éleveurs chaque année. Les cessations d'activités ne sont pas remplacées. Seuls les éleveurs caprins sont en augmentation car il y a de plus en plus d'installations.


Quels sont les prochains projets du groupement ?
Nous allons démarrer la promotion du kit d'intro grâce auquel les éleveurs achetant des animaux, pourront tester les cinq maladies (IBR, BVD, besnoitiose, para-tuberculose et néosporose) avant l'arrivée de l'animal.
Nous souhaitons à l'avenir soutenir financièrement l'achat de ces kits.

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