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« C’est aux agriculteurs de redorer le blason de l’agriculture »

Interview d’Henri Bies-Péré, 2ème vice-président de la FNSEA

Henri Bies-Péré, 2ème vice-président de la FNSEA et éleveur laitier dans les Pyrénées-Atlantiques, a assisté le 13 février dernier au congrès de la fédération puydômoise. « Une façon de prendre le pouls du réseau et d’être réellement en contact avec les agriculteurs, au plus près des réalités du territoire. »

 

Vous avez participé aux ateliers des États Généraux de l’alimentation (EGalim) dont les conclusions semblent prometteuses, notamment sur la construction du prix. La FNSEA est-elle confiante dans la concrétisation de ces travaux ?

Les États généraux de l’Alimentation ont avant tout été l’occasion de mettre à plat notre agriculture, d’entendre les attentes des consommateurs et des associations environnementales. Aujourd’hui nous sommes dans l’application des décisions issues des États généraux. Le premier sujet concerne bien sûr le prix. Il est temps dans notre pays de se rendre compte que les relations de vente avec la grande distribution ont détruit de la valeur. Nous chiffrons cette perte à trois ou quatre milliards d’euros.

C’est un système «perdant-perdant » qui ne profite à personne, ni aux consommateurs, ni aux distributeurs ; la preuve, dans les GMS aussi il y a des plans sociaux !

Nous comptons sur le projet de loi, déposé récemment au parlement, pour rétablir de meilleures relations dans lesquelles le producteur pourra enfin faire valoir ses coûts de production.

 

Et les plans filières ?

Ils ont été élaborés en fin d’année et démontrent notre capacité à produire ce qu’attend le consommateur français.

Ce dernier est très exigeant mais il doit désormais accepter de rémunérer le produit à son juste prix. Certains le font déjà à travers des marques comme «Montlait» ou «C’est qui le patron ».

Les produits phytosanitaires ont également largement occupé le champ médiatique. Quelle est la position de la FNSEA ?

Quand le consommateur dit zéro phyto, on étudie la question mais il nous faut des solutions de remplacement. D’où la proposition de la FNSEA : le contrat de solution. Chaque fois qu’une alternative par une technique de biocontrôle est possible, on la prendra mais avant il faut investir dans la recherche et accompagner les agriculteurs dans l’emploi de ces nouveautés. Il faut laisser le temps à l’agriculture française de faire son cheminement.

 

Les récents propos du chef de l’État au sujet du Mercosur ne sont-ils pas contradictoires avec les EGalim ? Effectivement, le Mercosur et d’autres accords internationaux aujourd’hui en discussion nous inquiètent réellement. Si on impose des normes de productions à l’agriculture française, pourquoi accepter d’importer des produits n’ayant pas les mêmes critères de productions ? C’est inacceptable ! Et dans des régions comme le Massif central, la production de viande bovine est particulièrement en danger. Ces accords prévoient davantage d’importations alors qu’aujourd’hui le marché français est à l’équilibre.

La FNSEA reste le premier syndicat professionnel agricole français, une profession malmenée depuis plusieurs années ; parvenez-vous malgré tout à peser suffisamment dans ces débats devenus internationaux ?

Le nombre d’agriculteurs baisse mais l’économie agricole n’est pas en déclin. Nous avons toujours de beaux fleurons. L’agriculture et l’agroalimentaire sont toujours les premiers employeurs de main d’œuvre.

Il faut maintenant se reprendre et repartir au combat pour reconquérir les parts de marchés perdues. Les solutions positives pour construire le prix, il n’y a que la FNSEA qui les porte. Les autres syndicats sont dans la revendication permanente. Nous essayons de progresser, en témoignent les rencontres régulières avec le gouvernement.

Maintenant, côté communication, c’est aux agriculteurs de se saisir de ce volet. Chaque fois qu’ils ont l’occasion de parler positivement de leur métier, ils doivent le faire. C’est à eux de redorer l’image et le blason de l’agriculture. Nous sommes dans un monde où si la communication est réalisée par une structure telle que la FNSEA, cela paraît suspect...

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