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Gaspillage des jachères : Stop au non-sens

Fnsea 63 et Jeunes Agriculteurs Puy-de-Dôme ont organisé lundi 17 juin une action syndicale pour dénoncer l'impossibilité d'exploiter les jachères en fourrages dans le cadre de la sècheresse subie actuellement.

Une volonté partagée de bâtir des solutions pour un approvisionnement local en fourrages et une contractualisation gagnante-gagnante.

« Peu de fourrages cette année et peu de paille » et toujours pas de solution de « bon sens » pour utiliser toutes les surfaces exploitables en fauche. Tel était l'objet de l'action syndicale.

Actuellement, les exploitants disposant de jachères ne peuvent pas les broyer jusqu'au 10 juillet. En dehors de cette période, qu'elles soient intégrées dans les SIE ou non, elles ne peuvent pas être récoltées. Les surfaces doivent être couvertes, mais pas utilisées. « En temps normal, passe encore, mais cette année, avoir des fourrages auprès de nous et les voir broyer ce n'est pas entendable », explique cet agriculteur, confronté aux nombreux dires des exploitants de sa coopérative. « Certains de mes collègues en Combrailles notamment ont déjà débuté l'affouragement au champ, d'autres ont ramassé moins de 3 bottes à l'hectare », renchérit-il. Evidemment que la demande tombe sous le sens pour les agriculteurs présents, qu'ils élèvent du cheptel ou qu'ils soient en productions végétales.

Sabine Tholoniat, secrétaire générale adjointe de la FNSEA 63, a rappelé aux médias présents que la profession avait sollicité une dérogation pour l'exploitation des jachères au 15 mai. Lors des relances téléphoniques faites, la DDT s'affirme en faveur de cette demande, mais c'est du ressort du Ministère, car il doit prendre l'attache de Bruxelles pour valider cette dérogation. Mais le temps presse « nous avons déjà eu une sècheresse en 2018 et nous recommençons sur de mauvaises bases cette année », explique cet agriculteur.

La Préfète, également sollicitée pour avoir une réponse, a confirmé que la demande était en cours d'examen à Bruxelles, avec celle d'une trentaine d'autres départements. « Combien de temps devrons-nous encore patienter ? s'indigne Sabine Tholoniat.

Des problématiques partagées

« Cette année, la météo m'a coupé le moral, on n'a pas envie de sortir le matériel pour dépenser plus alors que le temps reste sec », explique cet agriculteur en productions végétales. Aucune des productions ne semble tirer son épingle du jeu pour l'instant. Les blés ne sont pas beaux, 40% de rendement en moins en moyenne, selon les agriculteurs présents. Et si avec l'irrigation, le constat est moins mauvais, il n'est pas réjouissant non plus. « Nous aurons la moitié de paille par rapport à une année normale. Alors donner des jachères pour qu'elles rendent service aux éleveurs, nous avons été les premiers à le souhaiter ! » explique-t-il. Vu le peu de disponibilité en eau depuis l'été dernier, les précédents culturaux ont eu de fortes conséquences : « les blés et maïs implantés après les betteraves ne sont pas beaux, derrière les Cipan, c'est pareil, la végétation a prélevé toute l'humidité ». A ce sujet, la profession entend demander une dérogation à l'implantation des CIPAN. « Nous avons une obligation de résultats avec les Cipan, donc nous devrons les irriguer, en plein mois d'août avec des restrictions, c'est inconcevable.» Les JA et la Fnsea ont demandé au Conseil départemental de réinstaurer l'aide à l'implantation de dérobées. « Ce lien entre éleveurs et céréaliers, nous devons le renforcer, pour contractualiser et s'assurer des deux côtés d'un bon socle de travail », explique Richard Randanne, secrétaire général de la FNSEA 63.

L'eau, une problématique et des solutions

Les journalistes ont interrogé les agriculteurs : « quelles solutions face à la récurrence de ces sècheresses ? », la réponse est unanime : la constitution de réserves et l'irrigation. Devant ces phénomènes d'ampleur, en excès comme en déficit, le stockage d'eau est une solution. « Et même si nous avançons vers des variétés moins gourmandes en eau, la graine aura toujours besoin d'eau pour lever et bien démarrer » explique Serge Bionnier, agriculteur à Riom et qui accueillait l'action.

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