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« Je ne supporte pas les temps morts »

Sabine Tholoniat est depuis le mois de juin la présidente de la FNSEA 63 et la première femme à occuper ce siège. Eleveuse de vaches laitières et de chèvres, près de Thiers, mère de quatre enfants : portrait d'une femme passionnée.

Sabine Tholoniat, une vie à cent à l’heure pour la présidente de la FNSEA 63.

Sabine Tholoniat a pris en juin dernier la présidence du syndicat FNSEA 63 devenant ainsi la première femme à occuper ce siège. Eleveuse de vaches laitières et de chèvres en Agriculture Biologique près de Thiers, mère de quatre enfants et syndicaliste depuis l'âge de 17 ans, elle revendique son indépendance et compte utiliser sa force de caractère "au nom de la profession et pas d'une quelconque ambition personnelle».

"L'AB : conviction et besoin économique"

Petite-fille et fille d'agriculteurs, s'est tout naturellement que Sabine Tholoniat s'est installée, il y a 15 ans, sur l'exploitation familiale. Un troupeau de vaches laitières et de chèvres compose la ferme de 135 hectares. La jeune fille, armée d'un Certificat de Spécialisation, conserve avec ses parents l'atelier de transformation de fromages de chèvres pour continuer "de profiter d'une meilleure valorisation de la production". L'activité de l'exploitation nichée sur les hauts de Thiers, aurait pu se poursuivre ainsi, tranquillement, mais en 2011 l'affaire de la laiterie Garmy éclate. "A cette époque, on livrait 485 000 litres à la laiterie. Du jour au lendemain, ils ont baissé les prix de 40€/1 000 litres !" Dès les premières confrontations, Sabine Tholoniat est élue présidente de l'association des producteurs de Garmy. Elle bataille ferme aux côtés de ses collègues pour ne pas effacer la dette de l'entreprise vis-à-vis des producteurs et trouver une solution pour collecter le lait. L'affaire se conclut seulement aujourd'hui, en 2020, avec un goût amer pour l'éleveuse. "Nous avons laissé 30% de notre créance à Garmy."

Sodiaal reprend les litrages de l'ancienne laiterie orléatoise et un nouveau tournant s'opère pour le Gaec Le Chabriou. "La coopérative nous a proposé en 2014 de produire du lait biologique. Ayant fait le tour du conventionnel et devant composer avec des terrains séchants difficiles, j'ai décidé de convertir l'exploitation dans le but de rechercher de la valeur, et aussi par conviction." Les troupeaux de vaches laitières et de chèvres sont réduits chacun à une cinquantaine d'animaux.

L'affaire Garmy a marqué au fer rouge l'exploitation mais aussi l'éleveuse. "Le combat a été très dur" se rappelle-t-elle mais la leçon suivante est gravée dans sa mémoire: "les producteurs doivent s'impliquer dans la finalité de leurs produits".

"Apporter des solutions"

Sabine Tholoniat a rejoint le syndicalisme à l'âge de 17 ans en entrant d'abord aux JA. "Participer, voir, discuter et être au fait des actualités agricoles" l'ont encouragée à pousser cette porte et à ne jamais la refermer. Même sa vie bien remplie de mère de quatre enfants, âgés de 13 à 6 ans, n'a pas eu raison de sa détermination. "C'est une vie à cent à l’heure mais je ne supporte pas les temps morts ! " Sur l'exploitation elle peut compter sur sa mère (son père a pris sa retraite en 2019) et ses deux soeurs, salariées à mi-temps, pour "s'occuper des chèvres, de la transformation et faire les marchés". Sabine Tholoniat peut ainsi remplir ses engagements d'élue à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme et maintenant de présidente de la FNSEA 63. A ce sujet d'ailleurs, l'éleveuse au caractère bien trempé, met les choses au clair. "Je sais ce que je veux et surtout ce que je ne veux pas ! Je suis du genre à dire les choses librement et à faire ce que je dis. Je ne supporte pas d'être pilotée." Durant sa mandature, Sabine Tholoniat veut " apporter sa contribution à l'ensemble de la profession" et "se moque de laisser une quelconque emprunte". L'éleveuse souhaite avant tout que "nous (les agriculteurs NDLR) soyons payés au prix juste" et que la profession soit "porteuse de solutions d'avenir, n’en déplaise aux biens pensants parisiens".

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