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Des calamités à faire reconnaître sur certains secteurs...

Les températures estivales et l’absence de pluie perdurent. Les conséquences se font sentir dans les élevages et sur les cultures.

Des prés grillés, depuis près d’un mois des éleveurs ont entamé les stocks de l’hiver.

Après une fin de printemps très pluvieuse, les températures élevées de l’été et l’épisode de canicule de début août ont asséché les sols. Les pâtures desséchées ne nourrissent plus les troupeaux. Depuis plusieurs jours déjà, les points d’eau s’assèchent progressivement. On retrouve le phénomène très hétérogène sur l’est des Combrailles, la Limagne ou encore l’est du Sancy ainsi qu'une partie du Livradois Forez.

Pâtures anéanties


Eric Fourtin, éleveur à Combronde témoigne : «Cette année nous avons commencé à distribuer des fourrages dès le début du mois d’août, soit 15 jours plus tôt que l’année dernière». Ne disposant plus de point d’eau dans ses prés, il a été contraint de ramener ses animaux à proximité de la ferme pour pouvoir les abreuver. «La sécheresse de 2003 est restée dans les mémoires, mais la situation de cet été est pire». L’éleveur craint désormais les conséquences de cet épisode sur le potentiel de production fourragère. «Les prairies s’abiment maintenant. On ne pourra pas compter sur un regain de pousse à l’automne». Il espère que le Conseil Départemental renouvellera la mesure mise en place il y a quelques années et qui prenait en charge l’achat de semence de prairie. «Semer un ray-grass agressif en semis direct maintenant permettra de préparer une récolte d’herbe pour le printemps prochain et de reconstituer les stocks de fourrage».

Compensations


Bien que la sécheresse soit générale, son impact est hétérogène selon la pluviométrie du printemps et plus localement selon la répartition des pluies orageuses de ces dernières semaines. «A écouter les témoignages d’agriculteurs, la situation est critique sur certains secteurs et malheureusement souvent les mêmes. Il est important d’identifier précisément les zones concernées et le cas échéant de mobiliser les dispositifs adéquats comme le fonds calamités, voire l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti. C’est une mission de la Chambre d’agriculture» rappelle David Chauve, Président de la FNSEA 63. Il constate également que le phénomène de pluies abondantes voire excessives au printemps, suivies de périodes sèches n'a fait qu'amplifier la situation de ces derniers jours et que «la répétition de ces aléas d’une année sur l’autre pose question !!!» Les secteurs les plus sensibles sont connus. «Au-delà de l’indemnisation, certes utile pour passer le cap, il nous faut trouver des solutions à plus long terme» affirme-t-il. «Nous devons adapter nos systèmes pour les rendre plus résilients à cette évolution climatique mais les marges de manœuvre sont souvent limitées. La Chambre d’agriculture a, là aussi, un rôle essentiel à jouer pour accompagner les agriculteurs dans le changement». Et de conclure « l'alternative la plus pertinente et crédible reste l'irrigation sur au moins une partie des surfaces d’exploitations afin de sécuriser les stocks fourragers ou les cultures, pour offrir un peu de perspectives et de sérénité à des producteurs trop souvent malmenés. Il est alors temps d'alléger les critères d'éligibilité et de lever les barrières administratives pour les porteurs de projets d’irrigation collectifs ou individuels. STOCKER l’eau plutôt que la regarder passer pour pouvoir la rendre quand elle manque relève du pur bon sens ! L'autonomie et la rentabilité de nos exploitations passent par là et il y a urgence !!!».


Fabienne Anthaume

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