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Retour sur..
...La table ronde avec le Chef de l’Etat

Eleveuse de moutons dans le Puy-de-Dôme, Michèle Boudoin était l’une des six participantes de la table ronde, organisée au salon de l’Agriculture avec le président de la République.

Le président de la République a profité du salon de l’Agriculture pour convier six agriculteurs à une table ronde, dont Michèle Boudoin (ici de dos) éleveuse ovins.

Habitué à ce type d’exercice auquel il se prête quasiment lors de chacun de ses déplacements, Nicolas Sarkozy a profité du salon de l’agriculture pour discuter formellement dans le cadre d’une table ronde avec six agriculteurs dont vous étiez. Ce rendez-vous avait-t-il été préparé ?

M.B. : J’ai effectivement été sollicitée par l’Elysée, dans la semaine précédente. Nous nous sommes calés sur les grandes thématiques que chacun allait aborder afin d’éviter les doublons. C’est dans ce cadre que, pour ce qui me concerne, j’ai abordé la question de la contractualisation en insistant sur le fait que l’organisation de la production est importante mais pas suffisante. Il faut aller jusqu’au bout de cette chaine, jusqu’à la grande distribution afin que chacun prenne ses engagements.

 

Sur cette question de l’implication de la grande distribution, les réponses du Président vous ont-elles satisfaites ?

M.B. : Je suis un peu frustrée dans la mesure où même s’il estime nécessaire un meilleur partage de la valeur ajoutée, il ne nous a pas dit comment il allait faire avec la grande distribution. L’observatoire des marges est un outil qui ne sera utile que s’il est assorti d’un code de déontologie. Observer c’est bien mais après on sanctionne comment ? Le président n’a pas répondu sur ce point.

 

Il a toutefois affirmé vouloir être aux côtés des paysans dans le cadre des débats que la profession va avoir avec les Gms. C’est un signe non ?

M.B. : Oui, mais pour la production ovine, l’idée selon laquelle l’augmentation du coût des céréales doit être répercutée sur les prix de vente au consommateur, ne tient pas dans la mesure où l’agneau français est déjà un produit très cher. Ce serait prendre le risque de perdre des parts de marché. Une meilleure répartition des marges et une meilleure lisibilité de tous les maillons de la filière paraissent plus pertinentes.

 

Que pensez-vous de la réflexion du président de la République sur le coût des matières premières ?

M.B. : Il dénonce clairement les phénomènes spéculatifs. Au nom de la présidence du G20, il compte défendre l’idée selon laquelle si quelqu’un veut acheter 15 % d’un marché, il en paye au moins 15 à 20 %. Cette intention de couper court aux tractations virtuelles est une véritable avancée. Reste à faire passer cette idée auprès d’autres pays. Il est clair, qu’il n’est pas seul à décider.

 

Globalement dans son désir de défendre le modèle agricole français, Nicolas Sarkozy vous a-t-il convaincue ?

M.B. : Il s’est montré assez combatif pour défendre les intérêts de l’élevage. Au-delà des discours, les éleveurs attendent maintenant des actes. Le fait qu’il ait remis en lumière les atouts de la prairie est à souligner, au même titre qu’il s’est dit « outragé » par la campagne de France nature environnement.

Ses propos étaient sincères et je pense que le ministre de l’Agriculture lui a bien fait passer les messages. Mais encore une fois, la mise en œuvre de toutes ces bonnes intentions demeure l’objectif.

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