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Végétaux
Des prés secs et des céréales dans leur bain

Où en sont les céréales et les prairies alors que le printemps est déjà bien entamé ? Après la pluie et le froid de 2013 voici venu le temps du manque d’eau de 2014.

Le printemps 2014 est pauvre en herbe du fait du manque d’eau et des températures au dessus des normales durant le mois d’avril. Les éleveurs doivent ensiler au plus vite mais peu de fenêtres d’interventions sont possibles.

C’est à croire que le ciel s’acharne sur les agriculteurs puydômois. Alors que l’on parle encore du printemps 2013 avec sa pluie, son froid et ses trois semaines de retard sur les végétaux, l’année 2014 est à l’exact inverse avec de faibles précipitations. Jusque là, rien de bien méchant ; pourtant les éleveurs font d’ores et déjà les frais de cette météo capricieuse. A contrario, les producteurs de céréales ne s’en sortent pas trop mal grâce à l’irrigation.

 

Peu de fourrages

En plaine, la récolte de l’herbe a débuté mi-avril donnant des rendements bien inférieurs à l’ordinaire. « L’année est avancée de plus ou moins trois semaines. Malheureusement, le manque d’eau des mois de février, mars et avril n’a pas permis de produire du volume. Habituellement, la première coupe permet de réaliser 70% des stocks de fourrage. Cette année, les éleveurs tournent aux alentours de 35% de stock après la première coupe, y compris dans les parcelles avec une pratique de fertilisation correcte» explique Pascale Faure, conseillère à la Chambre d’agriculture. La situation est donc délicate pour les éleveurs qui ne récolteront pas la quantité espérée. «Beaucoup d’éleveurs tentent de récolter davantage de surface. D’autres envisagent de semer des dérobés. Aujourd’hui, nous leur conseillons d’ensiler sans attendre pour récolter de la qualité. S’ils attendent, ils n’auront pas plus de quantité. » Alors que les graminées épient, l’herbe des pâtures se fait, quant à elle, attendre aussi bien en plaine qu’en demi-montagne et montagne. «La décision est difficile à prendre pour la mise des animaux en pâture. Comme pour la récolte de l’herbe, si les éleveurs attendent trop ils perdront de la qualité sans avoir plus de quantité. C’est une année peu ordinaire et le plus inquiétant c’est qu’il s’agit de la deuxième consécutive. »

Des cultures pas si malmenées

Les faibles précipitations des dernières semaines sont loin d’avan-tager les blés. Au stade gonflement, voire de l’épiaison dans certains secteurs, leur besoin en eau est à son maximum. De plus, les relevés de sondes confirment l’assèchement des sols. L’irrigation sur la culture a débuté mi-avril et se poursuit plus que jamais malgré les quelques millimètres de pluies de ces derniers jours.

Côté maïs semence, les pieds femelles ont été semés à partir du 15 avril et sont, à ce jour, entièrement implantés. Les plus avancés ont un stade de quatre feuilles malgré des levées lentes dans certains secteurs. Les températures fraîches du matin et du soir, plus un sol sec n’ont pas avantagé leur croissance.

Aujourd’hui, les pieds femelles ont rattrapé leur retard et vont bientôt voir arriver les pieds mâles à leurs côtés.

Quant à la betterave : tout va pour le mieux. Plus de 90% des semis ont eu lieu entre le 6 et 20 mars pour donner des populations homogènes supérieures à 80 000 pieds/ha. Au stade moyen de huit feuilles, la culture ne souffre pas des faibles précipitations et ne devrait pas être irriguée avant la mi-juin.

Relevés pluviométriques en Auvergne

 

Le mois d'avril a été doux, sec et ensoleillé sur l'Auvergne et plus particulièrement les deux premières décades. L'ensoleillement a été excédentaire (d'environ 15%), les températures au dessus des normales (de l'ordre de 2°C) et les précipitations déficitaires. Les hauteurs d'eau recueillies se situent entre 37 mm et 81 mm en plaine pour atteindre 136 mm sur les reliefs du Mont Dore et du Cantal.

Ces précipitations interviennent généralement durant la dernière décade de ce mois d'avril. Ces précipitations sont déficitaires sur la majeure partie du territoire de l'Auvergne. Le déficit varie de 20 à 40% voire 45% par rapport à la normale. Seules deux régions échappent au déficit : la bordure ouest de l'Allier autour de Montluçon et celle à l'ouest du Puy-en-Velay autour de Fix-Saint-Geneys. Depuis le 1er janvier 2014 (rapport à la normale): l'excédent pluviométrique se limite désormais au département de la Haute-Loire. Le Cantal se trouve tout juste à la normale. Le nord de l'Auvergne regroupant l'Allier et le Puy-de-Dôme est quant à lui légèrement déficitaire. Clermont-Ferrand enregistre depuis le début de l’année un cumul de 120 mm (95% par rapport à la normal), Issoire est à 137 mm de pluie (98%), Saint-Germain-l’Herm à 317 mm (131%) et Saint-Gervais-d’Auvergne à 216 mm (96%).

Source DREAL Auvergne

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