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Filières viandes : les différents acteurs dévoilent leur pratique

Du 25 au 31 octobre s’est déroulée la première édition de l’opération de communication «Made in Viande» destinée à permettre au grand public de rencontrer les professionnels des filières viandes depuis l’élevage des animaux jusqu’à la commercialisation des viandes.

Voir aussi la vidéo sur "MADE IN VIANDE" en Haute-Loire en cliquant ici.

 

Qu’en pensent ceux qui ont ouvert leurs portes ? Paul Bony, éleveur de brebis sur la commune d’Olby et Franck Taillandier, boucher-charcutier à Ceyrat s’expriment sur leurs motivations à participer à cette opération et sur le bilan qu’ils dressent de leurs échanges avec le grand public.

 

Pourquoi communiquer sur les métiers des filières viandes ?

Pour Paul Bony, la mise en lumière des pratiques actuelles des éleveurs est justifiée par le souci de relancer la consommation de viande en particulier celle de la viande ovine. La discussion avec le grand public, dont les représentations de l’élevage se fondent souvent en l’absence de lien avec des exploitations agricoles, offrent l’occasion d’ancrer dans la réalité quelques vérités notamment sur les volets sanitaire et alimentaire. En effet, malgré les nombreuses campagnes de communication diffusées pour rassurer les consommateurs, quelques préjugés persistent qu’il paraît important de combattre.

À la boucherie Taillandier, la promotion des filières viandes est une pratique récurrente. Depuis son installation, il y a 10 ans dans le centre-ville de Ceyrat, Franck Taillandier a toujours participé à la «Se-maine du Goût» dont l’opération «Made in Viande» prend le relais.

La communication lui paraît indispensable pour expliquer aux consommateurs les spécificités que présentent ses produits. La qualité de la viande de bœuf qu’il travaille résulte en effet d’un étroit partenariat avec Philippe Blateyron, éleveur de Charolais à Joze, et d’une maîtrise de la maturation en carcasses à l’abattoir.

Enfin, pour ces deux acteurs situés aux extrémités des filières viandes, l’enjeu de l’opération « MADE in VIANDE » est également de communiquer positivement et concrètement sur la modernité des métiers qui leur sont associés. Ces filières recrutent à tous les niveaux, et de nombreux parcours de formation sont disponibles pour y accéder.

Le public était-il au rendez-vous ?

Chez Paul Bony, ce sont essentiellement les grands-parents qui, en cette période de vacances scolaires, se sont déplacés pour montrer un élevage à leurs petits-enfants. Leur curiosité s’éveille au contact des agneaux : que mangent-ils au cours de leur vie ? combien de temps restent-ils avec leurs mères ? ont-ils accès à l’extérieur des bâtiments ? à quel âge s’en sépare-t-on ? Telles sont les questions les plus fréquemment posées par ceux qui découvraient, à cette occasion, le fonctionnement d’une exploitation ovine.

Devant la boucherie Taillandier, les clients actuels et futurs se sont pressés pour déguster différents morceaux de viande et visiter les coulisses de la boucherie : les chambres froides, les outils de coupe, les dispositifs de protection… Ils ont également profité de la présence de l’éleveur partenaire témoignant de la qualité de cette relation au sein de la filière. Quand Franck Taillandier et Philippe Blateyron parlent de leur métier respectif, la passion les transcende qui permet, au quotidien, par des gestes adaptés, d’exprimer le potentiel de chaque animal et d’optimiser la qualité des viandes pour que le consommateur puisse l’apprécier. La noblesse du produit justifie son prix et une rémunération juste et équilibrée des différents intervenants.

Quel premier bilan peut-on dresser ?

L’opération «Made in Viande» a rendu possible une connaissance intime des acteurs des filières viandes. Souhaitons que l’effort de trans-parence sur leurs pratiques actuelles soit un gage de confiance que les consommateurs qui ont participé à cette opération sauront concrétiser à travers leurs actes d’achat futurs. Elle a permis de véhiculer des discours constructifs de la part d’acteurs des filières viandes engagés pour satisfaire les consommateurs.

Il a dit...

Thierry Orcière, éleveur de brebis en Gaec à Lezoux

Cette opération de communication à grande échelle est l’occasion de rencontrer les consommateurs et de leur montrer la manière dont on élève nos animaux. L’actualité n’est pas favorable à la bonne image de l’agriculture. Nos concitoyens sont soucieux de connaître les techniques d’élevage et ont besoin d’être rassurés. La filière qualité est là pour ça. Le consommateur doit aussi être sensibilisé sur les difficultés rencontrées par la profession, les contraintes environnementales, la volatilité des cours, la prédation, etc… Il doit prendre conscience que son choix de « consommer français » est primordial pour maintenir les élevages et pouvoir encore manger de la viande française demain. Notre rôle est aussi de faire de la pédagogie sur les sujets à polémique afin que les citoyens aient une vision éclairée de l’agriculture et puisse choisir en connaissance de cause.

Héléna NOWAKOWSKI

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