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Les asperges en pleine récolte

C’est la pleine saison de l’asperge, une plante potagère encore cultivée par une poignée d’irréductibles céréaliers de la Limagne, bien décidés à conserver cette diversification historique.

L’asperge, une culture historique dans la plaine de Limagne, dont la
récolte a débuté dès avril.

« On fait de l’asperge depuis plus de 30 ans. Je pourrais m’en passer mais je continue. » Thierry Fourvel est attaché à sa petite production. À Vertaizon, elle occupe une infime partie de sa sole de 180 hectares, environ 6 000 m², juste de quoi récolter un peu plus d’une tonne par an.

Cette année, les conditions climatiques ont permis de débuter les premiers ramassages aux alentours du 15 avril. Un début « pas terrible avec des asperges de petit calibre et un temps très peu poussant » selon l’agriculteur, en raison de la sécheresse printanière.

La faute à l’été 2018

« Les asperges ont eu du mal à redémarrer parce qu’elles n’ont pas eu suffisamment d’eau l’été dernier pour refaire leurs réserves. » Pour Thierry Fourvel, les conditions pluviométriques de ces dernières semaines ne sont pas en cause dans la faible qualité de ses rendements. Comme toutes les vivaces, l’asperge a besoin d’emmagasiner de l’énergie pour affronter les froideurs hivernales et surtout repartir au printemps. Avec très peu d’eau l’été dernier, cette étape de stockage n’a pas été menée jus-qu’au bout. À cela s’ajoute désormais des températures faiblardes. « Elles ont besoin de chaleur pour pousser. » Il prédit d’ores et déjà une « récolte pas formidable ». Malgré tout, l’agriculteur n’est pas prêt à arrêter cette production. L’intégralité de sa récolte est vendue sur les marchés. « C’est du boulot, deux fois par semaine » précise-t-il, mais c’est aussi son seul et unique lien avec les consommateurs.

Le privilège de la rencontre

L’asperge est le produit saisonnier par excellence auquel les consommateurs portent un certain respect. « Dans l’ensemble, les gens ont toujours mangé les asperges pendant la saison et pas au-delà » a remarqué l’agriculteur. Des clients également attachés à la production locale qui offre une qualité sans commune mesure. « Le secret c’est la fraîcheur. Plus le temps entre la récolte et l’assiette est restreint, meilleur est le produit. » Thierry Fourvel vend lui-même ses asperges sur les marchés. Des moments durant lesquels il en profite pour expliquer son métier. Comment son cultiver les asperges ? Quelles différences avec le Bio ?... Autant d’explications qu’il se fait un plaisir de dispenser « en ces temps où nous sommes accusés de tous les maux ». C’est aussi l’occasion pour lui d’évoquer, avec ses clients, le marché de l’asperge où la concurrence fait rage. L’importation de gros volumes européens et la production extra- régionale participent à tirer les prix vers le bas. « Dans le département, nous subissons surtout les grosses livraisons du Gard et des Landes. C’est la loi de l’offre et de la demande, plus il y en a, plus le prix baisse. »

Malgré tous ces aléas, l’agriculteur n’est pas prêt à abandonner l’asperge, « une activité complémentaire historique » qui « s’intègre bien dans le calendrier des productions de grandes cultures ».

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