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Les céréales d’hiver ont soufflé le froid et le chaud

Cette dernière campagne a été marquée par une période de gel intense et plusieurs jours de fortes chaleurs. La pression sanitaire est, quant à elle, historiquement basse.

En avril dernier, le coup de froid a donné des sueurs aux céréaliers et aux techniciens. Pourtant, les moissons ont révélé des rendements certes hétérogènes mais pas si catastrophiques que cela.

 

Blés, orges et triticales

Les observations climatiques de Chloé Malaval-Juéry, ingénieur chez Arvalis-Institut du végétal, dévoile « une concentration des précipitations et des périodes chaudes ». Sur le blé, les nuits de gel tardif du mois d’avril ont fait craindre le pire. Un gel surtout marqué dans l’Allier et le Puy-de-Dôme. « Durant cette période, la végétation s’est arrêtée et les épis se sont retrouvés bloqués entre deux et trois nœuds. Les conséquences de ce coup de froid se sont traduites par des symptômes assez variés. Des tiges qui jaunissaient jusqu’à devenir translucides, notamment. Dans les parcelles, des jaunissements et des moutonnements commençaient à apparaître au mois de mai. Et finalement, nous avons tous été surpris d’observer deux ou trois étages d’épis en talles secondaires. Et, à la fin, tout en restant bien inférieurs à leur potentiel «normal », ces parcelles ont fait quinze à vingt quintaux de plus que ce que l’on avait supposé ». D’un point de vue sanitaire, l’année a été plutôt calme selon les données récoltées par les BSV. Une faible présence en cicadelles et pucerons puisque complétement stoppée par la pluie et le froid du mois de novembre. Pour ce qui est du piétin-verse, « l’année est en passe de devenir une année de référence tant la pression a été faible ». Faible pression également en rouille jaune «sauf sur les variétés sensibles ». Pression « historiquement faible » aussi en septoriose puisque « la plante a toujours su devancer la maladie». Pas de pression notable non plus en rouille brune. Pour autant, nuance l’experte, «l’état sanitaire du blé n’est pas totalement transposable aux autres céréales ». Une pression conséquente de rhynchosporiose a été notamment observée sur triticale et, accompagnée d’helminthosporiose dans les orges.

 

Colzas

En avant-propos, Arnaud Micheneau, ingénieur chez Terre innovia rappelle que le colza occupe
40 000 hectares en Auvergne-Rhône-Alpes. Un assolement qui tend à augmenter (+ 13 % en tout) contrairement à une surface nationale qui elle décline.

Pour l’année écoulée, « les deux facteurs limitant du colza ont été le déficit hydrique et le coup de chaud du mois de juin ». Sans quoi, les rendements ont été plutôt satisfaisants avec 38 quintaux/hectares en moyenne. D’un point de vue sanitaire, l’année a, là aussi, été plutôt calme.

S’il n’avait qu’un conseil, ce serait celui de semer précocement, soit aux alentours du 15 août afin de pouvoir bénéficier d’une probabilité accrue de précipitations. «Nous l’avons vu en 2016 et cela semble se confirmer cette année, les colzas semés au 15 août sont des semis optimal ».

 

En Limagne bourbonnaise, le gel tardif du mois d’avril a laissé craindre le pire.

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