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Portrait
De la Ferrari à la 2 Cv, il y a de nombreux petits pas

La Jersiaise, petite vache dans tous les sens du terme, a séduit Patrick Ganne, éleveur, pourtant habitué aux grandes Prim’Holstein. Histoire d’une rencontre.

Patrick Ganne ne regrette pas d’avoir adopté la Jersiaise. Plus rustique, elle lui demande moins de temps de travail et produit un lait de meilleure qualité.

Il n’aurait jamais pensé avoir un jour le plus gros troupeau du Puy-de-Dôme ! A Gelles, Patrick Ganne possède 39 vaches laitières de race Jersiaise, toutes inscrites à l’UPRA (Unités Nationales de Sélection et de Promotion de Race). Dans le département, ils ne sont que quatre autres éleveurs comme lui à avoir adopté cette petite britannique. Originaire de l’île de Jersey, au large des côtes françaises, face à la Manche, elle est reconnaissable entre toutes. Petite, la tête mince et le poil couleur fauve, elle ressemble trait pour trait au chevreuil ! Cependant, la bête a plus d’un tour dans sa mamelle. C’est pour cette raison que Patrick Ganne a délaissé peu à peu les Prim’Holsteins.

 

Première rencontre

En 2004, lors d’un détour dans les allées du Sommet de l’Elevage, l’éleveur fait connaissance avec la Jersiaise. Ce n’est pas le physique particulier de la vache qui lui tape dans l’œil mais plutôt ses caractéristiques techniques. «Avec mes Prim’Holsteins, j’avais la quantité mais pas la qualité. J’étais économiquement pénalisé. Je cherchais à introduire quelques vaches avec un très bon rapport TP (taux protéique) et TB (taux butyreux).» Le lait de la Jersiaise atteint des taux records avec 38g/kg de TP et près de 58g/kg de TB. De quoi satisfaire le producteur, mais la taille de la bête le «chiffonne» quelque peu. Avec une moyenne de 1,30 mètre, la vache est 15 cm plus petite que la Prim’Holstein. Loin d’avoir assouvi sa curiosité, Patrick Ganne poursuit son enquête dans les Deux-Sèvres où il visite un élevage. Il finit alors par se décider. Il achète d’abord cinq vaches puis trois autres afin d’entrer à l’UPRA Jersiaise. «J’ai été très surpris à leur arrivée. Elles me paraissaient ridicules à côté de mes Prim’Holsteins ! J’ai craint un instant d’avoir fait une bêtise» explique-t-il. Après plusieurs mois, l’éleveur apprend à connaître ses nouveaux animaux et découvre leurs multiples facettes.

Petites mais solides

Les Jersiaises ont une fertilité plus importante et des aplombs à toutes épreuves. Leur bassin large permet un vêlage facile et leur rusticité les éloigne des mammites. «Les Jersiaises me demandaient moins de temps de travail et de surveillance. En 2007, j’ai décidé de vendre mes Prim’Holsteins pour n’avoir que des Jersiaises.» Patrick Ganne ne se trompe pas. Sur ses 50 ha, il produit actuellement 230 000 litres de lait par an. Ses nouvelles vaches produisent moins, une moyenne de 5 300 litres, mais il dit s’y retrouver économiquement. «Depuis que je les ai, le vétérinaire n’est venu qu’une seule fois pour un vêlage difficile. Les Jersiaises mangent moins et valorisent mieux leur alimentation. La qualité du lait a augmenté et j’ai réduit la facture alimentaire.» Une petite vache aux nombreuses qualités mais qui a aussi ses défauts !

Une mère farouche

L’éleveur a du acquérir des chiens de troupeaux car la vache est rapide et rusée. Sa comparaison avec le chevreuil n’est pas seulement physique ! Réputée pour être particulièrement docile en temps ordinaire, au moment des vêlages c’est une «autre paire de manches.» «Comme les animaux sauvages, elles cachent leurs veaux et vont à l’opposé de l’endroit où elles les ont mis. Les nouveaux nés sont très petits et ont un très bon camouflage. Souvent, la seule manière de les débusquer est de faire rentrer le chien dans le pré. La vache se sent alors obligée d’aller protéger son veau et se rapproche de lui.» Patrick Ganne n’imaginait pas avoir affaire à un tel comportement. Aujourd’hui, il est habitué à passer plusieurs minutes pour retrouver les nouveaux nés.

Cette année, l’éleveur conduira deux de ses vaches au Sommet de l’Elevage pour une présentation de la race. Il attend ce moment avec impatience puisque c’est l’occasion de rencontrer d’autres éleveurs.

En France, la Jersiaise ne fait que peu d’adeptes. L’UPRA compte

3 297 vaches inscrites. Cette britannique séduit davantage nos voisins danois, australiens et néo-zélandais.

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