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La filière allaitante puydômoise cumule les aléas

Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB était l’invité d’honneur d’une réunion de terrain de la section bovine de la FNSEA 63.

Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB (à gauche) était l’invité d’honneur de la réunion de la section bovine du Puy-de-Dôme.

Le 18 décembre, la section bovine du Puy-de-Dôme organisait une visite de terrain au Gaec Barrat à La Crouzille. Un moment privilégié pour les éleveurs allaitants du secteur qui ont échangé sur l’actualité de la filière avec leurs responsables syndicaux. Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB, était l’invité d’honneur de cette réunion durant laquelle il est revenu en détail sur la loi Alimentation. Les producteurs puydômois ont fait part de leurs inquiétudes et difficultés. Entre la sécheresse, les prix d’achat toujours au plus bas et l’ambiance sociale délétère envers l’agriculture, leur moral est loin d’être au beau fixe.

La sécheresse encore d’actualité


Au Gaec de Barrat, les deux frères associés Patrick et François Barrat, ont mis les petits plats dans les grands pour accueillir la vingtaine d’éleveurs puydômois venue assister à la réunion. Malgré quelques rayons de soleil, le moral est plutôt « hivernal ». Au cœur des Combrailles, la sécheresse de cet automne a été rude. David Chaize, président de la section bovine du Puy-de-Dôme l’affirme : « les conditions de productions sont particulièrement difficiles cette fin d’année avec beaucoup de fourrages manquants ». Bien que la récente carte des « calamités agricoles » classe la majeure partie de la petite région agricole comme la plus touchée du département, les éleveurs puydômois présents restent sur leur faim. Les sommes demandées par la profession n’ont pas été retenues. « Nous avions réclamé plus de 12 millions d’euros pour soutenir les producteurs du Puy-de-Dôme touchés mais seulement 9,64 millions d’euros ont été octroyés par l’État » regrette David Chauve, président de la FNSEA 63. Les éleveurs d’Auvergne-Rhône-Alpes pourront cependant compter sur une rallonge de 15 millions d’euros de la part du Conseil régional.

Avancer dans le bon sens


Seulement, les aides financières ne font pas tout. « Le prix des animaux est en baisse. En ce moment, il atteint difficilement 3,30€/kg poids carcasse. C’est loin de suffire pour couvrir nos 4,50€/kg de charges de production » explique David Chaize. La filière viande souffre encore et toujours d’un manque de valorisation de ses produits. Malgré la multiplication des initiatives telles que « Eleveur et Engagé » ou le développement de la vente directe, les éleveurs peinent à se tirer un revenu. Cette situation participe à entretenir un climat morose, peu encourageant pour les jeunes. « Comment avoir envie de s’installer quand les retours sur le travail fourni et les capitaux investis sont quasi nuls ? »
A cela, Cédric Mandin apporte quelques réponses. L’administrateur national revient ainsi sur les récentes ordonnances de la loi Alimentation. Enfin votées, ces dernières assure-t-il vont « responsabiliser les acteurs de la filière ». L’éleveur vendéen fait notamment référence à l’ordonnance sur les prix abusivement bas. « Elle permettra de sanctionner les acteurs de la filière pratiquant des prix abusivement bas. Un juge pourra ainsi condamner des prix payés aux producteurs, s’ils sont déconnectés de toute réalité économique. »
Enfin, l’agribashing a encore fait parler de lui. Les attaques répétées des antispécistes envers l’élevage marquent au fer rouge les producteurs puydômois. Plusieurs témoignent se sentir impuissants et désarmés. « Ne vous laissez pas atteindre par seulement 2% de la population française ! Vous n’êtes pas seuls et vous n’êtes pas sans armes. Vous aussi, vous êtes en capacité d’inonder les réseaux sociaux avec des images positives de petits veaux dans la paille fraîche, de vaches appréciant la chaleur de leur étable… »


Mélodie Comte

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