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Cultures et animaux, dans le même bateau... sans eau

Le temps est chaud et sec et a de lourdes conséquences tant sur les céréales que sur les animaux.

Les premières moissons montrent des rendements en grains corrects mais pas en paille.

Il y a maintenant un mois, nous nous réjouissions de la pluie retrouvée. Aujourd’hui, nous regrettons amèrement cette humidité perdue dont la trop longue absence se fait cruellement sentir sur l’ensemble du Puy-de-Dôme. Que l’on soit céréaliers ou éleveurs, les températures caniculaires de ces dernières semaines ont fait oublier les bienfaits de la pluie. Si les cultures de printemps ont soif, les animaux ont chaud et perdent l’appétit.

 

Limagne Nord, maïs, betterave et moissons

Même avec l’irrigation, les maïs semences pâtissent de cette météo sèche et chaude. La crainte d’une fécondation mal maîtrisée plane sur la Limagne comme l’explique Christophe Cautier, agriculteur à Chappes. « Au-delà de 38°C, le pollen des pieds mâles de maïs n’est plus viable. La pollinisation ne peut donc pas se faire mais ce n’est que dans un mois et demi que nous verrons si oui ou non il y a des dégâts. L’autre problème que nous rencontrons, ce sont des verses à cause du vent. » Si l’irrigation permet de limiter quelque peu les dégâts, elle ne remplace pas les bienfaits de la vraie pluie, de celle capable de boucher les fentes. « Dans certaines parcelles il ne faut pas tomber le téléphone sinon on ne le retrouve pas ! Le sol craque et entraîne avec lui les racines des plantes. Les maïs souffrent, com-me les hommes. Nous sommes en période de castrations et c’est difficile même en attaquant tôt le matin. »

La betterave aussi est arrivée à la limite du supportable d’après Christophe Cicierski, technicien à la sucrerie de Bourdon. « Les betteraves ont bien encaissé la première vague caniculaire mais maintenant il faut qu’il pleuve ! Dans les terres sèches, les plantes ont limité leur développement et commencent à sécher. Dans les terres lourdes irriguées, elles sont plus résistantes. Irriguer permet de limiter les dégâts mais cela devient compliqué quand il n’y a pas de pluie entre les tours d’eau. »

Depuis une semaine, les moissons de blé ont démarré après celles de l’orge et du colza aujourd’hui terminées. Jean-Jacques Mordier, céréalier à Surat évoque les rendements. « Les conditions d’implantations n’ayant pas été idéales, nous nous attendions à ce que les rendements ne soient pas exceptionnels. Néanmoins, ils restent corrects, pour le blé du moins, dans les terres lourdes irriguées. J’ai calculé que les rendements en blés améliorants devraient être compris entre 70 et 80 quintaux. En revanche, je suis plus inquiet pour les éleveurs parce qu’il y a peu de paille. J’ai fait 20 à 30% de paille en moins que d’ordinaire. »

Livradois-Forez, élevage et cultures

A l’ouest, les pluies de juin ont été les plus abondantes mais malgré cela, la situation est aujourd’hui critique comme en témoigne Jean-Yves Ayel, agriculteur à Sauvessanges. « Les pâtures souffrent du manque d’eau et des fortes températures. L’herbe est très sèche, nous commençons à entamer les faibles stocks. De plus, je pense que nous ne pourrons pas compter sur un rendement maïs ensilage exceptionnel. Les plantes sont très basses et celles implantées dans les sols superficiels sont à deux doigts de griller s’il ne pleut pas bientôt. Beaucoup d’entre nous sommes inquiets quant à l’alimentation des animaux. » Car si les prairies pâtissent de ce climat, il en va de même pour les animaux qui supportent mal les températures caniculaires. Une réponse naturelle de leur organisme qui malheureusement est loin d’arranger les affaires des éleveurs laitiers. « Ce temps est néfaste pour la production laitière. Non seulement nous manquons d’herbe mais les vaches perdent l’appétit et ne se nourrissent pas convenablement. Nous avons donc des pertes de lait importantes tant en quantité qu’en qualité. Dans un contexte de prix du lait déjà difficile, cette situation n’arrange rien.» Quant aux céréales, les rendements des premières orges d’hiver moissonnées paraissent corrects selon l’éleveur.

En revanche, il est plus inquiet pour le triticale et le blé qui, même à 900 mètres d’altitude, ont souffert des grosses chaleurs.

A cette heure, l’estimation des premières récoltes est fixée aux alentours du 20 juillet.

Limage Sud, Nord et tabac


Une situation similaire en Limagne Sud où Antoine Renard, éleveur laitier près d’Issoire n’a pu reconstituer ses stocks de fourrages. « Depuis le mois d’avril, nous n’avons bénéficié que 80 mm de pluie. La récolte de foin n’a pas été optimale et nous avons surtout connu une importante baisse de rendement sur la luzerne. Nous ne ferons pas de troisième coupe sur cette dernière parce qu’elle n’a pas repoussé et il n’y aura pas non plus de seconde coupe dans les prairies naturelles. Quant aux maïs ensilage, ils ne sont pas bien développés. Je pense qu’il va nous manquer environ quatre tonnes de matières sèches. » En Limagne Nord, Jean-Louis Duron agriculteur à Aigueperse voit également ses prés jaunir rapidement. «Nous avions fait beaucoup de foin en 2014, et nous l’avions stocké ! Les récoltes de cette année sont moindres mais de meilleures qualités. Nous pourrons toujours nourrir nos animaux mais c’est toujours ennuyeux de devoir donner du foin au pré si tôt dans l’été. » Si l’éleveur n’est pas trop inquiet, il l’est en revanche davantage pour ses parcelles de tabac. L’hiver humide a déstructuré les sols créant de mauvaises conditions de plantations au printemps. «Les pieds de tabac n’ont pas raciné convenablement. Avec le manque d’eau cela se ressent. Les plantes se sont développées lentement même sur les parcelles irriguées. Notre plus gros problème reste les fortes chaleurs qui risquent de faire monter les plantes à fleurs, raccourcissant leur période de croissance. Nous risquons d’avoir peu de feuilles. »

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