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TECHNIQUE
L'ACS concilie performance agro-environnementale et économique

L'Agriculture de Conservation des Sols (ACS) est un retour à l'agronomie où le sol est placé au centre de toutes les attentions pour optimiser toutes ses fonctions.

La couverture permanente du sol par les cultures et les inter-cultures, et l'arrêt du travail du sol en profondeur, sont les éléments moteurs de l'ACS.

L’Agriculture de Conservation des Sols (ACS) est au cœur de nombreuses attentions. Alliant préservation environnementale et efficience économique, cette nouvelle forme d’agriculture répond avant tout aux problématiques d’érosion des sols. Néanmoins, elle n'est pas une agriculture à part entière mais correspond davantage à un ensemble de pratiques complémentaires les unes des autres tout en étant adaptées au contexte pédoclimatique de l'exploitation agricole. Pour Yoann Ginestière, conseiller agronomie à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme "il n'y a pas de système idéal en ACS (...) c'est un peu comme un jeu de brique, plus on en empile plus on se rapproche du but ".

Il ne suffit pas de mettre la charrue au rebut !

L'ACS repose avant tout sur la couverture permanente du sol et l'arrêt du travail profond. L'objectif : ramener de la matière organique en masse et en finir avec les interventions lourdes pour le porte-monnaie, la montre et la biologie du sol. "L'arrêt du travail profond va avoir un effet immédiat sur les charges de mécanisation et le temps de travail." Toutefois, le remisage de la charrue n'est pas aussi simple et fait partie intégrante d'une réflexion à l'échelle de l'exploitation. Yoann Ginestière rappelle " le labour a des effets bénéfiques indéniables sur la gestion des adventices dans les systèmes de cultures où l'on retrouve quatre années de céréales sur six". La suspension nette et brutale d'une telle intervention occasionnera une baisse des rendements "d'environ -15 à -20 qtx/ha en blé" et une augmentation des charges phytosanitaires. La réussite de l'arrêt du labour passe par une refonte complète de la rotation avec une multiplication des espèces en culture et en inter-culture.
L'ACS prend alors forme. Les nouveaux végétaux et la simplification du travail du sol participent à redonner à ce dernier une matière organique de qualité, à réduire son érosion et donc accroître le stockage  du carbone et améliorer l'efficience de l'eau. Simple sur le papier, l'ACS l'est moins sur le terrain. "On ne réussit pas la mise en place d'un tel système en deux ans ! Ceux, qui aujourd'hui, ont des résultats probants sont entrés dans l'ACS il y a plus de 10 ans."

Résultats économiques

Les bénéfices de pareilles techniques sur le sol sont prouvés, pour autant il ne faut pas oublier l'aspect économique. Une exploitation demeure une entreprise. La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a mesuré cet aspect à travers le réseau Descinn' dans lequel deux exploitations puydômoises sont suivies.
Les performances de ces cinq dernières années ont été mesurées et comparées à des exploitations voisines "classiques". " Cette comparaison n'avait de sens que si les deux exploitations avaient un contexte pédoclimatique similaire" explique Yoann Ginestière. Les résultats font état d'une baisse de la consommation de carburant de 20 L/ha en système de culture non irrigué dans les exploitations en ACS. Pour un même temps de travail donné, l'agriculteur travaillera trois hectares contre seulement deux en système labour. En revanche, l'ACS occasionne une perte indéniable du chiffre d’affaires de l'ordre de 200€/ha. Yoann Ginestière contrebalance par "une économie de 100€/ha sur les intrants (engrais, semis...) et une économie des charges de mécanisation et de carburant de l'ordre de 80€/ha". Le conseiller poursuit : "la marge nette en ACS par rapport à un système classique est inférieure de 20€/ha mais si l'on considère que l'agriculteur économise en moyenne une heure de travail à l'hectare (une heure rémunérée) autant dire que ce n'est rien".

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