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Des vendanges contrastées mais précoces

Les vendanges devraient débuter très tôt cette année, dès la première semaine de septembre. Elles seront toutefois retardées pour les producteurs touchés par le gel et la grêle.

Pierre Goigoux goûte ses fruits avant d’en récolter le précieux nectar.

Le soleil et la chaleur sont bien là, et les raisins murissent à vitesse grand V cette année. Les vendanges devraient débuter dès la première semaine de septembre, contre le 20 l’année dernière. Qu’on se rassure, «on se rapproche des valeurs moyennes», précise Véronique Sarrot, conseillère viticole à la Chambre d’agriculture.

 

Une situation hétérogène et contrastée

Les raisins seront beaux et bons cette année. La sécheresse n’a pas trop impacté les récoltes grâce à des pluies régulières, ni les maladies sauf quelques cas ponctuels. Pour la majorité des viticulteurs, les vendanges devraient être bonnes car les baies sont belles et plus grosses que l’an passé. Les premiers fruits seront ramassés d’ici 15 jours, peut-être même avant pour les parcelles les plus précoces. La cueillette s’étendra jusqu’à début octobre, voire plus tard pour les secteurs tardifs.

Malgré tout, la météo continue de faire ses caprices. Les uns ont été touchés par la grêle de juillet, d’autres par les gelées d’avril, certains par les deux, et les plus chanceux ont été épargnés. La conséquence est le retardement des vendanges et des rendements en berne. Les plus concernés sont les secteurs de Saint Georges et de Gergovie, certains pour la troisième année. «On constate que les viticulteurs ont plus tendance à prendre l’assurance grêle que gel, plus de producteurs sont indemnisés pour ces dommages», explique Véronique Sarrot. L’Etat ne donne rien pour les dégâts assurables, mais il indemnise les pertes de fonds et les conséquences sur l’année N+1.

Un manque à gagner

Il y a tout de même un manque à gagner pour les producteurs. Du côté de Riom - Châteaugay, le gel d’avril a détruit 2,5 hectares à quasiment 100% des vignes de Benoit Montel, Président de la Fédération Viticole. «Peut-être qu’on sortira un peu de raisins sur les gamays bien retardés, mais on verra en fin de saison», optimise-t-il. Du côté de Pierre Goigoux, vigneron à Châteaugay, c’est 25% de la récolte qui est partie en fumée. Les deux producteurs s’accordent, cette année sera petite en rendements jus. «Vu comme c’est parti on aura de petites grappes et de petites baies, on devrait avoir 30 à 40 hectolitres par hectare, contre 40 à 50 l’année passée», constate Benoit. Mais ce qui inquiète le plus Pierre Goigoux, c’est le manque d’eau. Et il tient des comptes pour le prouver : seulement 26 mm sont tombés en juillet, pour un total de 155 mm du 1er mai au 31 aout. «S’il pouvait pleuvoir 20 mm dans les deux semaines, on gagnerait 15 à 20% de récolte en plus», assure-t-il. Conséquence, des fruits déshydratés qui peuvent avoir un manque d’acidité préjudiciable, et une forte concentration en sucre et en matière sèche. Pour le moment, l’heure est aux prélèvements hebdomadaires pour mesurer l’acidité, le pH et l’indice d’anthocyane qui donne sa couleur au vin, avant d’attaquer les vendanges.

Recherche foncier pour s’installer

Pour Benoit Montel, la viticulture puydômoise se porte bien, malgré un manque de volume dû à une carence de foncier. «Le foncier existe car il y a plein de parcelles en friche où l’on ne peut pas faire d’autres cultures que la vigne. Les communes les préemptent, les gens ne veulent pas vendre en espérant qu’ils deviennent constructibles». Pour lutter contre ce manque de foncier, la Fédération viticole a mis en place un partenariat avec la Safer pour créer des îlots conséquents, qui permettront d’installer des jeunes. Les surfaces d’exploitation se maintiennent malgré tout, car les candidats à l’installation reprennent les vignes des jeunes retraités, tout comme Benoit. Et de conclure : «il y a des demandes de jeunes, car les vignobles auvergnats sont plus accessibles pour les petits budgets mais ils sont bloqués par le foncier, ça avance tout doucement».

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