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Fragile mais toujours debout, la filière tabac résiste

La section des producteurs de tabac Auvergne-Bourbonnais a tenu son assemblée générale, l’occasion de revenir sur l’année écoulée.

Le tabac récolté cet automne est en cours d’emballage pour être vendu à l’usine de Sarlat.

Malgré une sécheresse handicapante, les 65 hectares de tabac d’Auvergne et du Bourbonnais ont réalisé une belle campagne. En août dernier lors des premières récoltes, la coopérative était peu optimiste quant à la quantité et la qualité des feuilles. Les fortes chaleurs et le manque d’eau de cet été ont impacté le développement des plantes, donnant des pieds aux tailles très hétérogènes.

 

Une belle récolte

Une inquiétude aujourd’hui balayée puisque d’après la technicienne Stéphanie Seguin, le rendement de la campagne 2015 devrait être supérieur à celui de 2014. « Nous sommes certains de dépasser les 2 700 kg/ha de l’année précédente. Nous n’avons pas encore les chiffres exacts parce que les livraisons à l’usine ne débutent que la semaine prochaine. Mais d’ores et déjà, la quantité est là et je pense que la qualité sera aussi au rendez-vous. Les feuilles de tabac ont bien séché, y compris les plus petites, et ont une très belle couleur.» Ces bons résultats sont également le fruit d’une arrière saison clémente. L’absence d’humidité a en effet permis aux producteurs de récolter dans des conditions idéales.

 

Manque de bras

Cependant cette belle campagne 2015 suffira-t-elle à rassembler davantage de troupes ? La section Auvergne-Bourbonnais a perdu 12 planteurs en un an pour seulement deux nouveaux entrés. La filière ne cesse de se déliter depuis plus de cinq ans, sous l’effet d’une démographie agricole vieillissante et de la suppression des aides européennes. Périgord Tabac tente pourtant d’enrayer cette crise des vocations en investissant notamment dans une machine de récolte sur cadre. En fonctionnement depuis plusieurs années, cette récolteuse sera bientôt rejointe par une sœur jumelle en 2016. La coopérative propose également plusieurs soutiens financiers aux nouveaux tabaculteurs comme la location des séchoirs. Un temps de travail à l’hectare réduit, un prix fixe et garanti et un marché en demande, la production de tabac a, selon Jean-Louis Duron président de la section, tout pour plaire. « Contrairement aux céréales, le prix du tabac est stable. Il est vrai qu’il y a quelques années, la production avait des techniques vieillottes mais elles sont aujourd’hui plus modernes. Le temps de travail a été diminué par deux voire trois. Le tabac est une bonne diversification pour une exploitation qu’elle soit conventionnelle ou bio». Au printemps prochain, Périgord Tabac devrait fusionner avec Midi Tabac (Aveyron, Tarn, Lot, Midi-Pyrénées) ajoutant ainsi à sa surface plus de 400 hectares. «Une très bonne chose» pour Jean-Louis Duron qui voit dans ce rapprochement « le moyen de maintenir et renforcer notre filière et nos outils sur le territoire. »

Le tabac français en chiffres

 

- Emplois : 1 100 producteurs dont 20 en bio et 10 000 emplois saisonniers

- Exploitations : Surface moyenne des terres consacrées à la culture du tabac : 1,5 ha (Burley) à 7,9 ha (Virginie)

- Part du tabac dans le revenu de l’exploitation: 40 à 75%

- Surfaces : 3 580 ha dont 1 168 de Burley, 14 de tabac brun (quasi abandonné), 2 315 de Virginie conventionnel, 85ha de Virginie bio.

- Production: 9 200 tonnes (5 800 de Virginie et 3 400 de Burley) exportées dans 20 pays

- La France est le 5e producteur européen derrière l’Italie (50 000 tonnes en 2014 avec une production qui a chuté de moitié en 4 ans), l’Espagne, la Pologne, la Grèce et la Bulgarie

- Production européenne : 200 000 tonnes

- Production mondiale : 6 millions de tonnes

- Premier producteur mondial : la Chine (3 millions de tonnes)

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