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Bonne carcasse et bon caractère, la Limousine plaît de plus en plus

La Limousine ne cesse de gagner du terrain dans les fermes puydômoises où ses effectifs ont atteint récemment les 10 000 vaches.

Farouches les Limousines ? Au Gaec Gidon à Sugères, les éleveurs ont prouvé le contraire.

La Limousine est connue et reconnue pour ses qualités maternelles, sa rusticité, sa productivité ainsi que son caractère. De ce côté-là, les années de travail et de sélection ont rendu la rouquine bien plus douce et abordable, séduisant ainsi de plus en plus d’éleveurs. Dans le Puy-de-Dôme, l’animal a franchi récemment la barre des 10 000 vaches. Avec l’Aubrac, elles sont les seules races à connaître une progression constante (environ 4%/an) depuis plus de 15 ans dans le département. Désormais, 10% des naissances dans le Puy-de-Dôme sont des Limousines. Lors de l’assemblée générale du syndicat de la race, le 15 avril dernier à Sauxillanges, les adhérents et leurs partenaires(*) sont revenus sur ses spécificités.

 

Un succès à transformer

Son succès, la rouquine le tient avant tout de ses performances techniques et économiques comme l’explique Nicolas Restituito, inspecteur au Herd Book Limousin. « Ce sont des animaux qui se valorisent aussi bien à l’engraissement qu’à la transformation. Ils ont un poids carcasse entre le léger et le lourd, avec une finesse d’os importante et une qualité de viande homogène. La Limousine est l’animal qui se vend le plus cher en ce moment parce qu’elle correspond à la demande.»

Malgré tout, la race peine encore à se faire une place dans les élevages puydômois. Le département déjà multiracial, avec la Charolaise et la Salers en tête d’affiche, laisse peu de place à cette nouvelle venue qui a bien du mal à se créer un bassin d’élevage. Une situation quelque peu préjudiciable pour les éleveurs d’après Fabien Alleyrat, animateur du syndicat. « Les éleveurs sont répartis sur le Livradois-Forez et le côté ouest du département. Quand il n’y a pas de « bassin de race » comme on peut le voir avec la Charolaise dans les Combrailles, il est difficile d’avoir une dynamique entre les éleveurs. Heureusement, ils sont passionnés par la limousine et ont une réelle volonté de la voir progresser. Ils sont motivés.»

Passion pour la limousine

Une passion qui se retrouve au Gaec Gidon à Sugères où Laurent Gidon, installé depuis 2010 avec ses parents Claudine et Jean-Claude, a converti le troupeau de Charolaises en Limousines. Passionné par la sélection génétique, il a choisi la race pour ses qualités maternelles et son aptitude au vêlage. Depuis l’an dernier, le troupeau est inscrit au Herd Book Limousin avec une SAU de 140 hectares pour 90 mères. Plus de 50% des veaux sont issus de pères de l’insémination artificielle. L’autre moitié est réservée au deux taureaux de l’élevage dont l’un est fraîchement arrivé de Creuse la semaine passée. «Nous les sélectionnons suivant leur développement squelettique, leurs aptitudes au vêlage, leurs aplombs, le bassin et le lait. Nous veillons également à ce que ce soit des animaux calmes» explique Laurent. Le caractère des animaux tient une place importante dans le Gaec. Les éleveurs, conscients de la mauvaise réputation de la Limousine, passent beaucoup de temps avec leurs animaux. « Ça fait partie de la sélection, il y a toujours des bêtes plus caractérielles que d’autres. C’est aussi le reflet de notre travail et de notre comportement. Des animaux malmenés seront toujours plus nerveux et ce, quelle que soit la race. »

*Bovins Croissance, Herd Book Limousin, Covido-Bovicoop et ElvaNovia.

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