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La culture du tabac n’a pas dit son dernier mot !

Après l’annonce de la fermeture de l’usine de tabac de Sarlat (Dordogne), la dernière de France, on aurait pu croire la culture du tabac dans le Puy-de-Dôme condamnée à disparaître.

Malgré la fermeture de la dernière usine française de tabac, la production perdure en Auvergne grâce à l’ouverture de nouveaux marchés.

Durant l’été, nous apprenions avec surprise la fermeture de la dernière usine de tabac en France. L’outil détenu par la coopérative Périgord Tabac, et implanté en Dordogne, ferme ainsi ses portes faute d’avoir pu établir des collaborations durables avec les industriels. Pendant plusieurs semaines, les producteurs de tabac d’Auvergne et du Bourbonnais tremblaient à l’idée de voir une filière de plus quitter leur territoire. L’absence d’informations détaillées, sous couvert de confidentialité, laisse également craindre le pire. Thomas Pannetier, président du Syndicat des producteurs de tabac d’Auvergne-Bourbonnais, se livre désormais. « Nous étions en négociation avec des industriels d’où notre silence. Dès l’annonce de la fermeture de l’usine, où était livré l’ensemble de notre production, nous avons reçu le soutien de la coopérative Tabac Adour-Garonne. Grâce à son réseau, nous sommes rentrés en contact avec un industriel italien qui va acheter dès 2020, 100% des tabacs produits en Auvergne et Bourbonnais ».

 

Un nouveau souffle ?

La culture du tabac ne quittera donc pas la région demain. Bien qu’elle soit modeste puisqu’elle ne représente que 33 producteurs pour 58 ha, elle représente malgré tout une certaine valeur ajoutée pour les exploitations. Face à une année 2019 déjà mouvementée, entre un contexte agricole en berne et une sécheresse historique, l’annonce de la fermeture du dernier et unique outil de transformation du tabac, a fait l’effet d’un raz-de-marée. « Nous connaissions les difficultés de l’usine de Sarlat mais nous n’aurions jamais pensé que la fermeture serait si proche. Certains d’entre nous subissent déjà l’arrêt de la betterave, auquel s’est ajouté la suspension de l’irrigation durant l’été pour la zone alimentée par le barrage de la Sep… C’était carrément la panique ! » Heureusement, les choses semblent rentrer dans l’ordre. L’industriel italien achètera la totalité de la récolte 2020 du territoire pour confectionner des « capes à cigarette » (feuille de tabac dans laquelle est enfermée le rouleau de tabac à l’image des cigares NDLR). Un marché de niche pour lequel les producteurs auvergnats ont travaillé dès cette année avec 12 ha engagés. « Le prix d’achat n’est pas très intéressant mais Périgord Tabac compense le manque à gagner. Finalement, nous sommes à 3,5€/kg de Burley. »

D’autres marchés s’ouvrent également aux producteurs avec de nouvelles variétés. « Nous avons une opportunité pour produire du tabac pour la confection du liquide des cigarettes électroniques. Impérial Tabacco a également pris contact avec nous pour relancer de vieilles variétés de tabac. »

Des rendements malmenés

Ces bonnes nouvelles mettent du baume au cœur après une année de production particulièrement chamboulée. La succession des aléas climatiques a eu des conséquences sur la production. « Plus de 35 ha ont été déclarés sinistrés et 9,5 ha ont été totalement détruits » précise Thomas Pannetier. Ces impacts se retrouvent jusque sous les serres. Les tabacs ayant souffert de la chaleur et du manque d’eau, peinent désormais à sécher convenablement. « Dans le meilleur des cas, nous aurons un effeuillage tardif et une livraison tardive. A l’inverse, ils ne seront pas commercialisés. » Malgré tout, Thomas Pannetier l’assure : « tous les producteurs vont replanter en 2020 » !

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