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« La conjoncture est meilleure, les éleveurs doivent en bénéficier »

Fort d’une conjoncture laitière plus favorable, Yannick Fialip, responsable syndical (FRSEA) de la filière Massif central-Aura estime que les entreprises doivent absolument faire redescendre du prix dans les fermes.

Yannick Fialip, éleveur laitier à Espalem en Haute-Loire.

Quel bilan peut-on faire du marché laitier sur les premiers mois de 2018 ?

Yannick Fialip : Aujourd’hui, à la faveur d’une diminution de la collecte sur le plan mondial, la conjoncture est plus favorable. Dès cet été, il y a fort à parier que les cours du beurre flambent à nouveau. Le marché de la protéine retrouve progressivement des couleurs. Depuis le début de l’année, le prix du lait payé au producteur oscille entre 300 et 310 euros/1 000 litres. Ce n’est pas suffisant. Le contexte plus porteur doit aussi bénéficier aux producteurs, d’autant que dans les mois à venir, le prix devrait encore augmenter de 10 à 15%.

 

Force est de constater que les entreprises semblent avoir du mal à comprendre le message…

Y.F. : Malgré plusieurs alertes, elles refusent de mieux rémunérer la matière grasse. Et pourtant, il serait temps de donner un signe aux producteurs en termes de génétique et d’alimentation pour qu’ils soient en capacité de produire davantage de matière grasse dans la mesure où le marché est demandeur. Le débat initié dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation a clairement permis aux transformateurs une meilleure négociation commerciale avec les grandes surfaces. Il serait indécent que les producteurs ne puissent pas en récolter les fruits. Syndicalement, un gros travail a été mené sur la PAC, sur l’accompagnement de l’investissement avec des plans bâtiments régionaux ambitieux, la balle est désormais dans le camp des entreprises pour renvoyer du prix au producteur.

 

Qu’attendez-vous de la Loi agriculture et alimentation ?

Y.F : Les producteurs seront très attentifs aux éléments qui seront validés dans cette loi avec la prise en compte des indicateurs de coûts de production mais aussi les possibilités données aux producteurs de s’organiser collectivement pour négocier le prix du lait soit à travers les interprofessions ou les organisations de producteurs. A ce stade, nous sentons le Gouvernement très frileux. La situation consistant d’un côté à accepter que des GMS puissent se regrouper en créant de gigantesques entités, et de l’autre, taxer d’entente le regroupement de quelques producteurs, n’est plus tenable. À un moment donné, le Gouvernement devra choisir entre soutenir les GMS ou soutenir les producteurs de lait.

 

L’absence de hausse substantielle du prix du lait payé aux producteurs risque-t-elle d’altérer un peu plus la capacité de production de la région Auvergne-Rhône-Alpes Massif central  ?

Y.F : Le phénomène est déjà à l’œuvre, puisqu’en cinq ans, ce grand bassin laitier a perdu 120 millions de litres de lait. Par manque de prix, de main d’œuvre, en raison de l’astreinte, certains producteurs ont souhaité faire autre chose. Pour enrayer l’hémorragie et garder le potentiel de production dans nos régions, la filière doit réfléchir à une meilleure valorisation du lait. Avec les AOP, la démarcation montagne, le lait bio, les démarches qui visent à valoriser les produits de grande consommation…nous avons les outils pour le faire, aux entreprises de s’en emparer. Des territoires qui ont des spécificités doivent pouvoir valoriser différemment leur production, en prenant en considération toutes les valorisations existantes. La démarcation ne fonctionnera que si elle génère une plus-value au producteur. Les entreprises sont encore sur le prix unique France. Si on reste sur cette dynamique, notre région ne résistera pas.

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