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Visite préfectorale
Le préfet du Puy-de-Dôme en visite sur une exploitation des Combrailles

A l’invitation de Gérard Renard, le préfet s’est rendu sur une exploitation à Manzat pour débattre de la situation et de l’avenir de l’agriculture puydômoise.

Eric Delzant, préfet d’Auvergne et du Puy-de-Dôme, accompagné de représentants de son staff agricole de la Ddt et de la Draf, a écouté, débattu de questions d’actualité, avec des élus de la Chambre

d'agriculture du Puy-de-Dôme, du syndicalisme, d’organisations professionnelles agricoles et de la commune de Manzat. Les discussions qui ont porté sur plusieurs thèmes, ont permis de davantage appréhender, les préoccupations et les attentes des agriculteurs puydômois, dans un métier qu’ils exercent dans un milieu rural en constante évolution. Avec en fil rouge, l’exemple concret de ce que vivent des chefs d’exploitation au quotidien.

 

Réglementation et prix du lait

Reçu par Pascal Leyrit et Pascale Arkhipoff, du Gaec du Fromental, le représentant de l’Etat, s’est particulièrement intéressé à la conduite de leur exploitation. Il a leur a posé nombre de questions, par exemple sur le pourquoi de l’installation hors cadre de cette jeune agricultrice, en remplacement de l’associé Jac-ques Rougier, parti à la retraite.

Il a évoqué les réglementations «représentent-elles un problème ?», s’est arrêté sur l’accès au crédit.

« La réglementation s’alourdit, et les banques prêtent quand elles sentent du potentiel» a précisé Pascale Arkhipoff, en soulignant: «le prix du lait est fondamental ; il doit être maintenu, notamment face à l’augmentation du prix des matières premières. » Des propos repris par Pascal Servier, secrétaire général de l’Udsea : « dès que survient un problème dans la filière lait, on casse les prix. Nous avons l’impression de travailler pour d’autres. »

 

Au sujet de l’environnement

Le Préfet a interrogé sur les normes environnementales. Les associés du Gaec du Fromental ont raconté leurs difficultés pour tenir compte de ces réglementations, particulièrement quand il s’agit de respecter ces normes sur des prairies permanentes. Ce qui les conduit à acheter du fourrage. Gérard Renard, président de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, a alors relevé : « ces contraintes posent la question de la mise en place d’aides, (cela paraît indispensable), pour les jeunes en phase d’installation, pour satisfaire à ces obligations. »

A propos de l’installation et de la formation

Eric Delzant a alors interpellé sur l’installation et la formation des jeunes en demande d’installation, sur leur mode de vie, leur légitime souhait de vivre de leur métier dans de bonnes conditions. Patrick Levet, président de JA 63, a expliqué la volonté de son syndicat, de continuer à ins-taller des jeunes dans le Puy-de-Dôme, en privilégiant une installation en structures sociétaires. Notamment en élevage pour améliorer les conditions de travail. Et de préciser « nous sommes relativement bien formés par rapport à d’autres catégories professionnelles. » Cette question sur la formation a amené le président de la Chambre d'agriculture, à parler des stages en agriculture. Il s’est inquiété de règles de plus en plus contraignantes en la matière, tout en remarquant que « la formation agricole attire des jeunes de tous les milieux (uniquement 20 % à présent sont issus du milieu agricole). Nous servons à susciter des vocations. »

 

A propos du foncier

S’adressant au maire et conseiller général de Manzat, le préfet a évoqué la déprise agricole, la pression foncière, liées à l’installation de néo-ruraux. Alain Escure a alors raconté sa volonté de faire cohabiter en bonne intelligence, agriculteurs et habitants travaillant à l’extérieur, notamment grâce à un plan local d’urbanisation (PLU) bien pensé. « Ainsi la commune de Manzat gardera ses agriculteurs, en installera d’autres, et l’apport d’une nouvelle population non agricole, permettra de garder un tissu rural dynamique, par exemple pour maintenir nos écoles. »

A propos de la filière lait

Les participants ont rebondi sur le prix du lait, précédemment évoqué par Pascale Arkhipoff, et interpellé le représentant de la coopérative Sodiaal, qui prévoit une baisse du prix du lait payé aux producteurs. Des explications ont été fournies par Yves Soulhiol, sur les pertes sur le lait de consommation du début d’année: « que nous sommes obligés de répercuter, pour nous consolider. On se prépare aux enjeux de demain». Le représentant de Sodiaal, a ensuite expliqué : «nous subissons des fluctuations. Mais on constate que les situations de baisse, subies ponctuellement depuis plusieurs années, se révèlent de plus en plus courtes. On sent que la demande mondiale devrait prendre le pas sur l’offre. Le prix du lait devrait remonter rapidement. »

Ces remarques ont entraîné des interpellations de la part des participants. Parmi lesquelles « vous nous parlez de mondialisation, nous on raisonne pour nos exploitations à taille humaine. » On peut retenir de ces échanges la remar-que de Pascal Servier : «n’oublions pas que notre agriculture fait rentrer des devises pour la France… »

Denis Guérin, responsable de la Pra Dore-Bois-Noirs, a interpellé sur le dossier de la laiterie Garmy. Le Préfet a dit toute l’attention que lui et ses services portaient à ce dossier : « Je ne veux pas vous faire de promesses, mais je vous assure cependant que je ferai tout ce qui est possible, pour vous aider.»

 

Sage Sioule

Charles Schietteckate a deman-dé au Préfet des précisions sur le Sage Sioule. Il a souligné l’aberration du zonage « zones humides », proposé par le cabinet

d’études : « ils ne sont pas venus sur le terrain ! » L’ensemble des participants a exigé une révision de ce dossier.

 

En conclusion, Gérard Renard a alerté : « l’agriculture se retrouve aujourd'hui dépendante de personnes qui décident de ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Attention aux conflits sous-jacents, que tout ceci va entraîner. On veut des zones na-turelles ? Mais si elles existent, c’est qu’il y en a, grâce aux agriculteurs, qui savent travailler la terre, et respecter leur environnement. »

«Notre agriculture est interdépendante de l’Europe et du monde, a souligné Eric Delzant. Les négociations sur la Pac se révèlent compliquées, les autres pays européens n’ayant pas la même vision de l’agriculture que nous. Mais notre pays veut garder son agriculture et ses agriculteurs. »

Préfet et participants ont continué leurs discussions autour d’un buffet campagnard, préparé avec des produits fermiers d’Accueil à la Ferme et en Milieu Rural. Tartines de jambon, de terrine, fromages variés, vin d’Auvergne…, ont rencontré un vif succès.

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