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Le lait, source de dynamique en zone de montagne

« Etre partenaires pour vivre du lait en montagne » : tel était le thème de la rencontre professionnelle organisée à Vernines, mardi dernier, et que nous vous proposons de découvrir dans ce dossier.

Suite au six réunions laitières organisées cet hiver au sein de la Petite région agricole Dômes-Hautes-Combrailles, les producteurs se sont retrouvés mardi à Vernines pour faire la synthèse et débattre sur les pistes d’amélioration à apporter à la production. Quatre thèmes de travail ont été mis en avant : l’autonomie fourragère, la valorisation du produit, le développement et les soutiens à l’herbe.
Partenaires de l’opération, Clémentine Lacour, pour l’EDE, et André Monnet,pour l’AGFA, ont mis l’accent sur les différentes marges de progrès techniques et économiques pour bien maîtriser la production. « Chaque exploitation étant particulière, toutes les améliorations possibles doivent être recherchées en lien avec les résultats du Contrôle Laitier et du centre de gestion » ont-ils expliqué avant de démontrer qu’avec ses 597 exploitations laitières et ses 18 400 vaches, la production locale est une activité dynamique pour la Pra ; « dynamique à condition de ne pas sous employer les ressources fourragères de l’exploitation et faire en sorte que l’herbe reste une source de production de lait et donc de revenu ».
Pour Michel Tournadre, responsable professionnel de la Pra, « tout le monde est d’accord pour poursuivre les efforts à condition d’obtenir en contre partie, une valeur ajoutée à notre produit. La valorisation est certes un aspect fondamental pour notre production de montagne mais elle ne doit pas se justifier par des contraintes supplémentaires ». Un point qui fait l’unanimité parmi les producteurs qui dénoncent l’arrivée de cahiers des charges sans plus value. Pour Pascal Servier, président de la FDPL, partenaire de la démarche de la Pra, «les producteurs doivent se réattribuer la production, le produit mais aussi la défense de leur métier. Nous devons réfléchir collectivement à ce que nous voulons pour l’avenir de nos exploitations».

Pistes de travail. L’autonomie fourragère est la priorité départementale

Face aux évolutions de la production laitière, le Contrôle laitier et ses partenaires ont défini différentes pistes de travail pour les producteurs. Zoom avec Bibiane Baumont.

Dans un contexte laitier en pleine mutation, l’accompagnement des producteurs prend un tout autre sens. «Il faut anticiper, alerter et préparer les esprits aux évolutions du métier ; redonner une ambition aux éleveurs et un sens à leur travail » explique Bibiane Baumont, directrice du Contrôle laitier du Puy de Dôme. Il n’ y a pas de recette pour cela, mais des moyens et des outils proposés par la structure dont les missions vont bien au delà du simple constat. « L’intérêt pour nous est d’avoir des bases de données, de les travailler et d’en expliquer la mise en oeuvre aux producteurs ».
Tout ce travail de réflexion et d’échanges est engagé dans la perspective de l’après 2013. «Il est primordial que nous conservions notre capacité de production départementale quand les quotas seront libérés. Si nous perdons ne serait-ce que 10 à 20 % de notre potentiel, d’autres bassins de production s’empresseront alors de combler le vide, met en garde Bibiane Baumont. Il faut donc remettre les surfaces en production et des vaches génétiquement productives».


 

Différentes pistes de travail sont proposées
La priorité est le développement de l’autonomie fourragère qui revêt trois enjeux essentiels : économique, de territoire et de produit. « Nous avons glissé progressivement vers un abandon de la culture de l’herbe entraînant aujourd’hui d’énormes difficultés dans la relance des parcelles, sachant qu’il faut 5 à 10 ans pour les faire repartir» indique Bibiane.
Sur les aspects génétiques la responsable du Contrôle laitier déplore le recours de plus en plus systématique au taureau de ferme au détriment de l’insémination artificielle. Une dérive qui trouve ses raisons dans le coût élevé des IA et dans une gestion de troupeau difficile à réaliser avec de gros effectifs. «Ma crainte, c’est que nous allions vers une dégradation progressive de la qualité des élevages et de la production laitière. Et il sera alors très difficile de revenir en arrière!»
La modernisation des bâtiments est une autre piste d’anticipation « indispensable et obligatoire pour les éleveurs » estime Bibiane Baumont, « nous devons les aider à travailler au maximum sur la maîtrise de leurs charges afin qu’ils puissent ensuite investir dans les bâtiments ».
Enfin, face aux changements climatiques, les repères dans le travail sont modifiés. «Il faut travailler différemment et redonner des outils qui permettent de s’adapter à la variabilité du climat. Nous étudions la mise en place d’un système d’avertissement agricole pour l’épandage d’engrais. Il permettrait aux producteurs d’être plus réactifs et de faire correspondre leurs traitements à la situation climatique du moment»
Ces différentes pistes d’évolution sont indissociables de l’aspect travail, élément fort de l’adaptation des exploitations laitières. Souvent débordés, les producteurs ne prennent plus suffisamment de recul pour faire d’autres choix que de parer à l’urgence et au quotidien des tâches d’élevage (alimentation, entretien, clôtures…). « La technicité en matière de reproduction, de surveillance du troupeau et de culture des parcelles est abandonnée au profit du travail de main d’oeuvre. Il y a un problème d’organisation du travail et de priorité. Où mon savoir-faire est-il le plus important ? Et quel est le vrai sens de mon métier ? devraient s’interroger les éleveurs. Et face à l’accroissement des troupeaux, comment faire pour rester efficace?» Bibiane Baumont prend l’exemple des rats taupiers: «si les agriculteurs prenaient le temps de surveiller leur parcelles, les dégradations ne seraient pas celles que l’on connaît aujourd’hui !»

Des outils existent
Le Contrôle laitier a les moyens d’accompagner les agriculteurs à travers, notamment, des outils comme le diagnostic de travail, l’exploitation de fiches références ou l’utilisation de logiciels informatiques sur les aspects alimentaires. « Notre devoir est de nous projeter un peu plus loin afin d’anticiper les situations par rapport à 2013 » précise Bibiane.
Les 900 adhérents du Contrôle laitier bénéficient des résultats des travaux de prospective initiée par la structure en lien avec la Chambre départementale d’agriculture et d’autres organismes. «Nous apportons un œil extérieur à nos adhérents. Les éleveurs sont de plus en plus seuls car ils ont beaucoup de travail. L’échange avec le technicien, le conseiller et d’autres producteurs est alors essentiel ». C’est dans ce sens que des groupes de travail technique et économique sont organisés sur l’ensemble du département en partenariat avec l’Agfa, « l’occasion de s’exprimer, d’échanger et de comparer ses savoir-faire».

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