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Lait
L’ensilage bientôt exclu des élevages « Saint-nectaire

L’onctuosité du Saint-nectaire ne suffit plus à adoucir l’émoi des producteurs devant la sévérité du cahier des charges. L’arrêt de l’ensilage est particulièrement au cœur des débats.

Le cahier des charges du Saint-Nectaire prévoit l’arrêt de l’utilisation de l’ensilage dans les rations. Une décision qui est loin de faire l’unanimité auprès des éleveurs.

Depuis quelques jours, il y a de l’agitation dans la zone Saint-nectaire. Près de 70 % des producteurs sont inquiets au vu de l’arrêt de l’utilisation des fourrages humides. Ce décret a été notifié dans le cahier des charges de la production dès sa mise en application en 2009. Il prévoyait l’arrêt de ce type d’alimentation pour le 31 décembre 2020. Cependant, la Commission Européenne exige que cette application prenne effet dans 5 ans maximum, soit en 2017. Seulement, les producteurs sont loin d’être optimistes face à cette demande supplémentaire.

Patrick Levet, président des JA Puy-de-Dôme et membre du conseil d’administration de l’Interprofession Saint-nectaire explique : « l’ensilage permet de valoriser au mieux notre herbe. Sa valeur alimentaire nous permet de limiter les achats de concentrés. Si nous l’arrêtons, nous devrons acheter plus de concentrés pour maintenir notre production. Economiquement, cela n’a aucun intérêt. »

 

Economiquement non viable

En effet, le principal point noir est là ! L’ensilage est une valeur sûre pour récolter un aliment de qualité et économiquement rentable. Il permet notamment de valoriser au mieux l’herbe, particulièrement les années comme celle-ci où les fenaisons ont été difficiles.

Alors l’arrêt total de l’ensilage, utilisé encore aujourd’hui par plus de 60 % des éleveurs de la zone, demande réflexion. D’autant plus que l’échéance est raccourcie à 2017 au lieu de 2020. Un délai d’adaptation raccourci et qui alimente les rumeurs de dissensions au sein de l’Interprofession. « Tout le monde n’est pas d’accord. L’arrêt de l’ensilage va demander des efforts d’organisation, de charges économiques et de travail considérables aux éleveurs. Il est difficilement envisageable de tout réorganiser en 5 ans.» Une charge supplémentaire qui semblerait, selon le jeune agriculteur, ne pas être récompensée par une possible revalorisation du prix du lait.

Outre l’aspect économique, l’organisation même des exploitations est mise à mal. Le système tout foin demande une capacité de stockage beaucoup plus importante ainsi que des hectares en plus. Les éleveurs seront donc contraints d’acquérir des terres supplémentaires pour nourrir leurs animaux ou à l’extrême, de sortir de la zone AOP. Une situation plus préoccupante qu’elle n’y paraît et de nombreux éleveurs s’accordent à le dire. «En mai dernier, nous avons fait un vote. Plus de 70% des éleveurs souhaitent conserver les conditions actuelles. A savoir, le droit de nourrir nos animaux pendant l’hiver avec 50 % de fourrages humides.»

Les négociations sont encore sur la table. L’Interprofession doit rendre un verdict rapidement puisque la Commission Européenne n’est pas des plus patientes !

 

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