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Installation
Le fonds de stockage : une originalité de la Safer Auvergne au profit de l’installation

Voilà près de 10 ans que le fonds de stockage du foncier permet à la Safer Auvergne d’accompagner les jeunes dans leur installation. Sébastien Ramier en a bénéficié.

Sébastien Ramier, aux côtés de Bruno Pitot, conseiller foncier Safer et Christian Liabeuf, président. « La safer a acquis le bien par adjudication et est devenue propriétaire sans l’assurance d’avoir un repreneur. C’est le principe du fonds de stockage » souligne le président.
En, 1998, la Safer et les Jeunes Agriculteurs d’Auvergne ont mis en place le système du fonds de stockage du foncier. L’outil consiste pour la Société d’aménagement à acquérir un bien pour le stocker en attendant que le repreneur boucle son projet d’installation. Le fonds de stockage est alors financé par le Conseil régional d’Auvergne partenaire de l’opération.
800 à 1000 ha sont aujourd’hui dans cette « réserve » destinée à favoriser l’installation.
Sébastien Ramier, pisciculteur sur la commune d’Olmet, a bénéficié de cet outil. Il a pu monter son projet et s’installer il y a un an, grâce au fonds de stockage.

Le parcours de Sébastien

Nous sommes en 2004, Sébastien est titulaire d’un BTS production aquacole et ne souhaite qu’une chose : s’installer ! Originaire du Cher, il n’a pas de frontière pour assouvir son projet ; il frappe donc à toutes les portes y compris à celle de la Safer Auvergne via Internet. « Ce n’est pas facile de trouver des piscicultures à vendre, se confie-t-il. Je me suis inscrit sur le site de la Safer et j’ai consulté régulièrement les publications, jusqu’au jour où j’ai vu l’annonce de la Safer Auvergne pour un bien qui appartenait autrefois à une société de pêche » Tout est alors allé très vite. Après avoir contacté le conseiller foncier de la zone, Sébastien vient visiter l’exploitation. Elle correspond parfaitement à l’idée qu’il en avait et dispose des 25 bassins dont il a besoin pour démarrer sa production de truites, de poissons d’étang et d’écrevisses. Seul bémol : son projet n’est pas ficelé ! Il doit le mettre en place, contacter les banques, obtenir son prêt, établir les demandes d’autorisations administratives en matière de prise d’eau et faire toutes les démarches nécessaires auprès de la police de la pêche, de l’eau et de l’environnement dont l’exploitation va dépendre. Bref! Un parcours du combattant qui lui prendra près d’un an avant de pouvoir démarrer réellement son activité. «Le fait que pendant tout ce temps, le bien ait été stocké par la Safer, m’a permis d’accomplir sans précipitation toutes les démarches indispensables» indique Sébatien.


S’installer, sans le souci du foncier

Cela fait maintenant plus d’une année qu’il est installé à Augerolles avec une production annuelle de 5 tonnes vendues exclusivement par le biais de la vente directe et de la pêche en étang. Mais l’exploitation ne demande qu’à se développer. L’équipement d’aujourd’hui est en effet adapté à une capacité de 20 tonnes de production. Et Sébastien n’en est qu’au début, sachant qu’il faut deux ans à l’alevin pour devenir adulte et être consommé… Alors des projets, il en a plein la tête, à commencer par se construire une clientèle. Pour cela, le jeune pisciculteur a entamé les démarches pour obtenir l’agrément sanitaire européen permettant de livrer ses truites partout en France ; il termine la construction d’un laboratoire d’éviscération pour développer les débouchés auprès des restaurateurs et, à terme peut-être, pour faire de la transformation.
Malgré le temps passé et les difficultés rencontrées, Sébastien Ramier ne regrette pas son installation. Il reconnaît que sans le fonds de stockage, particulier à la Safer Auvergne, son projet serait certainement «tombé à l’eau».
De son côté, Christian Liabeuf insiste sur l’originalité de ce système qui permet, au final, d’agir en priorité sur l’installation dans la région. «C’est le moyen de laisser du temps au candidat pour organiser et finaliser son projet sans avoir le souci du foncier » explique le président de la Safer Auvergne. «La Safer ne maîtrise que 25% du marché agricole et 35% du marché accessible. Il est donc essentiel de mettre en place des outils qui permettent de favoriser l’installation ».

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