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Fièvre catarrhale ovine
« La désinsectisation est le seul moyen de prévenir la maladie »

Le comité de surveillance FCO regroupant l’ensemble des opérateurs du Puy-de-Dôme s’est réuni lundi. Il s’inquiète des incidences à venir sur la production bovine et ovine.


«Désinsectiser les animaux et les bâtiments le plus rapidement possible » : c'est le mot d'ordre lancé unanimement par les opérateurs commerciaux, les services techniques de l'EDE, du GDS, de la DSV, de la Chambre d'agriculture et le syndicalisme réunis lundi pour faire le point sur les conséquences de la fièvre catarrhale ovine (FCO) dans le Puy de Dôme.

LÉG CARTE
Zone en jaune pâle Périmètres interdits déjà en place sérotype 8
Zone en jaune vif Nouveaux périmètres interdits sérotype 8
Zone en bleu clair Zone réglementée sérotype 8
Zone en bleu foncé Nouvelle zone réglementée sérotype 8

 

La FCO est une maladie

De l'avis de tous les représentants, les éleveurs du Puy-de-Dôme doivent prendre conscience de la nécessité de désinsectiser. "Nous devons prendre toute la mesure de l'ampleur de la maladie qui, à très court terme, aura des conséquences économiques graves sur les exploitations" explique Bruno Chaput. " Les trésoreries sont au plus mal car les éleveurs doivent faire face aux coûts sanitaires, aux achats supplémentaires d'aliments et à toutes les échéances financières de gestion de l'entreprise" précise le président de l'Ede.
«Dans l'immédiat nous sommes confrontés au seul problème de commercialisation des animaux, mais le pire est malheureusement à craindre dès le début de l'année prochaine avec le risque d'apparition de cas cliniques sur le département » s'inquiète Sébastien Vidal, président des Jeunes Agriculteurs. « Au contexte du blocage commercial que nous vivons aujourd'hui, risque de s'ajouter la maladie et toutes les conséquences qu'elle peut entraîner sur la production » surenchérit le directeur du GDS. Cette pathologie provoque en effet des pertes conséquentes en ovins (30 % de mortalité) et en bovins avec, entre autres, une altération importante de la production laitière et une forte atteinte des muqueuses. « Les éleveurs ovins ont la crainte du printemps !» insiste Annick Geneix, présidente de la FDO. « Les petits troupeaux ne sont pas forcément désinsectisés ; l'impact pourrait être alors extrêmement sérieux sur le cheptel départemental. Il faut absolument que tous les éleveurs prennent conscience que nous nous préparons à des problèmes sanitaires majeurs si nous ne désinsectisons pas de façon préventive ».

Prévenir est essentiel

La désinsectisation apparaît donc comme une démarche sanitaire incontournable : d'une part parce que c'est une exigence du règlement européen pour exporter les animaux maigres vers l'Italie, d'autre part, pour limiter l'impact de la fièvre catarrhale sur les troupeaux. « Elle doit être considérée par les éleveurs comme un moyen de prévention garantissant les marchés » insiste Bruno Chaput, président de l'EDE. Un avis que partagent les représentants des négociants et des groupements de producteurs, Socaviac et Bovi Coop, dont l'inquiétude est fortement liée aujourd'hui aux difficultés et aux incertitudes des marchés.
Pour Pierre Rigoulet, président de Covido Bovicoop, « moins nous serons sérieux sur la prévention, plus nous en paierons les conséquences vis à-vis des exportations vers l'Italie » précise-t-il. « Nos clients italiens font des prises de sang à l'arrivée des animaux. Nous avons donc tout intérêt à procéder à la désinsectisation des animaux telle qu'elle est recommandée par le protocole sanitaire européen» martèle-t-il.
De son côté, Gérard Renard, président de la Chambre départementale d'agriculture, enfonce le clou en insistant sur « la nécessité de répondre aux préoccupations immédiates de commercialisation, tout en essayant de gérer l'incidence de la maladie sur la production et l'économie des exploitations».


Accompagner les trésoreries des éleveurs

Invité à prendre part aux échanges, Bernard Favodon, vice-président du Conseil général en charge des affaires agricoles, s'est attaché aussi à défendre la désinsectisation préventive, « c'est une démarche indispensable » a-t-il souligné ; avant d'annoncer que le Conseil général du Puy-de-Dôme allait soutenir les éleveurs dans cette crise.
Première mesure : le déblocage d'une aide de 16 000 euros destinée à la prise en charge de la collecte de sang, mise en oeuvre par l'EDE, le GDS et la Chambre d'agriculture.
Deuxième mesure : la prise en charge de toutes les analyses sérologique et virologique, soit l'équivalent d'une aide d'environ 160 000 euros
Enfin troisième mesure : le conseil général a renforcé les équipes du laboratoire départemental
d'analyses pour pouvoir, d'une part, assurer l'affluence des prises de sang, et d'autre part, être en capacité de réaliser les tests virologiques à partir de ce jeudi 15 novembre 2007.

