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Congrès FNB
La filière viande veut se donner de l’avenir

Le congrès de la FNB se déroule les 13 et 14 février à Clermont-Ferrand. L’occasion d’évoquer les nombreux sujets d’actualité avec Pierre Chevalier, président de la FNB, de revenir sur le poids de la filière dans le Massif central et d’apporter des éléments de prospective.

Point de vue : Pierre Chevalier, « un rééquilibrage indispensable pour légitimer les aides »

Faute de garanties sanitaires suffisantes, l'Europe a décidé, le 31 janvier dernier de suspendre ses importations de boeuf brésilien. Une décision qui doit vous réjouir ?
Sur le fond, la décision conforte les positions que nous avions depuis plusieurs années. A l'initiative de l'Irlande, une mission a été conduite par l'Europe au Brésil, au second semestre 2007. Le rapport issu de cette mission a démontré que les viandes brésiliennes n'offraient pas toutes les garanties sanitaires. Cette conclusion a provoqué une seconde visite d'experts européens en novembre dernier, qui ont confirmé les anomalies, notamment sur des animaux présents dans des zones touchées par la fièvre aphteuse. Des problèmes sanitaires sérieux dans les abattoirs ont également été décelés. L'ensemble de ces éléments ont donc conduit légitimement l'Europe a restreindre fortement les importations en provenance du Brésil.

Cette décision est-elle de nature à vous fournir des arguments dans le cadre des négociations à l'OMC ?
Il est clair que l'ouverture du marché à des produits des pays tiers comme le Brésil, ne respectant pas les normes européennes est incohérente pour la sécurité d'approvisionnement et pour les garanties aux consommateurs (traçabilité, qualité, contrôles sanitaires...). Dans un contexte où nous sommes importateurs nets de 500.000 tonnes de viande, venant du Brésil, l'enjeu est de taille. C'est la raison pour laquelle, il ne faut pas abandonner les droits de douanes à l'OMC, car le risque est une baisse des prix à la production et donc une baisse de la production en Europe, déjà déficitaire.
Si on ne maintient pas les droits de douanes, sur quatre millions de vaches allaitantes, nous en perdrons un million.

La flambée des cours des céréales peut-elle accentuer ce phénomène d'abandon de la production ?
Oui et on le constate déjà. Dans les zones intermédiaires, comme l'Allier par exemple, on pourrait voir des surfaces en herbe devenir des terres cultivées, dans un souci de rentabilité. Et pourtant, il nous faut produire de la viande pour répondre à la demande qui ne cesse de s'accroître. Pour nous, c'est par un rééquilibrage des revenus et des soutiens dans le cadre du bilan de santé de la PAC, que l'on pourra maintenir le cheptel.

Le Congrès de la FNB sera évidemment l'occasion d'aborder le bilan de santé de la PAC. Qu'elle est votre position sur ce sujet ?
Au niveau de la FNB, nous plaidons en faveur d'un soutien spécifique pour l'élevage bovin-viande, et d'un rééquilibrage des aides en faveur des herbivores plus globalement. Nous défendons le principe d'une aide de 300 ? par hectare sur les productions fourragères et le maintien du recouplage de la PMTVA sur tout le territoire national. En regardant de près le revenu agricole 2007, on constate que la moyenne pondérée du revenu par exploitation pour les productions animales est comprise entre 15.000 et 20.000 euros, alors que pour les productions végétales, elle se situe à 60.000 euros. Lorsqu'on apporte un rééquilibrage avec l'herbe, ces moyennes pondérées atteignent 35.000 euros pour les productions animales et 45.000 euros pour les productions végétales.
Le rééquilibrage total n'est donc pas encore atteint.

Est-ce dans le premier pilier de la PAC que doit s'opérer, selon vous, l'équité ?
Oui, cela doit se faire dans le cadre du premier pilier. Nous sommes opposés au redéploiement des soutiens au sein du second pilier de la PAC car d'une part le cadre environnemental inhérent à ce second pilier (développement rural) restreindrait nos capacités de production et d'autre part, parce qu'il nécessite un co-financement avec les Etats membres et nous ne sommes pas sûrs que la France joue le jeu du co-financement. Nous avons d'ailleurs déjà pu le mesurer avec les problèmes de financement qui existent actuellement sur la PHAE, le plan bâtiment...

Vos propositions suscitent déjà le débat entre zones et entre productions. Comment comptez-vous convaincre ?
Dans la mesure où il est question d'une nouvelle répartition des aides, les discussions sont et seront difficiles au niveau national. Mais l'enjeu est de légitimer les aides. Toutes les études économiques prévoient des prix de marchés porteurs sur les productions végétales, il est donc opportun de réclamer une répartition plus juste des soutiens.

 

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