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La Msa Auvergne change de «têtes»

Un nouveau binôme président-directeur est à la tête de la Msa Auvergne depuis le 1er octobre dernier.

Philippe Panel, nouveau président aux côtés du directeur, Jean-Marie Passerieu.

Philippe Panel, agriculteur à Chalus, administrateur «de longue date» à la Msa et président du comité départemental du Puy-de-Dôme remplace Jean-Gilles Chocheyras à la présidence de la Msa Auvergne. Il est secondé à la direction générale par Jean-Marie Passarieu, 43 ans, marié, deux enfants. Cet ancien directeur adjoint de la Msa du Languedoc a auparavant travaillé pendant près de 10 ans au sein de la Caisse primaire d’assurance maladie (Cpam) et la Caisse d’allocation familiale (Caf).

 

Comment réagissez-vous face aux actions violentes à Morlaix et plus récemment à Narbonne ?

Philippe Panel : Ce sont des actions condamnables. La violence n’est pas la solution aux difficultés que vivent les agriculteurs aujourd’hui. Et puis il ne faut pas se tromper de cible ! La Msa est un acteur privilégié au service des agriculteurs, où l’exercice de la démocratie sociale favorise l’écoute et la proximité.

Jean-Marie Passarieu : A travers son réseau d’élus, la Msa sait intervenir et mettre en œuvre des mesures rapides. C’est une chance pour le monde rural et agricole d’avoir son régime de protection sociale sous forme d’un guichet unique. Nos ressortissants ne mesurent pas forcément le bénéfice que cela représente.

 

La Msa est parfois controversée au sein de la profession et notamment par les jeunes…

JMP : La Msa est souvent perçue comme un percepteur alors que ce n’est qu’une facette de son «activité». Quelques chiffres pour mieux comprendre : aujourd’hui la Msa Auvergne appelle 297 M € sur les quatre départements et redistribue 786 M € dans l’économie auvergnate ; la plus grande partie va aux retraites (515 M€) mais aussi vers d’autres prestations : maladie, accident du travail, invalidité, famille… La Msa redistribue donc plus qu’elle ne perçoit. Preuve qu’elle va au-delà de son rôle de percepteur

PP : C’est vrai qu’au premier abord, les jeunes agriculteurs perçoivent la Msa comme un simple percepteur. Certainement que nous devons mieux expliquer le rôle de la protection sociale et ses finalités. Je dis toujours qu’avant d’assurer le tracteur il faut assurer la personne ! Car au regard des investissements -souvent importants- engagés dans l’exploitation, il est impératif d’avoir une couverture sociale de haut niveau, pour soi et pour les membres de sa famille. Les conséquences sont trop graves sinon.

La protection sociale est fragile. N’oublions pas que des agriculteurs ont milité pour obtenir ce régime spécifique et que d’autres s’attachent à le faire évoluer pour mieux accompagner des adhérents.

 

Justement, de quelle manière accompagnez-vous vos ressortissants ?

JMP : Très concrètement nous proposons des prestations aux jeunes agriculteurs qui démarrent leur profession. Des préventeurs, des conseillers, des aides à la formation sont à leur disposition pour mieux définir leurs attentes et améliorer leur outil de travail.

La Msa met aussi à disposition les compétences de conseillers en protection sociale qui interviennent pour faire connaître leurs droits aux adhérents. En cas de crise, nous déployons des mesures spécifiques de prise en charge de cotisations ou d’échéanciers. Enfin, il y a la «Msa service» et ses diverses prestations proposées par des associations génératrices d’une plus-value pour les adhérents. Elles accompagnent les ressortissants dans leur quotidien pour mieux vivre sur le territoire.

 

Quels sont les enjeux des prochaines élections Msa(1) ?

PP : Je rappellerai d’abord que la Msa est le seul régime qui a conservé son système électoral démocratique dans lequel le maillage humain sur le terrain reste un atout fort. Et il faut le garder !

Aujourd’hui le Conseil d’administration de la Msa Auvergne vote le budget mais n’a plus le pouvoir financier qui appartient à la Caisse nationale (ndlr : la caisse nationale verse au jour le jour les financements nécessaires à la caisse régionale). L’élu et le conseil d’administration ont donc désormais de nouvelles prérogatives. Ce sont des Hommes de relais, évaluateurs des besoins locaux ; ce sont des Hommes de terrain capables de tisser un lien direct et de permettre ainsi davantage de réactivité et de prise en charge. L’élu c’est le respect de la personne, une valeur forte à la Msa.

JMP : La place de l’élu Msa va aussi prendre tout son sens dans le cadre de la réforme territoriale. Il y aura toujours ce besoin de vivre sur les territoires. Et l’élu Msa portera ces projets de vie avec d’autres élus.

 

Quelles sont vos priorités d’actions ?

JMP : Nous nous attacherons à la qualité des services, à rendre la Msa performante avec du personnel compétent au service des adhérents. Face à des budgets constants, nous allons développer une relation multicanal (internet, phoning…) et accroître ainsi les moyens humains sur le terrain, en direction de ceux qui en ont davantage besoin.

PP : La Msa Auvergne a beaucoup de savoir-faire mais nous devons mieux le faire-savoir ! La communication est donc aussi une priorité pour nous, faire connaître les offres de service qui font la particularité de la Msa.

Notre démocratie sociale est reconnue, à la fois enviée et surveillée ! Les ressortissants de la Msa doivent en avoir conscience. Si nous voulons défendre les acquis il faut aussi faire évoluer notre entreprise, qu’elle soit capable de s’adapter.

Le taux de participation aux prochaines élections sera déterminant pour l’avenir et la crédibilité de notre régime.

 

(1) Les élections se dérouleront du 12 au 27 janvier 2015.

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