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Laiterie Garmy
Des producteurs laitiers toujours dans l’impasse

L’association des producteurs de la laiterie Garmy s’est réunie le 29 octobre à Thiers, sous la présidence de Sabine Tholoniat.

Mme Imbert (à gauche sur la photo) présente sa mission de cellule d’écoute psychologique, aux côtés de Sabine Tholoniat, présidente de l’association des producteurs de la laiterie Garmy, et de Denis Guérin, vice-président.

Depuis les premières difficultés de l’entreprise Gar-my en décembre 2011, les producteurs constatent avec amertume qu’ils vont avoir fait le tour du calendrier, sans avoir pu mesurer la moindre avancée dans leur situation. Les prix du lait entre décembre 2011 et avril 2012 ont été réduits unilatéralement par l’entreprise entre -30 et -55 euros / 1000 litres. La laiterie est en redressement judiciaire avec phase d’observation jusqu’à fin décembre 2012. Du fait du dépôt de bilan au 22 juin dernier, les livraisons de mai et juin 2012 sont impayées en totalité. Le manque à gagner total pour les producteurs s’élève à 530.000 euros, soit une moyenne de 20.000 euros par exploitation. En moins de six mois, c’est plus que la rémunération annuelle de chaque producteur qui s’est évaporée. Depuis la mise en redressement judiciaire, le lait est à nouveau payé selon les indicateurs de l’interprofession.

 

Pas de signes encourageants

Au cours d’une rencontre avec l’association le 16 octobre, les responsables de la laiterie et le mandataire judiciaire ont confir-mé la poursuite du redressement de l’entreprise. Jusqu’alors, la laiterie collectait 7 millions de litres de lait de vache mais n’en valorisait que 3 millions, le lait d’excédent étant revendu depuis plusieurs années sur le marché «spot», très fluctuant par nature. Le responsable du site de Pont Astier a annoncé un débouché de 500.000 litres supplémentaires qui vient d’être obtenu, ainsi que 500.000 litres encore en négociation. Si l’on ajoute une prévision de cessations laitières à hauteur de 500.000 litres Restent environ 2,5 millions pour lesquels il faut trouver des débouchés.

Pour le lait de chèvre, après avoir envoyé des signaux très négatifs aux producteurs - notamment celui d’avoir obligé les producteurs à livrer eux-mêmes leur lait à Pont Astier - la laiterie annonce qu’elle aura besoin de 100.000 li-tres de lait de chèvre en 2012, objectif qui ne sera pas atteint si on se réfère aux 80.000 litres livrés depuis le début de la campagne de mise-bas ! La laiterie table sur un volume de 100.000 litres en 2013 et se dit prête à reprendre la collecte dans les exploitations, mais sans faire d’annonces sur le prix de ce lait.

Vers un soutien psychologique

La mise de la laiterie en redressement judiciaire a eu pour conséquence de reporter le paiement des créances aux producteurs. Aujourd’hui, la seule consigne est qu’il fait faire le dos rond pour affronter une période difficile qui s’apparente à une guerre des nerfs, comme le fait remarquer Denis Guérin : « les premiers impayés sont arrivés en décembre dernier, ça fait bientôt un an qu’on traîne des gamelles et on n’a aucune visibilité sur l’avenir. Difficile de ne pas se démoraliser dans ces conditions. »

Pour prendre en compte les inquiétudes légitimes des producteurs, Michel Prosic, sous-préfet de Thiers, a proposé le recours à une cellule d’écoute, dispositif qui avait été mis en place à titre expérimental lors de la fermeture de l’entreprise Préciturn à Thiers.

L’association des producteurs a jugé opportun de donner suite à cette proposition, la dimension psychologique n’étant que rarement prise en compte dans l’agriculture. Ainsi, Mme Imbert, psychologue du travail, a participé à la réunion du 29 octobre pour une première prise de contact avec les producteurs et expliquer comment elle peut intervenir. Chaque producteur peut prendre contact avec Mme Imbert, en toute confidentialité et indépendamment de l’association des producteurs ou de la PRA Dore Bois Noirs.

En parallèle, une réunion des techniciens du secteur a eu lieu le 24 octobre pour faire le point sur l’affaire Garmy. Il a été décidé de prendre contact avec chacun des livreurs de lait pour leur proposer une visite et faire le point de situation sur la trésorerie et les échéances à honorer d’ici la fin de l’année, parmi lesquelles les cotisations sociales.

L’association veut obtenir rapidement des engagements de la laiterie sur les modalités de règlement des créances pour permettre aux producteurs de gérer cette période difficile. Les exploitants concernés attendent désormais avec une certaine anxiété la prochaine échéance au tribunal de commerce fin décembre ou début janvier prochain pour être fixés sur leur sort et celui de leur entreprise de collecte.

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