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FRSEA Massif central: « Si on doit encore bloquer les abattoirs, on le fera ! »

Réunis en conseil en début de semaine, les responsables professionnels de la FRSEA Massif central envisagent sérieusement une nouvelle vague de mobilisation pour obtenir une hausse rapide des cours de la viande mais pas seulement.

Patrick Bénézit et Pascal Lerousseau.

Un bref tour de table aura suffit pour mesurer à quel point certaines filières sont actuellement en souffrance. Saluant la mobilisation au pied levé des éleveurs au début du mois de mai pour bloquer le site Bigard de Villefranche d'Allier, Patrick Bénézit, président de la FRSEA Massif central a bel et bien confirmé que cette première salve risquait d'en appeler d'autres. « Les prix en viande bovine ne sont toujours pas au rendez-vous ». Pour Pascal Lerousseau, président de la FDSEA de Creuse et coordinateur du berceau des races à viande, les éleveurs ne sont pas dupes du petit jeu qui se joue indécemment en coulisses.« La concentration de l'aval face à une offre dispersée permet de cadenasser les prix, et à la fin c'est toujours les mêmes qui trinquent ! ».

« Restez mobilisés »

Bien décidé à siffler la fin de la partie, les responsables professionnels envisagent de se mobiliser à nouveau. « Il y a un tel ras-le-bol sur le terrain. Il faut absolument que les choses évoluent », souligne Pierre Ayma de la FDSEA de la Corrèze. Si les premières actions de blocage ont permis au ministre de l'agriculture de prendre la juste dimension de la détresse économique des éleveurs et de leurs revendications et à ce titre des avancées seront peut-être possibles notamment au sujet des cotations, en revanche sur la question crucial des prix, Stéphane le Foll s'est déclaré « incompétent par la loi ». Dans ces conditions, « les éleveurs n'auront pas d'autres choix que celui de l'action ». D'ici le 15 juin, la FRSEA Massif central invite donc tous les agriculteurs à se tenir prêts, car au rythme où va la dégringolade des prix, c'est leur survie qui est en jeu.

Ne pas sacrifier le potentiel

« Il nous faut entre 200 et 250 euros de plus par animal », lance Pascal Lerousseau. La situation est d'autant plus déplorable que le marché de la viande bovine dispose de potentiel. « Tous les experts, depuis plusieurs années, déclarent qu'il y a un véritable « boulevard » pour la viande bovine compte tenu des besoins mondiaux. Des parités monétaires favorables et le haut niveau des prix de la viande bovine dans de nombreux pays importateurs permettent aux entreprises françaises d'être compétitives pour gagner des parts de marché à l'exportation. Alors, qu'attendent les industriels pour se tourner résolument vers l'export si le marché français ne permet pas de rémunérer correctement chacun des maillons de la filière ? », interrogeait, récemment, Pierre Vaugarny, secrétaire général de la FNB. En novembre 2010, le blocage durable des abattoirs aux quatre coins de la France avaient permis de faire bouger les lignes. « S'il faut bloquer à nouveau dans la durée, nous le ferons », insiste Patrick Bénézit.

Une remontée des prix attendue dans toutes filières

La réunion de la FRSEA Massif central a été l'occasion de faire le point sur l'ensemble des filières. Emmanuel Ferrand, président de la FNSEA 03 a ainsi décrit une situation de plus en plus tendue pour les producteurs de céréales avec des cours au plus bas, et d'estimer « que pour eux, alors qu'ils sont entrain de remplir leur dossier PAC, c'est la douche froide car les niveaux de soutien ont diminué ». Du côté des productions spécialisées comme les betteraves, il a souligné qu'en 2015, les prix seront aussi en retrait.

Du côté de la filière laitière, Yannick Fialip, président de la FDSEA de Haute-Loire n'a pas caché son inquiétude sur l'évolution des prix : « On devrait finir l'année, avec des prix de l'ordre de 320 euros/1.000 litres ». Avec de tels niveaux de prix, certains producteurs envisagent « des solutions radicales en choisissant d'arrêter la production laitière au profit de l'élevage allaitant, ou décident carrément de quitter le métier ». Là-aussi le bras de fer risque de s'engager rapidement avec les transformateurs. Les GMS pourraient être ciblées dans un deuxième temps. En filière volailles, Jacky Force président de la section régionale a confirmé « la poursuite de la restructuration tout en se félicitant de prix globalement bons ». Pascal Servier de la commission emploi a expliqué que des négociations étaient en cours pour revoir les accords de groupe en matière de couverture santé. Enfin, Thierry Cubizolles de la section régionale des fermiers et métayers a évoqué le document de communication à destination des acteurs de l'agriculture baptisé « Huit vérités sur le statut du fermage ».

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