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Adasea
L’Adasea du Puy-de-Dôme assoit ses compétences

Malgré des difficultés structurelles et l’arrêt de certains dispositifs de soutiens publics, l’Adasea maintient le cap sur l’installation et la transmission, piliers de son champ d’action.

L'installation et les services aux projets des exploitations et des territoires constituent le cœur de métier de l'Adasea du Puy de Dôme. Trois missions qu'elle a présentées vendredi dernier lors de son assemblée générale

Installation/ transmission
95 installations ont été réalisées en 2006 dans le département, soit 6% de moins que l'année précédente. Le candidat type est âgé de 27 ans. Il s'installe majoritairement en production bovine au sein d'un Gaec avec un revenu disponible de 15 347 ?, légèrement inférieur à celui de l'année précédente. Autre caractéristique: le nombre de candidats disposant d'un BTS ou de diplômes de l'enseignement supérieur sont en régression, «conséquence sans doute de l'abaissement à 18 ans de l'âge de l'installation » précise Sébastien Vidal, président de JA63. La proportion des installations hors cadre familial représente 27 % des dossiers, parmi elles, 60 % se sont concrétisées suite à l'action du répertoire départemental à l'installation (RDI) de l'Adasea. «Ce résultat confirme bien la nécessité de développer le RDI afin de maintenir l'activité agricole, d'assurer le renouvellement des générations et de répondre aux attentes d'accompagnement des porteurs de projets », explique Michèle Delesvaux.
Le Programme pour l'installation et le développement des initiatives locales (PIDIL), l'Aide à la transmission d'exploitation (ATE), la préretraite agricole et l'aide à la réinsertion professionnelle sont autant de dispositifs gérés par l'Adasea en lien avec son service juridique.

Des services pour les projets des exploitations
L'Adasea met ses compétences au service du développement des exploitations à travers notamment la gestion des transferts des droits à produire dans les secteurs bovin et ovin. Ainsi, en 2006, 109 dossiers « cession-reprise » ont été transmis à la DDAF. Parmi eux, 90 concernaient des transferts de droits (2 525,10 droits à prime vaches allaitantes et 2 702 droits à prime ovins) et 19 étaient des mises à disposition dans le cas de GAEC ou de dissolution de société.
L'Adasea gère également les Contrats territoriaux d'exploitation (CTE) et les Contrats d'agriculture durable (CAD) dont le financement en 2006 a été réalisé sur une enveloppe commune CAD/PHAE. La priorité a été donnée au renouvellement de la PHAE des CTE herbagers arrivant à échéance en 2006. Ainsi, seuls 10 CAD ont été agréés l'an passé malgré une forte demande.
2006 a également été marquée par l'évolution de la prestation cartographique liée à la conditionnalité des aides. L'Atlas d'Exploitation vise à aider les agriculteurs dans l'enregistrement de leurs pratiques en conformité avec les règles imposées ou souscrites dans le cadre d'un contrat.
Mais l'évènement marquant de 2006 a été l'arrêt des plans d'investissements et des prêts spéciaux de modernisation ; « un arrêt intervenu dans une période où la demande était pourtant soutenue et contribuait pour beaucoup à financer l'installation de jeunes agriculteurs avec un projet de modernisation de bâtiment» regrette Sébastien Vidal.

Accompagnement des projets de territoires
L'Adasea poursuit ses interventions au service des projets de territoires en lien avec les collectivités locales. Elle intervient dans l'élaboration des contrats CAD avec Natura 2000. Elle conduit les études et les diagnostics du foncier agricole dans différentes zones, notamment dans les secteurs Pays de Courpière, Sioulet Chavanon et Coeur des Combrailles. Sur ces trois secteurs, 32 communes ont été enquêtées sur lesquelles l'Adasea a recensé une centaine d'exploitations sans successeurs identifiés et une centaine de candidats potentiels à l'installation. Ce qui représente près de 5000 ha libérés d'ici quinze ans.

