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La coopérative navigue entre prix du lait et investissements

Dans un contexte très chahuté marqué par une grande volatilité, la coopérative laitière a maintenu le cap en 2014 avec un niveau record du prix moyen du lait et un développement maîtrisé.

La section Nord de la coopérative Sodiaal union Massif central -composée des départements de l’Allier, de la Creuse et du Puy de Dôme- a réuni ses adhérents en assemblée générale vendredi dernier à Bromont Lamothe. L’occasion pour le président de la section Jérôme Aubert, épaulé par le président régional Laurent Duplomb et le président de la coopérative, Damien Lacombe, de revenir sur 2014, « une année record en termes de prix du lait et de la collecte » selon Jérôme Aubert.

 

Un prix record du lait

Une année qui a bénéficié aussi de la «concrétisation réussie» de la fusion avec 3A Coop offrant ainsi un nouveau périmètre d’action à la première coopérative laitière française. « Le rachat et le redressement d’Entremont, la consolidation de la filière coopérative (fusions avec Blâmont, Lacopab, La Briarde) et la fusion avec 3A … en 8 ans nous sommes passés de 9 500 à plus de 13 000 sociétaires et avons multiplié par deux notre chiffre d’affaires » se réjouit le président Lacombe.

La stratégie de Sodiaal Union est d’être présente sur tous les métiers du lait en élargissant son mix produit, et d’acquérir une taille critique pour améliorer sa compétitivité en Europe et à l’international. Et le challenge n’est pas aisé ; 2014 ayant mis en évidence la fragilité de la coopérative dans un contexte international d’extrême volatilité. Jérôme Aubert souligne d’ailleurs que «si la première partie de l’année s’est concrétisée par une hausse du prix du lait avec une véritable amorce de la production, la seconde a fait les frais d’un marché totalement déstabilisé. » En effet, à partir de juin 2014, les cours beurre-poudre s’effondrent en raison d’une production mondiale record, du sur-stockage de poudre de lait en Chine et de l’embargo russe. «Près de 250 000 tonnes de fromages ont ainsi été détournées des marchés russes et sont venues saturer le marché européen par ailleurs engorgé par un afflux de poudre de lait » précise le président de section.

300 €, le plancher 2015

Malgré tout, la coopérative a maintenu ses engagements en 2014 en affichant un prix moyen du lait à 364 €/1000 litres (contre 343 €/1000 litres en 2013, 312 € en 2012 et 327€ en 2011 Ndlr). Une année certes « record » dont se félicitent les dirigeants du groupe en restant toutefois prudents quant à l’évolution du prix. «Faire un pronostic sur l’évolution du prix du lait en 2015 reste un exercice difficile ; car comment faire pour ne pas pénaliser les producteurs tout en améliorant les résultats de l’entreprise et se donner les moyens d’investir ? » interroge Laurent Duplomb. Le président de Sodiaal Union Massif central a les yeux rivés sur le nord de l’Europe et sur l’embargo russe, « difficile, dit-il, de prévoir les comportements des marchés. En 2014 nous étions dans une période faste ; en 2015 nous évoluons dans un contexte plus chahuté. Le prix va certainement remonter mais quand ? » et d’annoncer, «le conseil d’administration de Sodiaal a fait le choix de ne pas tomber en dessous d’un prix moyen de 300€ ». Une décision qui ne satisfait pas complètement les producteurs mais qui confirme selon Damien Lacombe qu’ « il faut apprendre à vivre avec la volatilité ».

Améliorer la compétitivité

Ce contexte incite d’ailleurs la coopérative à poursuivre et accélérer ses actions pour à la fois s’adapter à cette nouvelle donne et améliorer sa compétitivité. A ce titre et au-delà des fusions et acquisitions intervenues ces dernières années, Soddiaal Union a travaillé à développer un mode de gestion volume/prix innovant (prévisions de collecte ASAP, double prix/double volume…). En 2014, elle a élaboré les bases de son nouveau contrat coopératif et fait le choix du développement maîtrisé, en concertation avec ses sociétaires. «Ainsi, les producteurs qui le souhaitent pourront produire plus de lait, à condition qu’il y ait un débouché identifié en face de chaque litre collecté, notamment grâce aux marchés gagnés à l’international. En 2014, ce sont plus de 1 600 producteurs qui ont vu accepter leur demande de volumes supplémentaires à produire pour l’après quotas» explique Damien Lacombe. En 2014 toujours, le Groupe a investi 120 millions d’euros pour poursuivre la remise à niveau des outils industriels ; des efforts ont été consentis en termes de qualité de produits et de services ; la réorganisation de Candia et des Fromageries Occitanes s’est poursuivie ; une Direction du Développement international pour accélérer le déve- loppement des ventes dans le monde est aujourd’hui opérationnelle. Pour 2015, le groupe met l’accent notamment sur l’adaptation des producteurs à l’après-quotas, « nous voulons offrir des possibilités de développement à ceux qui le souhaitent tout en préservant les exploitations qui ne souhaitent pas s’engager dans une course à l’agrandissement. Nous nous attachons à un modèle où chacun a sa place, quels que soient la taille de son exploitation, sa situation géographique ou son mode de production » conclut le président de Sodiaal Union.

En chiffres

. Sodiaal Union Massif Central 2014

1 840 producteurs de lait de vache

430 millions de litres de lait de vache - 3,5 millions de litres de lait de chèvre

1 100 salariés (Sodiaal Union + usines)

 

. Groupe Sodiaal 2014

13 sites industriels

13 200 producteurs de lait

4,8 milliards de litres de lait collectés dans plus de 70 départements

5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires

9 400 salariés

Plus de 70 sites industriels.

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