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Technique
Le désherbage mécanique au banc d'essai en Limagne Nord

Herse étrille, roto-étrille et houe rotative étaient à l'essai le 24 mars à Entraigues en Limagne Nord, où les agriculteurs conventionnels et bio sont venus en nombre pour constater l'efficacité de ces outils.

Le 24 mars dernier, la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme et Bio 63 organisaient une après-midi autour du désherbage mécanique.

Les outils de désherbage mécaniques étaient à l'honneur le 24 mars dernier à Entraigues. Lors d'une demi-journée technique organisée conjointement par la Chambre d'agriculture et Bio 63, herses étrilles, roto-étrille et houe rotative ont été testées au champ pour permettre à chaque visiteur de se faire sa propre opinion. Indispensable en agriculture biologique, le désherbage mécanique séduit également les agriculteurs conventionnels qui y voient l'opportunité de réduire leur IFT ou de faire face à certains cas de résistance. Néanmoins, Sabrine Bourrel, conseillère en agriculture biologique à la Chambre d'agriculture prévient : "l'intervention mécanique ne permet pas à elle seule de gérer les adventices ; la rotation et la diversité des cultures, ainsi que les semis tardifs et la pratique du faux semis doivent être combinés pour optimiser l'efficacité".

Les principes du désherbage mécanique

Le désherbage mécanique ne s'adopte pas du jour au lendemain. Comme expliqué plus haut, il doit être intégré à une stratégie culturale globale et anticipée. Christophe Bodio est agriculteur biologique depuis quatre ans et il accueille les essais matériels sur une parcelle de blé d'hiver, semée au 13 novembre. L'exploitant a réalisé au préalable un déchaumage puis un labour. Il a ensuite utilisé une herse étrille de 12 mètres avec des dents de 490 mm pour le désherbage mécanique. "J'ai semé mon blé plus profond pour qu'il soit plus résistant aux vibrations lors du passage de l'outil. J'ai aussi augmenté la dose de semis de 10% pour pallier les éventuelles pertes." La herse a été utilisée en premier passage le 9 février et le deuxième au mois de mars.
À son côté, son voisin Alexandre Bresson qui entame cette année la conversion biologique de 50% de sa SAU. Il a investi également dans une herse étrille de 12 mètres mais avec des dents de 600 mm ainsi qu'une houe rotative. L'agriculteur emploie le premier outil sur les cultures plus sensibles au désherbage mécanique tel que le maïs semence. "L'outil me permet de régler les dents pour qu'elles soient moins agressives sur les maïs femelles et davantage sur les pieds mâles." Quant à la houe rotative, Alexandre Bresson l'utilise sur le blé ou encore le soja "des cultures résistantes". Contrairement à la herse étrille, la houe rotative lui offre un meilleur débit de chantier "environ 7 ha/h".
Dans tous les cas, la réussite du désherbage mécanique repose à la fois sur la combinaison de méthodes culturales et sur la précocité de l'intervention. Quel que soit l'outil, les adventices doivent être au stade cotylédon voire une feuille pour être pleinement déracinées.

 

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