De son côté, le crédit agricole, par la voix de son représentant Michel Thouly, a rappelé l'aide immédiate de trésorerie à taux réduit mise en place il y a quelques semaines. « Nous restons vigilants ; nous réajusterons notre soutien au cas par cas en fonction des difficultés à venir que rencontreront les éleveurs » explique le président.

En attendant le vaccin ...
Annoncée par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, lors du Sommet de l'Elevage, la recherche d'un vaccin est en préparation. Les résultats sont espérés au printemps, au mieux à la mi-mai 2008.
33 000 doses seraient alors mises à disposition des élevages.
En attendant, les services techniques de la DSV, de l'EDE et du GDS insistent fortement sur l'importance de bien désinsectiser les animaux et les bâtiments et de suivre scrupuleusement le protocole sanitaire européen relatif à la circulation et aux échanges des animaux.
- Animaux en vue d'abattage issus de la ZR(*) : désinsectisation obligatoire des animaux et des moyens de transport. Abattage sous 48 h.
- Animaux d'élevage ou d'engraissement issus de la ZR: désinsectisation au moins 28 jours avant un test sérologique ou au moins 14 jours avant un test virologique et réalisé maximum 7 jours avant le départ. Tests virologiques désormais possibles auprès du laboratoire départemental d'analyse
- Veaux-agneaux moins 30 jours issus d'une ZR ou à destination d'une ZR : désinsectisation à la sortie de l'élevage d'origine. Désinsectisation du moyen de transport. L'atelier d'engraissement de destination doit être un bâtiment fermé et désinsectisé préalablement. Traitement insecticide poursuivi jusqu'au 60ème jour suivant la mise en place des animaux.
(*) Zone réglementée

 

Le Conseil régional devrait soutenir les éleveurs

Alors que cette maladie progresse tous les jours, les organisations agricoles d'Auvergne ont demandé la participation financière du Conseil régional pour faciliter l'exportation des animaux. A l'image de leur voisin de Bourgogne.
Le Conseil régional de Bourgogne a décidé à la fin octobre la mise en place d'une aide directe aux éleveurs pour assurer le financement partiel des virologies.
Cette aide prend la forme d'un versement direct de 10 euros par virologie, qu'elle soit individuelle ou collective. La demande est très simple avec un formulaire d'une page téléchargeable sur Internet.
Pour faire face à la demande, le Conseil régional de Bourgogne a débloqué un fonds d'urgence d'un millions d'euros.
La profession agricole d'Auvergne (1) a demandé au Conseil régional d'intervenir sur le sujet pour permettre le maintien des flux commerciaux vers nos partenaires du sud de l'Europe. Nous espérons une réponse très rapide et bien sûr identique.
Le poids économique considérable des filières, environ 200 000 broutards exportés chaque année par exemple, et derrière les emplois liés, valent bien un effort des collectivités locales.
Il en va de l'avenir des exportations vers l'Italie et l'Espagne, à la fois des bovins mais aussi des ovins.

(1) FNSEA, JA et Chambre régionale d'agriculture

 

Des pertes économiques importantes

A la demande de l'UDSEA, M. Jean-Yves Lallart sous-préfet de Riom et les représentants de la DDAF et de la DSV se sont rendus dans un élevage allaitant du canton de Pontaumur. Gérard Lardy, un des associés du Gaec St Christophe, a exposé les conséquences pour son exploitation du blocage du commerce des broutards avec l'Italie. 33 broutards sont encore présents dans l'élevage. Le coût des dépenses sanitaires spécifiques à la fièvre catharrale est estimé à 1400 €. Les charges en aliments supplémentaires s'élèvent à 1960 €. Avec le financement de la trésorerie et les pertes sur la vente des broutards dans un marché déprimé, le GAEC chiffre à 9000 € la perte économique liée à la fièvre catarrhale ! « Les agriculteurs vont avoir besoin d'un accompagnement financier pour traverser la crise» alerte Bruno Chaput, secrétaire général de l'UDSEA.
Au delà des pertes économiques annoncées, la gestion de la crise et l'attitude des autorités sanitaires italiennes provoquent la colère des éleveurs. En effet, le dernier protocole européen d'exportation négocié par Michel Barnier devait prendre effet au 2 novembre, après plus d'un mois et demi de blocage. Quelques jours avant la date de reprise du commerce, les italiens opéraient une terrible volte-face en fermant de nouveau les frontières pour des raisons irrecevables. « Que le ministre de l'agriculture fasse comprendre aux italiens qu'ils doivent cesser immédiatement de jouer avec les nerfs des éleveurs. Plus de 3000 éleveurs se sont mobilisés une première fois à Charolles. Nous y étions et nous restons mobilisés sur ce dossier» commente Bruno Chaput.

 

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