Aller au contenu principal

Covido Bovicoop
Construire de nouvelles stratégies, mais pas tout seul

La coopérative Covido-Bovicoop a connu une année 2012 difficile. Pour rebondir, la structure regarde sérieusement du côté de l’engraissement.

L’élevage est en souffrance. La récente manifestation du 12 avril, conduite par le réseau FNSEA-JA aux quatre coins du territoire, a multiplié les preuves du sentiment de désœuvrement des éleveurs. Alors certes, les prix se sont redressés depuis plusieurs mois, mais difficile de percevoir l’amélioration des résultats économiques, quand cette hausse est instantanément grignotée voire entièrement absorbée par des charges toujours plus lourdes en matières premières, en énergie…

Du côté des outils, les difficultés apparaissent comme grandissantes. Les responsables de la coopérative Covido-Bovicoop, réunis, vendredi dernier, en assemblée générale, à Champs, dans le Puy-de-Dôme, en savent quelque chose. 2012 restera une année compliquée pour plusieurs raisons, comme l’a rappelé le président, Jean-Luc Desnoyer : «Avec d’une part, une baisse importante de la production qui n’est pas sans conséquence sur l’approvisionnement des outils, et d’autre part, une répercussion des hausses tarifaires toujours difficiles à imposer à nos clients. Ajoutez à cela un marché à l’export sur l’Italie en forte diminution du fait d’une conjoncture économique très dégradée dans ce pays, des garanties de paiement réduites voire inexistantes chez de plus en plus de clients, une exportation vers les pays tiers de plus en plus aléatoire qui fluctue au gré des marchés mondiaux et des évènements géopolitiques». Difficile de rester optimiste dans un tel contexte.

Engraissement

Pour autant, la coopérative, fort de résultats malgré tout, satisfaisants, veut croire encore en l’avenir. Un avenir qui selon elle, passera par le développement de l’engraissement sur le territoire.

«Nous avons des atouts avec de nouvelles opportunités concernant les bâtiments photovoltaïques, des possibilités de financement des animaux mis à l’engraissement par le fonds national pour l’élevage, et surtout des contrats avec garantie des coûts de production au niveau de notre groupe Sicarev», a expliqué Jean-Luc Desnoyer, qui déplore cependant la suppression arbitraire de l’enveloppe de 8 millions d’euros promise par l’Etat en 2012 destinée à l’engraissement(1).

Parallèlement, Covido-Bovicoop souhaite maintenir et renforcer le cap de l’exportation au sein de Deltagro Union, entité dédiée à l’export, créée à l’initiative de Sicarev. En juillet 2012, le groupe cantalien Altitude et le groupe Synergie œuvrant dans le Sud-Ouest ont rejoint Deltagro Union. Avec 190 000 animaux commercialisés, la structure a consolidé sa place de leader en exportation d’animaux vivants. De nouvelles négociations sont en cours avec des structures du bassin limousin. «Il est impératif que nous sachions créer une structure coopérative d’exportation d’envergure nationale. C’est une obligation si nous voulons avoir une offre suffisante pour intéresser nos clients étrangers solvables et pouvoir exporter en direct sur les pays tiers par bateaux complets», a insisté le président de Covido. La coopérative représente actuellement la moitié de l’activité maigre du groupe Sicarev.

 

Le distributeur doit s’engager

Sur le volet contractualisation, les choses continuent d’avancer. Pour faire face à la baisse et surtout à la saisonnalité de la production, Covido a développé des contrats de production avec garantie de prix. Néanmoins, «les risques financiers nous obligent à contingenter ce type de contrats», a souligné Jean-Luc Desnoyer, qui estime que «les structures économiques et d’abattage ne peuvent supporter seules ces risques ». Et d’appeler encore une fois à une répercussion effective des coûts de production sur le produit final, engageant le distributeur. «Même si nous voyons ici ou là quelques essais avec certains distributeurs en mal de communication, cela concerne toujours des volumes d’animaux très limités». Moralité, il est urgent de revoir la LME et de s’assurer de sa mise en place réelle.

 

(1) Dans le cadre du plan national de soutien à l’élevage, 40 millions d’euros viennent d’être affectés à de nouvelles aides animales couplées en 2013 pour les récents investisseurs et récents installés. Parmi ces 40 millions d’euros, 8 seront destinés à l’engraissement de jeunes bovins (60 euros par animal avec plafonnement). Les dossiers sont à déposer dans les DDT avant le 15 mai 2013.

En chiffres

 

Avec 52 394 animaux commercialisés sur l’année 2012, Covido-Bovicoop a enregistré une diminution d’activité avec -5,3% d’animaux commercialisés, après avoir connu en 2011, une augmentation record de 15%. Cette diminution d’activité a été moins prononcée en animaux viande (-5%), qu’en animaux maigres (-6%) ; quant à l’activité «veaux de huit jours», elle est restée globalement stable.

En 2012, Covido-Bovicoop affiche un chiffre d’affaires de 60 743 441 euros, en progression de 5% malgré une baisse d’activité de 5%, qui s’explique par une forte progression des cours.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout L'Auvergne Agricole

Les plus lus

Le secteur du Sancy a vu sa fréquentation touristique bondir cet été.
«Les touristes ont visité l'ensemble du Sancy »
Le Sancy a été plébiscité par les touristes étrangers et locaux durant l'été. Luc Stelly, directeur de l'Office du tourisme…
Alexandre Maffre est l'un des 20 céréaliers de Limagne a produire de la luzerne pour les producteurs de Saint-nectaire.
De la luzerne de Limagne pour les producteurs AOP de montagne
Les céréaliers de Limagne cultivent de la luzerne pour les éleveurs de montagne : le projet audacieux est porté collectivement…
Rendez-vous jeudi 24 septembre dès 9 h 30 à l’INRAE de Laqueuille (Les Fumades), inscription au 04 73 65 92 69.
11ème édition de l’Herbe de nos Montagnes, jeudi 24 septembre à l’INRAE de Laqueuille
L’Herbe de nos Montagnes illustre la dynamique entre la recherche, le développement et les agriculteurs autour du thème de l’…
Déclaration de ruches - Campagne 2020
Chaque année, les apiculteurs sont invités à déclarer leurs colonies d'abeilles auprès de la DGAL du 1er septembre jusqu'au 31…
Thomas Pannetier et Stéphanie Seguin devant une rangée de tabac Brun. Variété rustique, le Brun demande peu d’eau. Il possède une haute teneur en nicotine. Son stockage et séchage sont simplifiés.
Le tabac aussi mise sur le haut de gamme
Malgré les bouleversements qui ont impacté la filière tabacole ces dernières années, les planteurs du Puy-de-Dôme et de l’Allier…
Jérôme Aubert, président de Sodiaal  section Nord  Massif central, sur son exploitation.
Sodiaal multiplie les investissements en 2019
L'assemblée générale de la section Nord Massif central de Sodiaal, statuant sur l'activité 2019, s'est tenue mercredi 9 septembre…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site de l'Auvergne Agricole
Consultez les revues de l'Auvergne Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Auvergne Agricole