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« Le mois de septembre fait le vin » tardivement en 2016

Petit tour dans le vignoble puydômois dont les gelées tardives, les pluies printanières, le manque d'ensoleillement, les orages puis les chaleurs et la sécheresse n'ont pas laissé indifférent.

Dans ses parcelles, Maurice Gouyet observe sur un même pied des différences de maturité entre les grappes.

Si cette année a donné du fil à retordre aux agriculteurs, il en est de même pour les viticulteurs. Durant la campagne, les grands vignobles français dévastés à coup de gelées tardives ou de grêles ont régulièrement fait la Une de la presse.

Dans le Puy-de-Dôme, les intempéries printanières ont causé des dégâts très localisés créant une situation hétérogène sur l'ensemble du vignoble. Un phénomène accentué ses dernières semaines au sein même des parcelles du fait de la longévité la sécheresse.

 

Une situation très hétérogène

Les gelées et les grêles du printemps ont touché localement les vignes mais à chaque fois les dégâts ont été très importants (jusqu'à 86% de pertes).

À Montpeyroux, le gel a été très défavorable. À ce jour, les viticulteurs estiment une perte de rendement de près de 50%. Les raisins sont petits, peu nombreux et les attaques de mildiou n'ont pas arrangé la situation.

Du côté de Saint-Georges-sur-Allier, ce sont les orages de grêles qui ont fait des dégâts. Les parcelles qui n'ont pas été détruites, se sont rattrapées malgré le mildiou et l'oïdium mais accusent une maturité des raisins hétérogène au sein même des vignes.

Sur Riom et Gergovie, les viticulteurs ont échappé aux orages dévastateurs mais pas à la sécheresse. À ce jour, les raisins ont très peu de jus, certains ont même « grillé » du fait des fortes chaleurs.

Enfin, à l'extrême sud du Puy-de-Dôme à Boudes, aucune vigne là encore ne se ressemble. Certaines ont beaucoup de raisins alors que d'autres non.

La météo estivale de juillet, août et début septembre a permis,

d'après la Fédération Viticole du Puy-de-Dôme, de rattraper le retard pris par les vignes au printemps.

Cependant, la sécheresse actuelle provoque une hétérogénéité dans la maturité des raisins avec, sur un même cep, des grappes quisont déjà mures alors que d'autres sont encore vertes. «Le rendement sera faible» selon la fédération et au regard de la situation actuelle «la date des vendanges est difficile à prévoir ».

L'oeil du viticulteur

Un constat global dans lequel se reconnaît Maurice Gouyet, viticulteur à Gergovie. Il conduit sur la commune près de 10 hectares dont la grande majorité est classée « vieille vigne ». Des ceps qu'il bichonne donc à la main lui permettant de constater les dégâts non pas dûs aux orages mais à la sécheresse tardive. «D'ordinaire, le manque d'eau n'est pas un problème pour la vigne. Mais cette année, il est arrivé tardivement et surtout se prolonge. Les raisins ont peu de jus, ils souffrent de la chaleur et sur certains pieds les feuilles commencent à jaunir. Certaines grappes sont mures et d'autres non.» Le viticulteur prévoit pour l'instant une récolte «pas mauvaise » mais bien en dessous de la cuvée 2015 sur laquelle dit-il « ne pas se référer » tant elle était exceptionnelle.

Maurice Gouyet, comme bon nombres de ses collègues, regarde régulièrement le ciel dans l'espoir de voir arriver enfin la pluie. «Le risque est de voir s'étaler encore davantage la maturité (les raisins ont besoin d'eau pour murir). Les vendanges seront alors tardives et offrant un laps de temps très court à la vigne pour faire ses réserves avant les premières gelées». S'il ne pleut pas dans les jours à venir, il estime les premières vendanges de Chardonnay à fin septembre et les rouges pas avant mi-octobre.

Mise à l’enquête des délimitations parcellaires

Jusqu’à présent l’utilisation des dénominations «Boudes», «Chanturgue», «Châteaugay», «Corent» et «Madargue» était soumise à autorisation préalable de l’INAO (sur demande du viticulteur). L’Institut National des Appellations d’Origine vérifiait alors la localisation de la parcelle d’où le vin était issu et si elle correspondait aux critères du cru. La Fédération Viticole du Puy-de-Dôme a travaillé avec l’instance gouvernementale à une nouvelle aire parcellaire pour chaque cru afin de faciliter la vie des viticulteurs et donner davantage d’excellence à ces dénominations. Avec cette «réforme», les professionnels désirant planter une vigne sauront avant même d’engager les travaux, s’ils pourront ou non revendiquer l’une des cinq dénominations.

Une consultation publique concernant la cartographie de chaque aire doit être réalisée avant d’acter cette modification du cahier des charges AOC. Elle s’ouvre le 17 octobre prochain pour se poursuivre jusqu’au 19 décembre 2016. Les propriétaires fonciers ou exploitants ayant un intérêt dans ce dossier peuvent consulter les plans matérialisant les projets dans chaque mairie concernée (voir tableau ci-contre). Les éventuelles réclamations sont à adresser par courrier recommandé avec accusé de réception au site INAO de Tours (12 place Anatole France - 37000 Tours).

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