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Coproduits
De la pomme de terre dans les rations des ruminants

L’abondance de pommes de terre cette année et leurs prix attractifs, méritent de leur porter une attention particulière, notamment dans la situation de déficit fourrager que l’on connaît.

« L’étranglement reste un risque très modéré. Les vaches croquent les pommes de terre au même titre qu’une betterave », note Benoît Rouillé de l’Institut de l’élevage.

Les disponibilités actuelles en pommes de terre, en lien avec une récolte 2011 excellente, rendent son prix intéressant. En effet, le prix d’intérêt de la pomme de terre se situe entre 45 et 55 € la tonne brute. «Aujourd’hui, le surplus de pommes de terre est tel que les producteurs se sont tournés vers les éleveurs de ruminants pour leur proposer à un prix oscillant entre 20 et 25 €/t brute, hors coût de transport », remarque Benoît Rouillé de l’Institut de l’élevage.

D’autre part, ce produit se caractérise par une valeur en énergie importante : 1,22 UFV et 1,2 UFL par kilo de matière sèche, en raison d’un taux élevé en amidon (70%). Ces valeurs sont de 63 g/kg MS en PDIN et de 103 g/kg MS en PDIE. «La pomme de terre entière peut ainsi représenter à la fois une solution au déficit fourrager de ce printemps et permettre de diversifier les rations, que ce soit pour les bovins lait ou viande (vaches, génisses, jeunes bovins ou bœufs) ou pour les ovins. Par ailleurs, il est impératif de prévoir le transport, le stockage, la conservation et la distribution de ces coproduits afin de les utiliser de façon optimale », poursuit ce dernier.

Avant d’utiliser un coproduit dans l’alimentation des animaux, l’éleveur doit définir la place qu’il souhaite lui donner dans son plan de rationnement - solution ponctuelle (sécheresse, stocks insuffisants, prix attractif), ou utilisation régulière. Une fois incorporé dans la ration, il est important de respecter les préconisations de rationnement pour chaque catégorie d’animaux. Ainsi, en vache laitière, les recommandations sont de l’ordre de deux à trois kg de MS dans la ration et de trois kg en jeunes bovins.

Les pommes de terre peuvent être stockées en tas, dans un silo couloir ou taupinière, et doivent être consommées assez rapidement. A la distribution, elles doivent être relativement propres pour ne pas salir l’auge.

« L’introduction ou l’arrêt de la distribution de pommes de terre ou de ces coproduits doit se faire progressivement afin d’éviter des troubles digestifs. L’éleveur doit assurer une transition adaptée d’une dizaine de jours et prévoir les stocks nécessaires. Le produit ne doit pas être distribué la panse vide. Il convient par ailleurs de l’employer de façon continue, sans rupture des apports et sans oublier de toujours vérifier les performances zootechniques. » Lorsque les animaux consomment une grande quantité de pommes de terre, il faut ajouter à la ration une source de fibres (fourrage grossier) pour assurer un fonctionnement normal et efficace du rumen.

 

Les coproduits de l’industrie

« Différents coproduits de l’industrie de la pomme de terre sont également disponibles et utilisables dans les rations des ruminants », note Benoît Rouillé. Les coproduits disponibles se répartissent en deux catégories selon le process à partir duquel ils sont obtenus : les coproduits crus (pulpe de féculerie, screenings, l’amidon cru) et les coproduits cuits (pelure vapeur, purée pelure et purée raclée). Pour des animaux en engraissement, la proportion ne doit pas dépasser 35 - 40 % de la matière sèche totale dans le cas de coproduits crus (25 % chez les vaches laitières) et 30 - 35 % dans le cas des cuits (20 % chez les vaches laitières).

« Les coproduits de la pomme de terre se conservent, sans problème majeur en tas, selon leur consistance. Ceux sous forme de pâte épaisse peuvent être gardés dans un silo couloir ou taupinière. Mais plus le coproduit est liquide, plus il est difficile de l’entreposer en silos. Il est nécessaire de disposer d’une surface étanche. Les coproduits cuits se conservent pas plus de deux mois. Les crus peuvent être gardés sur une durée de trois à six mois. »

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