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Elevage  allaitant
La FNB appelle les éleveurs à reprendre la main sur la commercialisation

Malgré les tentatives de concertation entre les représentants des éleveurs et les exportateurs, aucun signal tangible de sortie de crise est apparu ces dernières semaines. Les prix du broutard et du jeune bovin continuent de plonger.

Julien Denormandie à l’occasion d’une visite de terrain en Auvergne

C’était le 16 octobre dernier. En déplacement dans le Puy-de-Dôme, le ministre de l’Agriculture avait écouté longuement les représentants des éleveurs et les exportateurs confrontés à une différence de vue sur l’état du marché du broutard. Au cœur de la problématique : une baisse du prix des broutards achetés en ferme en France, jugée incompréhensible par les éleveurs, alors que le marché italien de plus en plus dépendant de la France est demandeur, et que l’offre s’est rétractée par rapport à 2019. De cet échange était née une feuille de route : des rendez-vous réguliers entre les différentes parties ont été organisés ces dernières semaines afin de s’extraire du bras de fer. Sans jouer les arbitres, le ministre avait d’emblée indiquer sa volonté " de fixer un cap sur l’organisation, la création de valeur, l’ouverture de nouveaux marchés… " considérant " qu’on ne pouvait pas laisser nos éleveurs, avec des prix du broutard qui ont perdu 20 % de leur valeur en un an ".

Pas d’avancée

Plus de deux mois après, ce vendredi 11 décembre, les représentants de la Fédération nationale bovine sont ressortis amers de la réunion de bilan convoquée par Julien Denormandie à laquelle étaient conviés les groupes d’exportateurs. "Les travaux lancés par le Ministre pour trouver une répon-se à l’actuelle crise du broutard se con-cluent sur un constat sans appel : l’ambition partagée entre les éleveurs et le Gouvernement de mettre le " collectif " de la filière au service de la recherche de valeur pour les éleveurs n’a pas été concrétisée ", indique la FNB dans un communiqué de presse. En témoigne, l’absence de proposition traduisant le début du commencement d’une revalorisation tarifaire. Alors que depuis la mi-juillet le prix du broutard a perdu 42 centimes, soit environ 150 euros par tête, il y a pourtant urgence. La colère des représentants des éleveurs est d’autant plus grande, que " paradoxalement, c’est sur un marché italien qui ne connaît pas de crise majeure que ces animaux sont principalement exportés : selon les chiffres partagés avec le Ministère, les exports français vers l’Italie sont stables sur l’année 2020 (+0,1%) et le prix du Jeune Bovin italien produit à partir du broutard français a augmenté de 8 centimes entre juillet et novembre ".

Sans producteurs, pas d’opérateurs

Ce qui est loin d’être le cas pour le jeune bovin français. Là-aussi, pour les éleveurs le compte n’y est pas avec des prix de vente en retrait d’au moins un euro du kilo pour atteindre le coût de production. " Depuis le début de l’année, nous déplorons un manque à gagner de 450 euros par animal. C’est toute la voie mâle française qui est aujourd’hui à l’agonie ", analyse le président de la FNB, Bruno Dufayet. L’étape de la concertation ayant manifestement échoué, les éleveurs entendent passer à l’action en encourageant les éleveurs à reprendre la main sur la commercialisation de leurs animaux, " en contournant ainsi les opérateurs qui n’ont pas encore pris conscience que sans producteurs ils étaient, eux aussi, destinés à disparaître ".

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