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Colère et grande détermination des agriculteurs à Orléans

En colère contre une réglementation de plus en plus lourde et des contraintes environnementales de moins en moins justes, les agriculteurs crient leur ras le bol à Orléans.

Alors que le préfet de Région Centre et coordinateur du bassin Loire Bretagne, Pierre-Étienne Bisch, devait annoncer officiellement mardi 16 septembre, à la préfecture d'Orléans, l'extension des zones vulnérables, les agriculteurs des régions Centre et Auvergne, ont exprimé ensemble leur «ras-le-bol» contre le «trop plein de réglementations». «Aujourd'hui les contraintes qui nous sont imposées s'empilent tellement vite qu'on ne sait même plus où on en est. On termine de se mettre aux normes, de faire des investissements qu'il faudrait déjà en lancer d'autres parce qu'une nouvelle réglementation est annoncée... on marche sur la tête ! » dénonçaient les jeunes agriculteurs. Pour certains d'entre eux, l'impact est tel qu'il remet en cause leurs projets d'installation.

«Qu'on nous laisse travailler !»

Ainsi à l'appel des FRSEA Centre et Auvergne, ils étaient près de 800 agriculteurs venus de 36 départements à manifester dans les rues d'Orléans. Dès 10h30, une cinquantaine de tracteurs convergeait dans le centre-ville, perturbant fortement la circulation au niveau de l'agglomération. Plus tard devant le théâtre de la ville, les agriculteurs se sont rassemblés autour de leurs représentants syndicaux. « Trop c'est trop ! Y'en a marre ! On voudrait tuer l'agriculture française qu'on ne s'y prendrait pas autrement !» entendait-on dans le cortège. «L'élargissement des zones vulnérables et la sanctuarisation qui en découle sont économiquement insupportables pour les agriculteurs. Nous demandons une remise en cause totale de cette décision » ont martelé les dirigeants des FRSEA. Dans les rangs, Yannick Fialip agriculteur en Haute-Loire et membre de la délégation auvergnate venue manifester aux côtés des collègues du Centre scandait «Nous sommes déterminés... nous ne voulons pas de cette directive injustifiée, notamment dans des zones comme le Massif central. Cette décision n'a pas été réfléchie dans un sens agronomique ; c'est seulement une sanction écologique.».

A pied et en tracteur, le cortège s'est ensuite rendu jusqu'à la médiathèque d'Orléans devant laquelle pommes de terre, oignons et fumier ont été copieusement déversés ; puis devant la cathédrale où un blocus était mis en place en attendant qu'une délégation ne soit reçue en préfecture.

Ce mardi 16 septembre, les agriculteurs l'ont fait savoir : ils ne lâcheront rien ! Et d'autres mouvements seront organisés si le gouvernement n'entend pas leurs doléances.

Réactions

Ils manifestaient à Orléans... Ils réagissent

Jacques Force, aviculteur à Arlanc

« Nous devons absolument maintenir la pression car les conséquences sont importantes sur les exploitations agricoles, notamment en matière de stockage des effluents de volailles en plein champ dont les capacités vont devoir augmenter considérablement. Face aux investissements, certaines exploitations seront contraintes d'arrêter. Il est urgent de trouver des solutions alternatives et surtout de remettre en cause ces contraintes inadmissibles que l'on veut nous imposer »

 

Rémi Petoton, JA - producteurs grandes cultures à Saint Clément-de-Régnat

« C'est important de voir autant de monde mobilisé ; et ce n'est pas la dernière fois ! Je crois qu'il y a une prise de conscience des agriculteurs face un enjeu de taille pour les exploitations de grandes cultures et d'élevages. Des projets comme l'élargissement des zones vulnérables et la directive nitrates risquent de mettre en péril les exploitations et de fragiliser les installations et les transmissions. C'est évident, on ne peut pas laisser faire ! »

 

Quentin Baumont, JA - éleveurs brebis laitières à Puy Guillaume

« La manifestation est bien mais j'espérais qu'il y ait plus de monde ! L'empilement des contraintes, les zones vulnérables...il ne faut rien lâcher et taper plus fort encore si nous ne sommes pas entendus. Tous les agriculteurs sont concernés ; tous doivent se mobiliser. Car si on écoute tout ce que disent les écolos et nos ministres, c'est la mort certaine de l'agriculture en France. Nous devons donc rester vigilants et poursuivre la mobilisation. Pour ma part, je serai présent coûte que coûte pour défendre mon métier! »

Propos recueillis par

Helena nowakowski et

Emilie Chantegrel

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