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AGRONOMIE
Le colza, première victime du changement climatique

Le second Vendredi de l'Agro de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a réuni, en Limagne Sud, une vingtaine d'agriculteurs autour d'un essai de colza associé sous couvert de légumineuses.

Le deuxième Vendredi de l'Agro de la Chambre d'agriculture avait pour thème la culture du colza associé sous couvert de légumineuses.

Ils étaient une vingtaine d'agriculteurs de Limagne Sud à s'être déplacés à l'occasion du nouveau rendez-vous mensuel en PRA de la Chambre d'agriculture, les Vendredis de l'Agro. Ce mois-ci, la thématique technique abordait les problématiques de production autour du colza. Depuis trois ans, la culture oléagineuse connaît une chute de sa production. De 4 000 ha en 2017, elle n'occupe désormais à peine 850 ha de la sole puydômoise. Le changement climatique occasionnant des périodes de sécheresse en fin d'été-début d'automne, ainsi que le radoucissement des hivers, entraînent une érosion des rendements. Les agriculteurs de Limagne se détournent de la culture qu'il faut pourtant " travailler à préserver pour ses avantages agronomiques au sein de la rotation" explique Yoann Ginestière, conseiller agronomique à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.

Le colza associé sous couvert

L'un des leviers à l'adaptation des pratiques au changement climatique est le semis de colza associé. Le principe est simple : semer du colza avec une plante compagne. Cette pratique est originaire, historiquement du Berry, où "les agriculteurs avec des terres superficielles, comme en Limagne Sud, avaient besoin de couvrir rapidement le sol pour réduire le développement des adventices" nous apprend Alexis Vergnot, ingénieur agronome à Terre Innovia. La pratique s'est quelque « peu démocratisée ». Les agriculteurs sèment désormais avec leur culture oléagineuse, du trèfle ou de la lentille pour occuper rapidement le sol. Certains sèment du fenugrec, "un très bon répulsif pour les insectes".
Didier Manlhiot a adopté cette pratique du semis associé il y a quelques années. La rencontre technique se déroule d'ailleurs dans l'une de ses parcelles à Varennes-sur-Usson où il a semé un colza accompagné de féverole. L'agriculteur s'est tourné vers cette pratique pour limiter l'usage des produits phytosanitaires et réduire les impacts négatifs sur son sol.

Un hiver encore trop doux

La féverole dans le colza a l'avantage d'explorer le sol tout en le couvrant rapidement. Son autre qualité est d'être gélive et donc d'être détruite naturellement avant la reprise du colza en sortie d'hiver, du moins en théorie. "Il faut trois jours à -8°C pour bien éliminer la féverole" précise Alexis Vergnot. Or, le département n'a pas connu cette année encore d'hiver rude. "Les sommes de températures de cet hiver sont similaires à celles de 2019-2020" détaille Yoann Ginestière.
Cette élévation moyenne des températures perturbe également le colza et notamment l'étape cruciale de la floraison. "Depuis trois ans c'est la galère avec une floraison plus précoce, des risques de gel tardif et le manque d'eau autour de cette période." Les dernières semaines sont le parfait exemple de ces écarts de températures toujours plus importants. Ceux-ci, en plus d'accélérer le développement végétatif (quand il y a de l'eau) favorisent les vols d'insectes. Ces amplitudes thermiques sont d'ailleurs indispensables aux méligèthes et altises pour déclencher leurs vols. Une gestion des ravageurs également toujours plus délicate avec "le développement de résistances sur certains insecticides et des suppressions de produits (d'autres sont à prévoir)" souligne Alexis Vergnot.

 

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