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ADASEA
L’échange de parcelles ? Oui mais non !

Le programme d’échange amiable de parcelles agricoles sur la Communauté de Communes de Rochefort-Montagne arrive bientôt à son terme avec un bilan mitigé.

Martine Bony est maire de Vernines depuis 12 ans et agricultrice. Elle voyait dans ce programme une formidable occasion pour ses agriculteurs de faciliter leur travail.

La communauté de communes de Rochefort-Montagne rassemble 14 communes dont certaines sont limitrophes à la couronne périurbaine de Clermont-Ferrand. La pression foncière est de plus en plus importante, déséquilibrant l’occupation des terrains entre l’agriculture et l’habitation. Ainsi, sur la partie Est de la communauté de communes, l’agriculture est minoritaire. Au contraire, à l’Ouest, les agriculteurs sont plus nombreux. Dans les deux cas, les élus ont été particulièrement inquiets de constater le morcellement des exploitations. L’éloignement des parcelles, par rapport aux bâtiments, rend l’exploitation peu attractive pour les jeunes agriculteurs et difficilement exploitable par les producteurs actuels.

Désireux de soutenir leurs agriculteurs, les maires des 14 communes ont choisi d’agir.

 

Programme d’échange

Avec l’aide de l’Adasea, la communauté de communes va proposer à ses agriculteurs un programme d’échange volontaire et amiable de parcelles. Alice Berthoud est chargée du dossier à l’Adasea.

« L’objectif est de proposer aux agriculteurs volontaires des échanges de parcelles avec leur voisin. Le but est de rapprocher les terrains du siège de l’exploitation. Nous avons réalisé des groupes de travail dans les différentes communes pour les agriculteurs volontaires. Ces derniers nous confiaient leur parcellaire afin de l’étudier. La qualité de la parcelle était prise en compte dans l’échange. Nous réalisions ensuite les déclarations PAC. » Ce travail de précision a permis l’échange de 77 ha sur le territoire de la communauté de communes. Une surface qui reste faible au terme des deux années de travail.

Ancré dans les esprits

Alice Berthoud reste optimiste face à l’efficacité de ce programme. «Le lien à la terre reste très fort chez les agriculteurs. Les histoires de familles viennent aussi s’ajouter à cette réticence des échanges. Nous avons réalisé ce programme sur deux ans. Les agriculteurs ont besoin de temps pour réfléchir. Cette « réorganisation » des terres agricoles permet de mieux les situer pour limiter les problèmes avec les riverains. C’est aussi une aide pour maintenir une agriculture productive. Je pense que nous avons amorcé le débat. Les agriculteurs en parlent entre eux et continueront d’en discuter. Nous devons travailler là-dessus pour encourager les échanges de parcelles dans l’avenir. » Une action au service de l’agriculture et de ses professionnels. Pourtant, dans certaines communes elle n’a pas fait l’unanimité auprès des agriculteurs.

Avis d’élu et d’agricultrice

Martine Bony est maire de Vernines et agricultrice. Elle a défendu le programme d’échange amiable des parcelles et a cru en sa réussite. «L’ensemble des élus de la communauté de communes voulaient faire quelque chose pour développer l’économie agricole. Beaucoup d’organismes ont la main mise sur l’agriculture, il était donc difficile de trouver des idées d’actions. Cependant, nous pouvions agir sur la restructuration foncière. » Mais peu d’agriculteurs et de propriétaires se sont engagés dans la démarche. La peur d’un nouveau remembrement a été plus forte que la raison. « Aucun n’échange n’a eu lieu sur la commune de Vernines. Le côté humain a bloqué. Je suis pleine de regrets parce que j’avais mis beaucoup d’espoir dans ce programme. J’imaginais des échanges de grandes envergures entre 3-4 agriculteurs. Il suffit que quelques uns refusent pour bloquer tous les autres. Malheureusement, l’échéance est là et j’ai des craintes. Je ne veux pas que l’agriculture périclite. Beaucoup de mes agriculteurs ont 60 ans. Ils vont arrêter et il faudra les remplacer. Les exploitations morcelées n’attirent pas les jeunes. » Selon Martine Bony, l’échec de cette opération illustre le mal-être des agriculteurs. « Je ne comprends pas pourquoi ça a coincé. Je voulais que les gens communiquent entre eux mais ils ont refusé. Je suis extrêmement déçue. La réalité actuelle est que nous avons la tête dans le guidon. Nous ne parlons à personne et ne nous intéressons plus au travail du voisin. Il n’y a même plus de solidarité.»

Le programme d’échange amiable des parcelles va se terminer en mai 2012. Des groupes de travail continuent à se rassembler sur les différentes communes afin de finaliser les projets entamés.

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