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Le plan d’éradication de la BVD suscite de nombreuses interrogations

Le 13 septembre, le GDS 63 est intervenu à une réunion commune de la section bovine de la Fnsea 63 et de la Fdpl, à leur demande, afin d’apporter des précisions sur le dispositif BVD.

Les éleveurs allaitants et laitiers débattent sur un dossier sanitaire préoccupant.

La BVD est une maladie des muqueuses très répandue à travers le monde. La transmission se fait par voie oro-nasale entre bovins, également par voie vénérienne concernant les taureaux infectés. Elle peut se faire aussi in utero de la mère au fœtus. Les symptômes de contamination sont multiples et vont des troubles de la reproduction, aux retards de croissance en passant par des pathologies néonatales rebelles. Ceci dit, l’infection du troupeau peut passer inaperçue mais engendrer la naissance de veaux IPI (Infecté Permanent Immunotolérant) dans les mois qui suivent, par contamination des femelles gestantes n’ayant pas encore rencontré le virus. Le pouvoir immunodépresseur du virus influence fortement la santé générale du troupeau ; les conséquences sanitaires et économiques peuvent être très importantes. Le coût de la maladie en France peut être évalué à plus de 30 millions d’euros par an. Sur une exploitation touchée, la perte moyenne se situe autour de 8000€ en élevage laitier et 3000€ en élevage allaitant. L’arrêté ministériel du 31 juillet met en place un programme de surveillance et de lutte contre la BVD pour éradiquer la maladie. Il rend obligatoire la recherche des animaux infectés.

Jean-Luc Ferret, président du GDS 63, nous éclaire sur le sujet à la demande de la section bovine et du Conseil d’administration de la Fdpl.

Le plan d’éradication débute à une période peu propice pour les éleveurs au regard des difficultés agricoles actuelles. Cela ne va-t’il pas leur faire des contraintes supplémentaires ?

Nous en sommes conscients mais l’arrêté ministériel est sorti. De plus c’est une décision professionnelle régionale et nationale de lancer la campagne de lutte obligatoire dès le 1er août. C’est une maladie coûteuse, les éleveurs qui ont déjà été touchés auraient préféré payer un plan d’éradication. Pour ne plus subir cette maladie, il faut agir collectivement car les plans de lutte individuels ont leurs limites et on ne peut pas parler d’éradication sans dynamique collective. Dans les zones où le plan est en place depuis un certain temps, le pourcentage d’IPI n’excède pas 1%. Donc cela fonctionne.

Quel est le programme ? Comment se décline-t-il ?

Dès aujourd’hui, les éleveurs doivent procéder au dépistage par biopsie auriculaire. Concrètement, il faut boucler les veaux, avec la boucle préleveuse et à l’aide de la pince spécifique, le plus rapidement possible après la naissance (moins de 7 jours). L’échantillon de cartilage doit être placé dans le sachet plastique fourni avec l’enveloppe pré affranchie (un seul échantillon par enveloppe) et envoyé dans les 48h après le prélèvement. L’analyse est faite à Montbrison dans un laboratoire spécialisé mais les sérologies se feront à Lempdes. L’animal dépisté positif à l’analyse PCR (cartilage) en 1ère analyse doit être éliminé dans les 15 jours qui suivent la notification de résultat. Un deuxième prélèvement de contrôle par prise de sang est possible. Un dépistage positif implique d’office la mise en place d’un plan d’assainissement du cheptel infecté. Tous les animaux du troupeau doivent être dépistés sous un mois. Pendant ce temps, les animaux ne peuvent pas quitter l’élevage pour un autre élevage.

Et pour les boucles, comment cela se passe-t-il ?

Les boucles préleveuses obligatoires sont à commander à l’EDE. Dans le cas où l’éleveur possède encore des anciennes boucles, il peut commander, au GDS, des boucles boutons qui servent seulement au prélèvement.

Quelles aides le GDS met-il en place ?

Nous avons choisi d’aider tous les élevages et pas seulement ceux qui auront des veaux IPI. C’est pourquoi nous aidons au dépistage et non à l’élimination des IPI. Le Conseil départemental apporte aussi un soutien financier au plan d’assainissement. Nous sommes en attente d’une éventuelle aide de la région. Le dépistage de la BVD revient à 4.03€ par veau naissant. Vue la complexité et la difficulté de mise en œuvre de cette lutte collective, la Fnsea 63, la Chambre d’agriculture et le GDS ont convenu d’organiser des réunions d'informations techniques dans les antennes territoires du département afin d’informer au mieux les éleveurs et leur permettre de s’exprimer.

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