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La traite à l’estive, une croix sur le confort au profit de l’autonomie fourragère

A Saint-Alyre-ès-Montagne, la traite à l’estive permet à Julien Bapt de valoriser des prairies non mécanisables et de palier aux manques de fourrages de ces deux dernières années.

Assis sur de vieux bidons, le confort de la traite en estive est sommaire pour Julien Bapt.

à plus de 1 200 mètres d’altitude, ce premier jour de juillet semble avoir oublié de passer en mode estival. Ciel plombé et vent frais règnent sur les prairies de Jassy près de Saint-Alyre-ès-Montagne. Pas de quoi décourager les uniques perturbateurs des lieux, Julien Bapt et son associé Thierry Vernaire entament la traite du soir. Les deux producteurs de Saint-nectaire fermier traient deux fois par jour leurs 36 Montbéliardes dans ce bout de Cézallier, à 18 km de leur fromagerie à Besse. Subie plus que choisie, la technique perdure parce qu’elle permet de valoriser des pâtures éloignées du siège d’exploitation et de pallier en partie au manque de fourrages.

Changement de vie

Julien Bapt se passerait bien de traire en plein air. « Je ne crains pas d’être en extérieur mais c’est du boulot de cochon. Le matériel est difficile à nettoyer, on ne peut pas avoir de l’eau très chaude… » S’il pratique encore la traite à l’estive avec son associé, c’est parce qu’ils n’ont « pas vraiment le choix ». L’exploitation, dont le siège est situé à Besse au cœur de la zone AOP Saint-nectaire, compte 80 hectares et aucune parcelle n’est autour du bâtiment. Dans ce contexte, la traite à l’extérieure est inévitable.

Installé depuis 2016 sur l’exploitation, Julien Bapt était auparavant inséminateur. Après 10 ans dans la profession, c’est l’un de ses anciens clients qui lui propose de le rejoindre. Proche de la retraite et sans successeur, ce dernier trouve un associé et un potentiel successeur dans le jeune homme. « J’avais dans l’idée de m’installer un jour. Je ne voulais pas un grand troupeau et faire de la vente directe. » L’exploitation de Thierry Vernaire comptant alors 35 vaches Montbéliardes en plein cœur de la zone Saint-nectaire est une aubaine. Tout s’enchaîne alors rapidement malgré les nombreux défis à relever. « Le troupeau n’était pas très performant. Nous avons tout repris de A à Z. Depuis 2016, nous avons gagné plus de 2 000 Kg/vache. Aujourd’hui, elles produisent environ 6 500 Kg chacune » raconte Julien Bapt. Son expérience d’inséminateur lui permet d’affiner considérablement la sélection génétique des animaux et de revoir la conduite du troupeau. Dans le même temps, les deux associés construisent une fromagerie dans laquelle 27 tonnes de Saint-nectaire blanc sont fabriquées chaque année.

successeur, ce dernier trouve un associé et un potentiel successeur dans le jeune homme. « J’avais dans l’idée de m’installer un jour. Je ne voulais pas un grand troupeau et faire de la vente directe. » L’exploitation de Thierry Vernaire comptant alors 35 vaches Montbéliardes en plein cœur de la zone Saint-nectaire est une aubaine. Tout s’enchaîne alors rapidement malgré les nombreux défis à relever. « Le troupeau n’était pas très performant. Nous avons tout repris de A à Z. Depuis 2016, nous avons gagné plus de 2 000 Kg/vache. Aujourd’hui, elles produisent environ 6 500 Kg chacune » raconte Julien Bapt. Son expérience d’inséminateur lui permet d’affiner considérablement la sélection génétique des animaux et de revoir la conduite du troupeau. Dans le même temps, les deux associés construisent une fromagerie dans laquelle 27 tonnes de Saint-nectaire blanc sont fabriquées chaque année.

L’estive pour élargir ses surfaces de fauches

L’autre défi des deux producteurs, et non des moindres, restent le foncier. « Lors de la constitution du Gaec, j’ai ramené 27 hectares de pâtures qui appartenaient à mon grand-père. Ce sont les estives de Saint-Alyre-ès-Montagne. »

Avant cela, le parcellaire de l’exploitation était morcelé obligeant Thierry Vernaire à traire à l’extérieur. Les terres agricoles sont difficiles d’accès dans la zone Saint-nectaire en raison de la forte demande et des prix. « Nous ne sommes pas autonomes en fourrages. Une année normale il nous manque une centaine de ballots. L’estive nous permet de valoriser des pâtures non mécanisables et d’aug- menter la surface fauchable » explique Julien Bapt. Les deux éleveurs ont néanmoins gagné en confort cette année après l’achat d’un nouveau chariot de traite dans lequel les vaches sont surélevées. Ce même équipement trait les vaches en extérieur l’été et en intérieur l’hiver. Une traite particulière à laquelle Julien Bapt a dû s’habituer, « l’avantage c’est que l’on profite d’un superbe paysage !».

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