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Passion
La fleur au fusil par passion pour la nature et les animaux

Aurélie Delfosse, jeune femme de 26 ans, est passionnée par le monde de la chasse. Depuis sa plus tendre enfance, elle a observé ce «sport» sans le pratiquer. Pourtant à l’aube de ses 22 ans, elle saute le pas, devenant la première femme «chasseresse» de sa commune.

Aurélie Delfosse aux côtés de Goliath, le petit dernier de la meute.

Une fois son travail de secrétaire dans une entreprise de déménagement achevé, Aurélie Delfosse ne passe pas ses week-ends à faire du shopping. C’est un autre gibier, vivant à plume ou à poils, qu’elle traque à travers les bois de la commune d’Auzon en Haute-Loire. Cet engouement pour ce «sport», majoritai-

rement masculin, a été initié dans son enfance. Il s’est transformé en passion en 2005, après avoir suivi, à maintes reprises, son compagnon lors des journées de chasses. Aujourd’hui rien ne peut empêcher, Aurélie d’aller chasser, piéger ou déterrer. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas le plaisir de tuer, ni de porter une arme qui l’anime, bien au contraire.

 

Naissance d’une passion

Depuis 1988, la mère d’Aurélie est gérante d’un bar restaurant à Jumeaux dans le Puy-de-Dôme. Pour cette petite fille unique, qui aimait déjà être au grand air, sa préoccupation principale était de trouver des occupations. Non loin du bar, elle rencontre un petit garçon du même âge, lui aussi fils unique. Christophe Comte devient alors son meilleur camarade de récréation. De fil en aiguille, entre les cours de danse classique et les partis de jeu, Aurélie va découvrir le monde pour lequel elle se passionne aujourd’hui. « Les premières fois que je suis allée à la chasse,

j’avais 10 ans. Le père de Christophe nous emmenait souvent et, ce que j’aimais le plus, c’était voir les bêtes ! »

En décembre 2004, elle rencontre son compagnon actuel Guil-laume Châteauneuf, lui aussi chasseur. Elle le suit les jours de chasse puis les week-ends.

« Le matin je faisais le pied et l’après-midi je le suivais pour aller chercher le sanglier ». Après deux ans d’observation assidue et de multiples encouragements, Aurélie se lance et obtient son permis de chasser en juillet 2007. Son arrivée dans la société de chasse ne crée pas de commentaire antipathique. Au contraire, les 60 sociétaires ont accueilli ce «sang neuf » à bras ouverts. Depuis, la jeune femme enchaîne à un rythme effréné les saisons de chasse.

 

Prudence chez les téméraires

Aurélie est l’exact contraire de ce que les chasseurs appellent un « viandard ». Les doigts d’une seule main suffisent à dénom-brer le gibier tombé devant son arme. « J’aime me promener dans les bois et voir les animaux. J’utilise très rarement mon fusil. » Cet état d’esprit n’est pas typiquement féminin puisque son compagnon et ses amis vivent cette activité ainsi. « Pour moi et Guillaume, une bonne journée de chasse ne se résume pas au nombre de bêtes au sol. Le principal c’est que les chiens se soient biens amusés et qu’ils reviennent tous entier. » La jeune femme a trouvé dans la chasse le moyen d’exprimer sa passion de la nature et des animaux. Malgré cela, elle sait rester prudente vis-à-vis de ce gibier qu’elle aime admirer. « Un animal blessé ou qui protège ses petits peut être dangereux. On peut se faire charger ou faire blesser les chiens si l’on est trop téméraire. » Pour elle, les chasseurs jouent un rôle primordial dans la régulation de la population de gibiers. Elle estime également que ce rôle ne leur donne pas le droit de tout faire.

 

Une passion à plein temps

Sa philosophie, et son caractère assuré, ont permis à Aurélie d’être désignée par tous les chasseurs d’Auzon pour être garde-chasse. Après une formation de trois jours, elle revêt donc une seconde casquette : « Je n’ai encore sanctionné personne parce qu’ici ça se passe bien. Par contre si j’en prends un à braconner, je ne le louperai pas ! » Lorsque la saison de chasse est terminée, la jeune femme n’est pas au repos. Sur sa commune, elle pratique le piégeage de moins en moins utilisé aujourd’hui. Ainsi elle capture des pies et des martres en surpopulation ainsi que des ratons-laveurs.

Le reste du temps, elle prend grand soin des huit chiens de chasse de Guillaume. Ce dernier lui a offert, il y a quelques semaines, un Gascon âgé de deux mois. Pour l’instant, Goliath ne s’intéresse qu’au bas de pantalons et aux bâtons ! A la prochaine saison il sera fin prêt pour partir chasser avec sa maîtresse et aller rencontrer « les bêtes ».

 

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