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À l’assaut du plus indésirable des rongeurs

Les campagnols terrestres sont encore bien présents et même s’ils paraissent moins nombreux, il est primordial d’en poursuivre la lutte pour en contrôler les populations.

L’utilisation d’un ameublisseur pour briser les galeries peut être envisagée comme un moyen de lutte complémentaire. Complété d’un semoir, il permet dans le même temps de ressemer la prairie. Coûteux, il est conseillé d’acquérir l’outil en Cuma.

Il n’a de cesse de mettre à mal les prairies du département et d’ailleurs. Le campagnol terrestre est toujours présent et poursuit son insatiable conquête souterraine. Depuis plusieurs années déjà, les acteurs du territoire se mobilisent et œuvrent de concert pour informer et former les agriculteurs à lutter efficacement contre l’envahisseur. A Tauves où le rongeur a pris en otage les prairies, la Fredon-Fdgdon, la FdCuma et la Chambre d’agriculture, soutenues par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, se sont mobilisées pour organiser une demi-journée de démonstration. Méthodes de lutte, régénération des prairies et démonstration de matériel étaient au programme de ce 12 octobre. L’occasion également de rappeler qu’il ne reste que quelques jours, jusqu’au 23 octobre, pour souscrire au contrat FMSE et bénéficier d’un soutien financier pour lutter contre le rongeur.

 

Ça s’en va et ça revient

«Nous constatons une nouvelle augmentation des populations de campagnols terrestres sur les communes de Tauves, Laqueuille, Rochefort-Montagne, Perpezat, Briffons et Saint-Julien-Puy-Lavèze». Et c’est la même chanson tous les cinq à six ans. Sandrine Laffont de la Fdgdon du Puy-de-Dôme connaît bien le ravageur et ses cycles de vie. Les populations augmentent, arrivent à un pic de pullulation et finissent sur un déclin. Ce phénomène cyclique a le don de donner du répit aux prairies et une fenêtre de tir aux éleveurs. «La lutte du campagnol n’est réellement efficace qu’en basse densité de population. Au-delà d’un certain nombre de rongeurs par hectare, toute action est dérisoire voire inutile».

Parmi les possibilités actuelles, il y a toujours l’emploi strictement encadré de la bromadiolone. La matière chimique bien connue pourrait bientôt être remplacée par un nouveau produit allemand, le Ratron® (voir encadré).

Les pièges mécaniques types Taupe4 ou putange sont toujours d’actualité mais ne sont recommandés qu’en début d’infestation. Enfin, une lutte mécanique sévère peut-être envisagée avec l’emploi de décompacteur ou d’ameublisseur venant briser les galeries.

Contrer avant l’arrivée

Philippe Bonhomme, président de la Fdgdon du Puy-de-Dôme mais surtout éleveur Salers à Tauves, connaît bien le problème du campagnol. Son exploitation n’a pas été épargnée par le ravageur lui valant en 2007 de récolter «d’ignobles fourrages».

Depuis, il a saisi le problème à la racine ou plutôt dès l’entrée de la galerie. «J’éradique les taupes !»

Les campagnols terrestres ne sont ni architectes, ni maçons mais de simples squatteurs. Ils s’abritent dans les galeries creusées par les taupes. Alors l’éleveur agit dès l’apparition des premiers tumuli de terre. «J’ai suivi une formation pour l’utilisation du PH3 et j’ai investi plus de 1000 € dans le matériel de lutte. Cette méthode m’a sauvé autrement j’aurais jeté l’éponge.» Surtout, Philippe Bonhomme explique que la lutte contre le campagnol repose également sur un changement des mentalités. «Il faut cesser de voir la prairie comme un support se suffisant à lui-même. Il faut la considérer comme une culture qu’il faut entretenir et préserver».

En attendant, la lutte contre le ravageur s’organise sur tout le territoire et l’arrivée prochaine d’une nouvelle molécule sur le marché laisse entrevoir une lueur d’espoir.

Ratron®, un nouveau produit bientôt en France ?

 

Le Ratron® est une nouvelle molécule homologuée depuis peu en France. Sous forme d’appâts secs, elle est utilisée en Allemagne pour lutter contre le campagnol terrestre. La molécule, une fois en contact avec les acides de l’estomac, dégage une grosse quantité de PH3 dans le corps de l’animal, provoquant une mort soudaine. Extrêmement toxique et violent, il agit dans l’heure suivant la consommation. Contrairement à la bromadiolone, le produit s’échappe rapidement du corps de l’animal mort qui n’est alors pas toxique pour la faune non cible. Commercialisé prochainement en France, son utilisation ne devrait pas être soumise à déclaration. Le produit reste cependant toxique pour l’homme et doit être utilisé avec précaution.

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