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Agronomie
Dephy-Limagne œuvre depuis 10 ans à la réduction des produits phytos

Le réseau Dephy-Limagne a 10 ans et regroupe toujours une dizaine d'agriculteurs désireux d'adapter leurs pratiques culturales pour réduire l'usage des produits phytosanitaires tout en conservant la performance économique de leur système.

Le réseau des fermes Dephy-Limagne a 10 ans. Lancé en 2010 dans le cadre du plan Ecophyto, il regroupe une dizaine d'exploitations céréalières du Puy-de-Dôme qui travaillent depuis  " à la diminution de l'usage des phytos tout en conservant la rentabilité des systèmes de cultures" explique Marine Masson, ingénieure-animatrice du réseau puydômois.

La force du groupe

Le réseau national "Ferme Dephy" rassemble aujourd'hui plus de 3 000 exploitations agricoles engagées dans une démarche volontaire de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Ce dispositif a pour finalité d'éprouver, valoriser et déployer les techniques et systèmes agricoles réduisant l’usage des produits phytosanitaires tout en étant économiquement, environnementalement et socialement performants.
Le groupe Dephy-Limagne entre dans ce réseau. Il est d'ailleurs l'un des premiers à avoir été créé en France participant ainsi un peu plus à la représentativité des fermes nationales. Aujourd'hui 11 agriculteurs, céréaliers en Limagne, sont volontaires pour travailler sur diverses thématiques. "Nous les accompagnons dans la mise en place de différents leviers, adapatés à leur situation pédoclimatique, sociale, culturale ou encore économique, pour réduire leur Indicateur de Fréquence de Traitements (IFT)" témoigne Marine Masson. L'ingénieur et animatrice du réseau conseille et guide les agriculteurs. Ensemble, ils mettent en place des essais, réalisent des formations "très techniques" ou encore des moments d'échanges. "La force du réseau Dephy est de mettre en relation des agriculteurs ayant la même volonté de réduire leur utilisation de phytos. Certains le font par souci environnemental, d'autres économique ou encore pour limiter leur exposition à ces produits. Chacun s'engage volontairement avec ses propres raisons et ses spécificités." Les agriculteurs échangent, se confortent et œuvrent main dans la main dans l'objectif de faire aussi bien avec moins.

"Pas de solution unique et miraculeuse"

Le premier chantier de Marine Masson et de ses agriculteurs a été d'améliorer la qualité de la pulvérisation notamment en bas volume. L'ingénieur a guidé indépendamment les céréaliers pour les amener à traiter au bon moment avec le bon produit et le bon volume. "Nous avons travaillé au choix de la molécule, de l'adjuvant mais aussi à l'observation des cultures et des conditions météo. Dans chaque traitement il y a une fenêtre précise où l'on peut réduire le volume appliqué tout en ayant un maximum d'efficacité. C'est comme le traitement du charançon sur colza: trop tôt il faudra deux passages, trop tard ce sera inutile."
Dephy-Limagne a ainsi testé et adapté toute une série de leviers que "chaque agriculteur s'est appropriée". Ainsi certains ont concentré leurs efforts sur le désherbage mixte tandis que d'autres visent les produits de bio-contrôle. Dernièrement, ils ont lancé une série d'essais contre les pucerons d'automne à l'aide d'un répulsif. L'allongement des rotations, le choix des variétés ou encore la fertilité du sol sont autant de thématiques traitées. "Il n'y a pas de solution unique et miraculeuse à la réduction des produits phytos. La solution tient dans une série de leviers à adapter en fonction de son système pour en conserver toute la performance économique."

Des résultats sur la bonne pente

En 10 ans, 80% des céréaliers de Limagne engagés dans la démarche ont diminué leur usage de produits phytosanitaires. Leur IFT a diminué de 8% en moyenne les plaçant à 75% de l'IFT de référence régionale.

D'aucun penserait ces résultats bien en dessous des efforts fournis mais pour Marine Masson, ils sont le début d'un changement. "Encore une fois il n'y a pas de solution unique mis à part la refonte profonde des systèmes de culture et de l'agro-alimentaire mais quel serait l'impact économique pour les agriculteurs, les entreprises ou les consommateurs ? Un tel changement ne peut pas se réaliser en 10 ans ! La réduction des phytos prend du temps. Nous travaillons avec du vivant."
L'ingénieur précise également que les agriculteurs volontaires ne sont ni rémunérés ni indemnisés pour leur prise de risque. La réduction des produits phytosanitaires tient donc à l'unique volonté d'agir de chacun d'entre eux. "Le réseau Dephy-Limagne est ouvert à tous les agriculteurs désireux de progresser sur ces questions" ajoute Marine Masson.

 

 

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