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Production laitière
«La montagne, une opportunité à saisir sans délais»

Installé en production laitière avec son épouse à Ambert, David Chauve milite pour une adhésion massive des producteurs de lait à la démarche «montagne». Il explique pourquoi.

David Chauve, au premier plan sur la photo, est secrétaire général de la FDPL du Puy-de-Dôme et fervent défenseur de la marque «montagne».

Sur quel type d’exploitation êtes-vous installé ?

David Chauve : Nous sommes installés avec mon épouse, à Ambert. Nous disposons d’un troupeau de 75 montbéliardes avec une production de 575.000 litres de lait. Mon père est parti à la retraite en début d’année. Il continue à nous donner un coup de main sur la ferme, mais à terme l’objectif est d’orienter l’exploitation pour réaliser le travail à deux.

 

De quelle manière vous positionnez-vous niveau «investissements » ?

D.C. : Depuis dix ans, nous avons beaucoup investi notamment dans le bâtiment et la salle de trai-te, ce qui nous a permis de bien faire évoluer nos références. Nous sommes actuellement dans une stratégie d’optimisation de notre outil, mais aussi de pérennisation de notre activité, qui passe, selon nous, notamment par l’adhésion à l’association des producteurs de lait de montagne (APLM).

 

Pourquoi croyez-vous à la démarche «montagne» ?

D.C. : Depuis deux ans, je milite pour l’engagement des producteurs dans la marque «montagne», car avec la disparition des quotas en 2015, nos régions vont devoir trouver une solution pour se démarquer des grands bassins laitiers. Nous ne pourrons pas rivaliser en termes de volumes, de coûts de production et de collecte, il nous faut donc trouver une alternative crédible.

La marque «montagne», si elle est portée par les producteurs peut apporter une plus-value, en mesure de sécuriser la collecte demain.

 

Adhérer à la «montagne», c’est donc selon vous, investir pour l’avenir ?

D.C. : En adhérant à l’APLM, les producteurs deviennent acteurs de leur avenir et contribuent à ancrer leur production sur le territoire. Ce n’est pas rien de saisir l’opportunité d’être acteur de son avenir. Personnellement, il me semble aujourd’hui plus judicieux de mettre 300 à 400 euros dans l’adhésion à l’association des producteurs de lait de montagne(1), que de se payer une option pas forcément utile sur un tracteur. Cela ne représente pas une montagne à investir ! C’est le moment ou jamais car il ne s’agit pas d’attendre de regarder ce qui se passe et de se réveiller dans deux ans.

C’est-à-dire…

D.C. : Nous avons bien conscience que l’année 2011 a été riche en rebondissements pour la filière laitière, du fait de la mise en place de la contractualisation. Les producteurs ont été sollicités à plusieurs reprises. Il n’empêche que ce serait une erreur de regarder son voisin faire le chèque d’adhésion à l’APLM, sans en faire autant. Attendre que ça marche pour s’inscrire dans la démarche n’a pas de sens, dans la mesure où c’est l’engagement massif qui engendrera des volumes. Et c’est par le nombre de producteurs et les volumes que nous serons forts dans la négociation face aux grands opérateurs. Ne pas saisir cette opportunité de pouvoir prendre son avenir en main, à travers une marque détenue par les producteurs, serait un sacré aveu de faiblesse. Il est important de ne pas laisser passer cette chance.

 

 

(1) Le montant de la cotisation à l’association des producteurs de lait de montagne pour la campagne laitière 2011-2012 est de 150 euros par tranche de 100.000 litres de quota.

 

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