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Sucrerie Bourdon
La sucrerie maintient son potentiel betteravier

Sucrerie Bourdon : bonne campagne pour les producteurs de betteraves qui ont vu leur coopérative confortée par des quotas supplémentaires et leurs productions couronnées de très bons rendements.

Les années se suivent et se ressemblent à la Sucrerie Bourdon qui affiche, cette année encore, un très bon rendement de 79,34 t/ha à 16. «L’un des meilleurs grâce à une richesse particulièrement élevée» a expliqué Christophe Ciecerski, technicien betteravier, lors de l’assemblée générale de la coopérative.
Effectivement, malgré les fortes précipitations du mois de mai 2005 et les gelées de début juin, l’évolution de l’état végétatif des betteraves a été rapide et régulier. Les levées ont été parfaitement homogènes et les désherbages efficaces. Une période de sécheresse en juillet-août a contribué au développement de la richesse en sucre laissant présager un bon rendement annuel. Les conditions climatiques, alliées aux efforts des producteurs, ont été particulièrement favorables à la tare terre qui s’est élevée à 21,6% .
La campagne 2005/2006 a donc été marquée par la production de 341679 qx de sucre et 70 404 hl d’alcool flegmes. La production de sucre se décompose, avec un classement du quota de 13,99 %, en 208 193 qx de sucre A et B et en 133 486 qx de sucre hors quota. De son côté, la production d’alcool a été répartie entre 26 591 hl d’alcool «part de marché» et 43 813 hl d’«éthanol carburant» avec des prix tirés à la hausse par le développement de l’alcool carburant.
Inversement, le prix du sucre quota était à la baisse ; «une baisse qui est la conséquence du déclassement sur la campagne 2004/2005 et de l’accumulation de stocks dans les nouveaux états membres. Ces évènements ont alors provoqué un fort déséquilibre du marché européen et conduit les opérateurs à utiliser le système d’intervention pour plus de 1 700 000 t, dont 1 500 000 t sont toujours stockés par l’UE en ce moment » a indiqué Gérard Greliche.
Valoriser les quotas

Le président de la sucrerie Bourdon a par ailleurs mis l’accent sur l’avenir de la coopérative et sa capacité d’adaptation aux nouvelles conditions économiques de la filière. Un avenir qui s’ouvre grâce à l’obtention de volumes supplémentaires et qui permet à la Sucrerie de bénéficier d’un quota nominal de 49 000 t. « La totalité des betteraves issue de la sole Limagne est ainsi transformée en sucre quota » a indiqué Gérard Greliche. «Nous l’attendions depuis longtemps! Notre détermination, notre démarche constante auprès des élus et avec l’appui de la CGB et des organisations professionnelles régionales ont permis l’attribution, en janvier dernier, de quotas supplémentaires aux sucreries excentrées, dont la nôtre. Ce fut un soulagement ! A nous désormais d’honorer cette attribution et de l’acheter à hauteur de 18 M d’? (1/3 sur fonds propres, 1/3 par emprunt)».
L’attribution de ce quota  a permis d’augmenter les surfaces de 200 ha sur la Limagne, pour la campagne en cours 2006/2007. Les premiers arrachages ont commencé. Ils laissent augurer à nouveau de très bons résultats. De quoi témoigner du réel potentiel de la culture de betteraves dans la région Auvergne.

Gil Rivière Wekstein porte un regard extérieur sur  l’avenir de l’agriculture et sa perception par le public

Comment peut évoluer l’agriculture ?
Gil Rivière Wekstein : « L’avenir de l’agriculture est incertain et dépend de nouvelles choses : la conditionnalité, le devenir des subventions, les négociations à l’OMC*, la demande sociétale et ses nouvelles exigences…Nous avons véritablement à faire face à des objectifs différents de la période après-seconde guerre mondiale. Le traité européen de Rome avait fixé des objectifs cohérents avec les besoins : augmentation de la productivité, niveau de vie équitable pour les agriculteurs par rapport au reste de la population, stabilisation des marchés, prix raisonnables pour les consommateurs… Michel Debatisse qualifiait ces avancées de «Révolution silencieuse». On peut déplorer qu’elles ne  soient pas comprises par le grand public. Et pourtant nous avons le défi de nourrir davantage d’êtres humains avec moins de terres agricoles et des besoins énergétiques croissants. La nouvelle PAC remet en cause ces principes. »

Que peut-on dire face aux accusations portées par le grand public sur «l’industrialisation de la production» ?
G. R.W : « Les gens ont perdu leurs repères, d’autant plus que les professionnels de l’agroalimentaire se réfèrent dans leur communication aux «recettes à l’ancienne», traditionnelles, etc. Pour mieux communiquer, expliquons d’abord quels sont les évolutions de l’agriculture au grand public. Par exemple, en moins d’un siècle, le temps de travail nécessaire à la production d’1 quintal de blé est passé de 1000 h à 1/4 h ! Un agriculteur nourrit aujourd’hui 60 personnes contre 15 en 1960, etc. Le consommateur a besoin de connaître les méthodes de production pour mieux comprendre le «prêt-à-manger» qu’il demande. »

Comment est-on arrivé à cette incompréhension entre les consommateurs et les agriculteurs ?
G. R.W : «La population active agricole est passée de
50 % de la population active au début du siècle, à 3 % aujourd’hui. De plus, il serait nécessaire d’associer davantage les citoyens aux projets agricoles. Le métier d’agriculteur bénéficie d’une certaine sympathie malgré tout : sachons en faire bon usage.»

Propos recueillis par D. Perret

Zoom
La betterave en Auvergne
- 3 721 ha en contrat
- 62,40 t/ha rendement racines
- 19,62 de richesse moyenne
- 79,34 t/ha à 16 de rendement
- 21,60 de tare terre
- 34,5 km de rayon moyen de collecte
- 66 jours de campagne pour l’usine
- 5 018 t/j à 16 de moyenne de coupage
Dans le cadre du plan national d’allocation des quotas d’émissions de gaz à effet de serre, la Sucrerie a restitué au titre de sa consommation de la campagne 2005, 13 166 t de CO2 sur les 17 270 de CO2 affectés au titre de cette campagne.
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