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La cessation d'activité s'anticipe au même titre que l'installation

La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a organisé la quinzaine de la transmission, l'occasion pour les futurs retraités de s'informer des démarches à suivre.

Philippe Voyer, conseiller transmission, informe les futurs retraités des démarches à suivre pour cesser leur activité.

Entre droits à la retraite, démarches administratives, mise en vente de l'exploitation, bulletins de mutations... Il n'est pas évident de trouver son chemin vers la retraite dans ce méandre.

La semaine dernière, la Chambre d'agriculture a organisé plusieurs journées d'informations dans différents secteurs du département. L'occasion pour les futurs retraités de recueillir de précieux conseils et de continuer le parcours à suivre avec comme mot d'ordre : «la cessation d'activité s'anticipe».

À Bromont-Lamothe, une quinzaine de personnes a donc fait le premier pas vers ce nouveau projet de vie. Si Philippe Voyer, conseiller transmission, prévient « rester dans le déni, c'est prendre le risque de se retrouver au pied du mur », il n'est pas donné à tout le monde de tourner la page aussi facilement. C'est l'oeuvre de toute une vie que ces futurs retraités s'apprêtent à laisser entre les mains de leur(s) enfant (s) ou au contraire d'un illustre inconnu. La réflexion peut s'avérer longue et laborieuse comme les démarches à suivre. «Il faut se donner le temps de franchir ce cap [...] chaque situation est particulière, il n'y a pas de modèle unique.»

Témoignage d'un jeune retraité

Richard Farghen est passé par toutes ces étapes. À 64 ans, il profite d'une retraite bien méritée depuis un an. Il a préparé la trans- mission de son exploitation plus d'un an avant son départ à la retraite. «Je m'interrogeais depuis longtemps sur : comment j'allais partir à la retraite. Je me suis décidé à sauter le pas et à suivre une formation pour savoir comment faire».

Son exploitation de 65 hectares près de Pionsat a été divisée entre quatre personnes dont son épouse et trois jeunes installés. « Je ne savais pas quoi faire de mon exploitation jusqu'au jour où ma petite voisine est venue me dire qu'elle s'installait. Mon repreneur était tout trouvé, elle a repris 50% de mes terrains. » Deux autres jeunes des environs se portent également candidat à la reprise de ses parcelles. Richard Farghen n'était pas opposé à ce découpage de son exploitation du moment qu'il «profitait à des jeunes installés» même s'il avoue avoir préféré transmettre «l'ensemble d'un seul tenant».

Quant au troupeau, l'éleveur l'a conduit vers une fin moins glorieuse. «Je ne faisais pas de sélection, il n'avait donc aucune valeur si ce n'est en viande. Oui, ça m'a fait quelque chose de les emmener à l'abattoir mais je n'avais pas le choix.»

De son expérience, l'éleveur retraité retient surtout la difficulté des bulletins de mutations, ceux-là même qui permettent à un nouveau fermier de reprendre les terres en fermage. «J'avais beaucoup, beaucoup de propriétaires et les retrouver tous a pris du temps.»

Loin de tout ces tracas, Richard Farghen coule une retraite tranquille et en profite pour s'investir davantage sur son territoire. « Je suis adjoint au maire à Pionsat et président de caisse locale. Je n'ai pas le temps de m'ennuyer. »

En chiffres

Dans le Puy-de-Dôme, plus de 50% des chefs d’exploitations ont plus de 50 ans. La Chambre d’agriculture relève seulement deux installations pour trois départs. En moyenne, le département compte 168 installations par an dont 71% portées par des personnes de moins de 40 ans. L’âge moyen des nouveaux agriculteurs est de 26,5 ans. Ces derniers sont 49% à s’installer en société et 81% sur une activité d’élevage.

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