Un nouveau parcours à l'installation


Sébastien Vidal a présenté le nouveau parcours à l'installation qui devrait être applicable à partir de juillet 2008. Il est constitué de trois étapes :
1- Passage du candidat à un guichet unique. Suivi du projet par une personne référencée (conseiller chambre, Adasea, Cac). Autodiagnostic du projet
2- Elaboration du Plan de professionnalisation personnalisé (PPP). Passage devant un comité composé de professionnels et de techniciens: analyse des compétences et de la viabilité du projet
3- Suivi et réalisation du PPP.
Les Jeunes Agriculteurs souhaitent que ce nouveau parcours soit complété par la réalisation de stages qui rem- placeraient le 6 mois et le 40h. « Toute cette partie collective de préparation à l'installation est essentielle pour celui ou celle qui envisage de s'installer. C'est important d'aller découvrir d'autres exploitations et de se nourrir d'autres expériences avant de concrétiser définitivement son projet » indique Sébastien Vidal.


Trois questions à Michèle DELESVAUX, Présidente de l'ADASEA du Puy-de-Dôme

"Relever le défi du renouvellement des générations"
Quel bilan dressez-vous de l'«après » restructuration de l'Adasea du Puy de Dôme ?
Le maître mot pour un agriculteur c'est « adaptation », eh bien pour l'Adasea c'est le même challenge. Nous avons vécu une année périlleuse, chargée de lourdes décisions à prendre pour se rapprocher d'une situation plus saine et équilibrée. Nous assumons nos choix et nos orientations pour conserver au sein du département un outil technique au service du monde agricole.
Forte de 40 ans d'expérience, l'Adasea reste l'outil qui assure l'accompagnement de l'installation, de la transmission et qui accompagne de nouveaux projets sur les exploitations et sur les territoires.
L'intérêt pour la profession d'avoir une Adasea, c'est d'avoir une vision globale des actions et de suivre la mise en oeuvre des politiques publiques. C'est un point fondamental au niveau collectif pour la mise en cohérence des choix de la profession, et au niveau individuel pour le traitement et le suivi des dossiers des agriculteurs.

Quelles sont les lignes directrices de l'Adasea?
Notre coeur de métier c'est l'installation/ transmission. C'est un enjeu majeur au regard des
1400 exploitants qui vont cesser leur activité d'ici cinq ans. Ils libèreront près de 90 000 ha engendrant des conséquences majeures sur la filière et l'économie agricole du Puy-de-Dôme. Nous serons aux côtés des jeunes Agriculteurs pour accompagner de façon technique ce défi du renouvellement des générations avec l'ensemble des structures partenaires. Nous restons la cheville ouvrière de l'installation et de la transmission ; un rôle confirmé par la convention tri-partite nationale (Ministère de l'agriculture, Cnasea, GIE des Adasea de France) signée en mars dernier.

Justement, que prévoit ce nouveau conventionnement des Adasea en matière d'actions ?
L'accompagnement réglementaire des projets des exploitations (MAE, droits à prime, agridiff...) reste un axe important de notre action. En 2006, nous avons investi dans des outils informatiques pour permettre le suivi de ces actions. Cette année, nous poursuivons dans ce sens avec toujours la même volonté d'accompagner les agriculteurs à privilégier la finalité de leur métier : l'acte de production.
Dans le domaine du développement rural, 2007 est une année de transition dans la mise en oeuvre du nouveau règlement. Notre expérience dans l'accompagnement de politiques publiques, notre capacité à les transcrire en actions de terrain, positionnent l'Adasea pour être un relais de l'Etat et des collectivités et un outil de médiation pour la mise en place d'actions pour les agriculteurs au sein d'un territoire.

Qu'est-ce qui motive l'Adasea à s'inscrire ?
Le fait d'inscrire le réseau dans une démarche qualité contribue à mutualiser, optimiser nos compétences et nos coûts, à garantir un service «d'excellence » et une certification de qualité de service auprès de agriculteurs et des donneurs d'ordre. C'est améliorer nos compétences et nos savoir-faire pour mieux participer au développement agricole.

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