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Innovation
Le recyclage enzymatique du plastique : une première mondiale !

Le jeudi 12 janvier 2023, Laurent Wauquiez visitait les locaux de Carbios, une entreprise ayant mis au point un processus révolutionnaire pour recycler le plastique et dont le démonstrateur industriel est installé à Clermont-Ferrand depuis 2021.  

Laurent Wauquiez, en visite dans les locaux de Carbios le jeudi 12 janvier.

La start-up Carbios projette de devenir « le prochain leader mondial du recyclage plastique », déclare son directeur général Emmanuel Ladent. Cette ambition s’appuie sur la mise au point d’un procédé révolutionnaire, le recyclage enzymatique, qui vaut à l’entreprise le soutien d'actionnaires tels que L’Oréal, Michelin ou encore NestléWaters. Ce processus permet non seulement de recycler des types de plastiques PET jusque-là non-traités par les méthodes de recyclage conventionnelles (textiles, pots de yaourt, films plastiques), mais aussi de leur offrir entre 40 et 50 cycles de vie là où le recyclage mécanique, méthode la plus utilisée au monde, n’en offre que quatre.

La dépolymérisation : kézako ?

Chaque année, 500 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde. Moins de 10 % sont recyclées : le reste finit dans la nature, les décharges ou à l’incinérateur, souvent après avoir parcouru des milliers de km.
Par ailleurs, le recyclage mécanique a des limites : son principe, qui consiste à réduire le plastique en flocons puis à les faire fondre pour fabriquer de nouveaux produits, ne permet pas de traiter les plastiques multicouches (ex : briques de lait), ni d’obtenir un produit vraiment durable et de qualité. Comparativement, le processus de dépolymérisation obtient de bien meilleurs résultats : les monomères obtenus par la séparation des composés de la fibre plastique permettent de fabriquer de nouveaux polymères et donc de nouveaux plastiques.
Si la dépolymérisation des déchets plastiques peut se réaliser à l’aide de solvants (on parle alors de recyclage chimique), Carbios a choisi d’aller encore plus loin en développant sa propre méthode baptisée C-ZYME, biologique et naturelle, à base d’enzymes : « contrairement aux solvants, les enzymes ne polluent pas. Elles nous permettent d’être moins sélectifs sur les déchets : nous sommes capables de recycler une bouteille en t-shirt et vice-versa » explique le directeur de l’entreprise « nous pouvons également travailler à basse température : 70°C suffisent là où les autres procédés nécessitent 200°C ». Autre particularité de l’entreprise : elle est la seule à être capable de fabriquer un plastique transparent à partir d'un plastique coloré.
Pour le moment, son démonstrateur a la capacité de transformer 100 tonnes de plastique PET par an : de quoi collecter de nombreuses données et prouver l’efficacité de sa technologie au niveau industriel auprès de ses futurs clients. En 2025, une usine de référence devrait voir le jour en Meurthe-et-Moselle, avec une capacité de transformation de 50 kilotonnes de PET par an.

Souveraineté énergétique

« Vous pouvez être fiers de vous » déclare Laurent Wauquiez, président de la région AuRA, aux agents de Carbios réunis devant lui. En visite dans les locaux de l’entreprise, le président n’a pas manqué de souligner la portée symbolique du lieu choisi par la start-up pour développer son démonstrateur : les anciennes usines Michelin. « Carbios apporte un extraordinaire espoir pour notre région, notre pays et notre planète. Elle est une incarnation de l’économie circulaire » souligne Laurent Wauquiez, qui évoque l’importance de « retrouver une souveraineté énergétique pour réduire les importations, première cause des émissions de CO2 en France ».
Au-delà d’être innovante, l’entreprise, qui compte déjà une centaine d’employés, devrait continuer à recruter dans les années à venir : une aubaine pour répondre en partie à la problématique de la reconversion des emplois Michelin.
Reste à relever le défi suivant : récolter à l’échelle régionale les 100 tonnes de déchets nécessaires pour alimenter le démonstrateur Carbios.

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