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Les animaux abreuvés par quatre sources

La journée de l’agriculture innovante dans le Puy-de-Dôme était consacrée à la valorisation de la ressource en eau sur les exploitations.

Au Gaec Marc et Michèle à Saint-Genès-Champespe, les éleveurs ont recapté les sources pour abreuver leurs animaux.

Hasard du calendrier ou réelle volonté de marquer les esprits, la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme a organisé son annuelle journée Innov’Action, consacrée à la gestion de la ressource en eau, sur la commune de Saint-Genès-Champespe. Dans ce petit coin de l’Artense, les habitants de la commune n’ont plus d’eau au robinet depuis quelques semaines. Du moins, ils n’ont plus d’eau dans leur château d’eau. La municipalité le ravitaille à grands frais via des camions citernes. Dès lors, qui dit moins d’eau au robinet dit obligation pour les éleveurs de ne plus utiliser l’eau du réseau pour abreuver leurs animaux (sauf les éleveurs laitiers). Ils sont alors contraints de réaliser plusieurs allers-retours par jour avec leur tracteur et leur citerne, jusqu’au lac de La Landie. Une situation extrême issue des conditions climatiques actuelles mais qui n’est pas exceptionnelle pour autant.

Eleveurs allaitants à Saint-Genès-Champespe depuis plus de 30 ans, Michèle et Marc Plane en ont vu d’autres. « Ce n’est pas la première année que nous sommes obligés d’aller chercher l’eau au lac. »

Conscients que ce problème risque de se répéter davantage dans l’avenir, ils ont décidé de revoir la gestion de la ressource sur leur exploi- tation. L’année dernière, ils ont entamé des travaux pour recapter les sources présentes dans l’une de leurs parcelles.

 

Capter des sources, oui c’est possible !

Sur la parcelle de 54 hectares du Gaec, plusieurs zones sont classées en zone humide (environ 15 ha). De ces dernières s’écoulent des sources captées de longue date. « Les anciens bacs avaient plus de 50 ans » précise Marc Plane. Jusque-là en parfait état de fonctionnement, ils ont commencé à montrer des défaillances. « Les sources étaient mal captées. » Commence alors un projet long d’une année. Décidés à réaménager ces points d’eau, ils ont d’abord pris contact avec la DDT. « Nous savions que nous ne pouvions pas faire n’importe quoi. » Et en effet, une réglementation stricte entoure le captage des sources.

Damien Legleye, agent de la Police de l’eau a suivi les travaux. « C’est la règle des 1 000. La législation autorise le drainage des zones humides sur moins de 1 000 m². Quant au captage des sources, le prélèvement est autorisé s’il est inférieur à 1 000 m³/an pour l’ensemble des captages de l’exploitation. Au-delà, nous entrons dans des démarches beaucoup plus lourdes avec des mesures compensatoires. »

Michèle et Marc Plane ont déposé leur dossier auprès de la DDT fin septembre 2018 pour recevoir l’autorisation de travaux en décembre 2018. Dès le printemps, ils ont pu entamer le chantier. Les drains ont été repositionnés et de nouveaux bacs équipés d’un trop plein installés. « Nous avons maintenant quatre captages à différents endroits de la parcelle » explique Michèle. Les captages offrent en moyenne un débit de 240 L/heure. « Nous n’avons pas traîné d’eau de l’été pour cette parcelle. »

Récupérer l’eau de pluie

Bien que strictement encadrés, les prélèvements d’eau dans le milieu naturel ne sont pas interdits. Attention tout de même à ne pas surestimer, ou sous-estimer, la valeur de ces zones humides présentes dans les exploitations. « Ces zones participent pleinement à l’autonomie fourragère. Elles ne sont pas récoltables mais pâturables ! Leurs valeurs alimentaires sont intéressantes et surtout elles produisent toute l’année » souligne Géraldine Dupic, conseillère fourrage à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme.

Surtout qu’il existe bien d’autres solutions pour valoriser la ressource en eau puisqu’il n’est pas impossible de récupérer l’eau de pluie. Ainsi sur une toiture de 2 180 m² avec, entre octobre et avril 12 jours de précipitations par mois de 1 mm, fournira 2 m³ d’eau par jour ou avec 5 mm environ 10 m³ par jour. A savoir que les besoins en eau d’un troupeau de 90 mères avec leur veau plus 18 génisses de 1 an et 18 génisses de 2 ans sont évalués à 5 m³ /jour. « Il faut y réfléchir sérieusement surtout que ce sont des systèmes qui peuvent être installés sur un bâtiment déjà existant pour peu de frais » précise Eliane Teissandier, conseillère bâtiment à l’EDE.

De multiples idées à développer dans les années à venir notamment dans les zones à risques tel que Saint-Genès-Champespe.

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