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L’apprentissage, une solution pour accéder aux métiers de l’agriculture

En 2015, la filière agricole de la région Aura pèse pas moins de 15 000 employeurs pour 2 220 embauches par an. L’apprentissage est une bonne porte d’entrée dans la vie active agricole.

Pour les jeunes de 15 à 25 ans, la filière de l’apprentissage mêle travail pratique sur l’exploitation et cours théoriques en centre de formation.

Avec ses 2 360 apprentis agricoles en région Aura, l’apprentissage reste une bonne porte d’entrée dans la vie active. La filière de l’alternance bénéficie d’un taux d’insertion professionnelle de 86,5% dans le monde agricole au niveau national. Quand on sait que l’employeur bénéficie d’une exonération de charges et d’impôts, on ne voit pas pourquoi les chefs d’exploitation s’en priveraient ! Explications de Lionel Breuil et Anthony Petit, chargés de développement de l'apprentissage en Auvergne, à l’occasion du Sommet de l’élevage.

 

Un apprenti, pour quoi faire ?

Prendre un apprenti, c’est l’idéal pour former la relève ! En plus d’apporter de la main-d’œuvre, l’apprentissage amène du lien social aux agriculteurs travaillant seuls dans leurs fermes, l’échange est important dans les deux sens. Le mélange de générations permet un partage d’expériences : les jeunes aussi peuvent apporter de nouvelles idées sur l’exploitation. Quant au maître d’apprentissage, il est valorisé de transmettre son savoir et il se sent utile d’insérer un jeune dans la vie professionnelle. Plusieurs dispositifs d’aide existent pour permettre aux exploitants de se soulager au niveau du travail quotidien. Une aide générale de 1 000 euros est versée par la Région aux entreprises de moins de 11 salariés, et l’aide très petites entreprises (TPE) apporte un soutien de 1 100 euros par trimestre la première année si l’apprenti a moins de 18 ans à la signature du contrat.

L’alternance, un contrat de travail particulier

D’une durée de 1 à 3 ans, le contrat d’apprentissage est particulier car il permet au jeune d’alterner le travail en entreprise, sous la responsabilité d’un maître d’apprentissage, et l’école en centre de formation d'apprentis (CFA). À la différence d’un contrat classique, il est enregistré par la Chambre d’agriculture dont relève l’employeur. Le salaire correspond à un pourcentage du SMIC, il évolue en fonction de l’âge et du niveau de formation. Concernant les conditions de travail, les majeurs travaillent 35h par semaine et 10h par jour maximum, là où les mineurs sont limités à 8h quotidiennes. Un repos hebdomadaire de 24h doit être respecté pour les majeurs, il est de 2 jours consécutifs pour les mineurs, incluant le dimanche. Le contrat peut être rompu pendant les 45 premiers jours en entreprise, de façon unilatérale. Passé ce délai, il devra l’être d’un commun accord.

Bien évaluer les risques

Dans le Puy-de-Dôme, 22,8% des accidents du travail ont eu lieu dans le secteur des cultures et de l’élevage en 2015. 87% des maladies du travail étaient dues aux affections périarticulaires causées par certains gestes et postures (100% en Haute-Loire). Le maître d’apprentissage se doit d’assurer la sécurité et la santé du travailleur en lui fournissant des tenues et des équipements. Il doit impérativement remplir le document unique d’évaluation des risques, qui balaye les risques courus par l’apprenti (hauteur, animaux, respiration…). Le Code du travail prévoit une interdiction totale de certains travaux dangereux aux apprentis pour prévenir les risques d’accidents du travail, notamment la conduite d’un tracteur non équipé d’un système de protection en cas de renversement et l’utilisation des produits phytosanitaires.

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